Mercredi 23 mai 2012 3 23 /05 /Mai /2012 19:56

05 12 tarifa manif-05

05 12 tarifa manif-0122 mai, sur la belle promenade ombragée qui va vers le port et le château de Guzman – sa statue la conclut – une manif regroupe élèves, parents et enseignants. Echo local d’une grève nationale dans l’éducation, de l’école primaire à l’Université, ponctuée de manifs géantes dans les capitales provinciales et Madrid. Comme en France, les chiffres divergent : 25 000 manifestants selon la police, 150 000 selon les organisateurs, à Barcelone, par exemple ; 80 % de grévistes pour les syndicats, 22,7 pour le ministère de l’éducation !

05 12 tarifa manif-02

Le gouvernement de droite veut faire passer l’éducation de 4,9 % du PIB à 3,9 %. Les mesures préconisées ne nous sont pas inconnues : abandon de l’appui à la préscolarisation des moins de 3 ans et des mesures d’aides aux élèves rencontrant des difficultés dans le tronc commun, orientation précoce vers la voie professionnelle, alourdissement des effectifs par classe, délai de carence de 14 jours pour le remplacement des profs absents, etc.

05 12 tarifa manif-04

Rajoy fait rien qu’à copier notre sortant-sorti !

 

05 12 tarifa manif-03

 

 

En complément une vidéo AFP (avec malheureusement de la pub en entrée) :

 

Par J.-F. Launay - Publié dans : Actualité éducative - Communauté : Quelle école pour vos enfants?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 20 mai 2012 7 20 /05 /Mai /2012 19:07

bicentenairesiegetarifa2

Il n’y a pas que les perfides britiches pour célébrer nos défaites. Le rude ibère se réjouit aussi que ses ancêtres aient tenu en échec, en 1811-1812, les troupes napoléoniennes au pied de Tarifa, ville la plus méridionale de l’Espagne.


Guzman el bueno de Martínez Cubells Déjà en 1295 Guzmán el Bueno avait résisté aux assauts mauresques. Le farouche défenseur, le chef des fourbes assaillants menaçant d’égorger un de ses fils capturé, lui jeta un poignard proclamant qu’il pouvait lui trancher la gorge mais qu’il ne livrerait pas la ville que son roi lui avait confiée ! Sonnez hautbois, résonnez musette. Sauf que le Guzmán s’était mêlé aux luttes internes des mérinides et que chez les assiégeants il y avait un frère du roi, Juan de Castilla !


bicentenario sitio tarifa 1812 2012 general coponsCinq siècles plus tard, voilà donc le General Copons (don Francisco de Copons y Navía, de son vrai nom) dirigeant la garnison de Tarifa, 3000 hommes comportant des irlandais et des anglais. En face 10 000 hommes sous les ordres du général Leval, baron d’empire. Leval, ayant réussi à percer une brèche dans la muraille médiévale, invita son adversaire à capituler dans l’honneur. Nouveau Guzmán, Copons refusa. La population érigea une fortification de fortune pour combler la brèche et l’assaut des troupes impériales fut brisé le 31 décembre 1811 ! 500 hommes tués ou gravement blessés : triste réveillon.


05 12 tarifa virgenDes pluies torrentielles firent déborder l’arroyo : les tranchées furent transformées en torrents, le campement des assiègeants noyé, à tel point que les pièces d’artillerie, enfoncées dans la boue, furent abandonnées. Leval et ses troupes, plus ou moins malades, levèrent le siège. Et le cinq janvier 1812, la Virgen de la Luz fut baladée à dos d’hommes sur les remparts et Copons lui offrit son bâton de commandement. Alleluia.


C’est donc le bicentenaire de cette défaite que Tarifa célébra le 19 Mai 2012. Avec l’inauguration d’une statue du fameux general, monumentale œuvre de bronze du sculpteur Alberto Germán Franco, la participation de figurants en uniformes d’époque défilant et reconstituant l’assaut de la brèche (hélas, votre correspondant de guerre n’a pu, malgré sa sveltesse, se glisser jusqu’à la hauteur de la brèche, vu la densité des spectateurs, parapluies déployés, car la lluvia était au rendez-vous, mais, comme il se doit, il était au côté des malheureux assaillants).


Tout cela méritait bien un album : une cinquantaine d'images des 170 figurants venus de diverses associations.

 

PS Sur la même période : BELLE ET REBELLE* CADIX, OU LA DIAGONALE DU FOU.

 

bicentenairesiegetarifa1

 

bicentenairesiegetarifa3

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mémoire - Communauté : Histoire
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Lundi 7 mai 2012 1 07 /05 /Mai /2012 16:19

6mai2012 Bastille

 

6mai2012 Bastille2

 

Eh oui, elle est comme ça Morano Nadine, notre Sarah Palin, elle ressent des sentiments. Mais à l’écouter, on sent comme un ressentiment.

 

 

C'est à la fin qu'on a droit au ressenti du sentiment

 

"J'ai ressenti un drôle de sentiment hier soir lorsque je regardais la télé, mis à part le discours creux de François Hollande, c'était de voir la place de la Bastille avec très peu de drapeaux bleu, blanc, rouge, beaucoup de drapeaux rouges et puis également beaucoup de drapeaux étrangers.

Quand je vois ça, ça ne me rassure pas beaucoup et je me dis (...) quelle est la France qu'on va nous construire avec le droit de vote des étrangers ? Nous nous battrons parce que nous ne voulons pas de ce droit de vote des étrangers. J'ai trouvé que, franchement, cette démonstration hier n'était pas engageante ni réjouissante pour la France que nous avons à construire. D'où la vigilance que nous aurons à faire respecter nos valeurs, notre engagement, nos convictions à l'UMP".


morano aliot Elle était évidemment au diapason de Louis Aliot qu’elle avait câliné à Canal + entre les deux tours : sur France Info il disait sa surprise de voir tant de drapeaux étrangers pour saluer la victoire de F. Hollande, "J'ai beaucoup vu de drapeaux algériens, ce qui prouve bien que la communautarisation de la société française n'est pas une utopie, ni une vue de l'esprit mais qu'elle est une réalité" Mais méchamment – pour sa « copine » Nadine – il prétend que "Ce sont les mêmes drapeaux étrangers que l'on a vus saluer la victoire de M. Sarkozy et [celle] de Jacques Chirac, en 2002."

 


 

Sur ce rappel du passé, il est approuvé par Manuel Valls : "Il y avait beaucoup de drapeaux, comme en 1995 ou en 2002. Il y a un sentiment de double appartenance qui existe. La Marseillaise a été entonnée par ces dizaines de milliers de citoyens, dont les jeunes des banlieues, ça m'a pris aux tripes. J'ai ressenti chez eux la fierté d'être français. Je n'avais jamais vu ça sauf dans les stades de foot, et encore. Nous sommes tous français (…) Ce n'est pas à Nadine Morano d'expliquer qui est français et qui ne l'est pas."


Nadine Morano est sans doute classée hors concours pour le franchissement du « mur du çon » cher au Canard Enchaîné. Et elle pour suit sur la lancée de la campagne quasi xénophobe du sortant entre les deux tours, agitant encore le vote des étrangers qui ne concerne que les élections municipales. Quant à la critique du discours de F. Hollande, venant d’une personne qui pratique l’éructation permanente en guise de propos, elle ne peut que faire sourire.


Contrairement à elle, on ne donnera pas dans l’attaque pavlovienne. Avec N. Domenach (« La nouvelle édition » canal +, 07/05/12), on peut considérer que le sortant a enfin prononcé, avec son intervention finale, le seul vrai discours présidentiel de son quinquennat. Qu’il en soit remercié.

 

 

 

 

 

En bonus : Coluche

 

 


Par J.-F. Launay - Publié dans : humeur - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 4 mai 2012 5 04 /05 /Mai /2012 16:43

 

 

"Je veux être un président qui d’abord respecte les Français, qui les considère.


Un président qui ne veut pas être un président de tout, chef de tout et en définitive responsable de rien.


Moi, Président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Elysée.


Moi, Président de la République,  je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.


Moi, Président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti dans un hôtel parisien.


Moi, Président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante. Je ne nommerai pas les membres du Parquet alors que l’avis du Conseil de la Magistrature n’a pas été dans ce sens.


Moi, Président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les directeurs de chaînes de télévisions publiques. Je laisserai ça à des instances indépendantes.


Moi, Président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit à chaque instant exemplaire.


Moi, Président de la République, j’aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du Chef de l’Etat. Je le ferai réformer de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés je puisse, dans certaines conditions, me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m’expliquer devant un certain nombre d’instances.


Moi, Président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d’hommes.


Moi, Président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d’intérêts.


Moi, Président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leurs fonctions avec un mandat local parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.


Moi, Président de la République, je ferai un acte de décentralisation parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d’un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.


Moi, Président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats. Et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi ou ce qui relève de la négociation.


Moi, Président de la République, j’engagerai de grands débats. On a évoqué celui de l’énergie et il est légitime qu’il puisse y avoir sur ces questions là de grands débats citoyens.


Moi, Président de la République, j’introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives, pour les élections non pas celles de 2012 mais celles de 2017, parce que je pense qu’il est bon que l’ensemble des sensibilités soit représenté.


Moi, Président de la République, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions. Mais en même temps, je ne m’occuperai pas de tout et j’aurai toujours le souci de la proximité avec les Français.


J’avais évoqué une présidence normale, rien n’est normal quand on est président de la République puisque les conditions sont exceptionnelles, le monde traverse une crise majeure, en tous cas l’Europe. Il y a des conflits dans le monde, sur la planète. Il y a l’enjeu de l’environnement, du réchauffement climatique. Bien sûr que le président doit être à la hauteur de ces sujets là mais il doit aussi être proche du peuple, être capable de le comprendre.”

 

 

 

PS Dernières prévisions

 

JFLsar 1ter Il est temps de faire tourner, une dernière fois la table du Sar Rabindranah Launay…


Dans une analyse d’une étude d’IPSOS, intitulée « Présidoscopie » -suivi d’un panel de près de 4000 personnes depuis novembre 2011, pour mesurer les flux divers de l’électorat - Gilles Finchelstein  cherche à quelles conditions, malgré tout, le sortant pourrait l’emporter.


La participation attendue devrait être un peu plus forte (82 % soit 37,7 Millions de votants), mais le nombre de nuls ou blancs augmente toujours au second tour : il l’estime à 5 %, soit donc 35,8 M. d’exprimés. La majorité serait donc un peu plus de 17,9 M..

Pour lui, le socle du sortant est de 10,5 M., celui de Hollande de 14,6 M.

 

L’équation est à trois inconnues, les votes de M. Le Pen, de F. Bayrou et des nouveaux votants. A partir toujours des données IPSOS, il faudrait que les voix Le Pen fille avec 28% d’abstentions attendues, se répartissent ensuite en 60 % Sarkozy et 12 % Hollande, hypothèse pas inenvisageable, les estimations de reports augmentant pour le sortant.

Pour les électeurs de Bayrou, avec 20 % d’abstentions le report devrait être de 50 % pour Sarkozy et 30 % pour Hollande. Cette hypothèse sous-estime l’abstention ou le nul qui est annoncée de 26 à 37 (11 points d’écart) selon les instituts.

Reste les nouveaux votants qui devraient atteindre, toujours selon Finchelstein, 57 % pour Sarkozy pour que celui-ci puisse l’emporter. Cette conjonction d’hypothèses, sauf tsunami non détecté, a peu de chance de se réaliser : le vote des nouveaux votants se répartira plus vraisemblablement comme le reste de l’électorat (au 1er tour, la présidoscopie avait montré que les changements nombreux d’options des sondés ne modifiaient pas les prévisions globales).

 

 


La seule tendance forte des sondages – et qui explique le resserrement de l’écart – est que l’opération drague éhontée des électeurs de Le Pen fille a marché. Mais elle ne peut renverser la table. Au pire, nous retrouverons les résultats de 1981 : 52/48 (ce qui serait plus que flatteur pour le sortant, le plus calamiteux président de la Ve !).

 

La moyenne des derniers sondages de chaque sondeur, sans pondération, donne un chiffre de 52,75 / 47,25.
La moyenne des derniers sondages de chaque sondeur, pondérée par les échantilons respectifs, donne un chiffre de 52,70 / 47,30. L
’indicateur des reports de voix (appliquant l’agrégation des matrices de reports de voix des mêmes sondages aux résultats réels des premiers tours) donne un résultat absolument identique: 52,97 / 47,03. Mais la tendance est au resserrement. (http://sondages2012.wordpress.com/)

 

 

En bonus

 

einstein.JPG

 

Bonus Allemand

Präsident Sarkozy in der Defensive

Monsieur Fauxpas

sarkozy_pinocchio_reuters.jpg

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mises au clair - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Jeudi 3 mai 2012 4 03 /05 /Mai /2012 22:49

Et pas seulement parce qu’ils flirtent avec les 700 pages ou les dépassent :

une-femme-fuyant-lannonce

·        UNE FEMME FUYANT L’ANNONCE  (de l’Israélien David Grossman)

 

243davidgrossma1 Il s’agit d’un livre bouleversant où la guerre est sournoisement présente dès le début avec un prologue surréaliste  (daté de 1967) puis tout au long du récit avec l’angoisse maternelle d’Ora, les séquelles qui affectent le comportement d’Avram, les stèles funéraires qui jalonnent le parcours des randonneurs, le malaise et/ou la peur qui imprègnent les relations avec les Arabes… Mais Ora, à la fois fragile et volontaire est bien le personnage central du roman. Dans sa jeunesse, elle a formé avec Avram et Ilan un trio fantasque à la Jules et Jim mais après son mariage avec Ilan, elle défendra bec et ongles la cellule familiale (ce qui causera sans doute la lassitude des trois hommes du foyer) tandis que les liens avec Avram, brisé par une terrible épreuve pendant la guerre du Kippour se distendent.

Après la défection de son cadet, Ofer, elle maintient, pour être inaccessible à une annonce funeste le concernant, son projet de randonnée en Galilée et, pour l’accompagner, elle réussit à convaincre-contraindre Avram. Sur le trajet, elle reconstitue oralement et par notes l’histoire familiale (dans le cadre du conflit israélo-arabe). Son cheminement mental est aussi tortueux que le parcours terrestre et laisse peu de place au départ aux interventions de son compagnon de route qu’elle parvient cependant à ré-apprivoiser petit à petit et l’évocation des souvenirs heureux ou malheureux est comme une réplique aux splendeurs et aux tourments des paysages galiléens. C’était par ailleurs une gageure pour l’auteur de privilégier dans ces conditions l’expression d’une sensibilité féminine en évitant l’écueil du pathos. Et c’est une superbe réussite qui fait la part belle à l’amour maternel, à l’ «amourtié » à l’espoir, sans nier la difficulté des rapports humains.

David Grossman a achevé ce roman, commencé en 2003, dans la douleur. Ce militant de la paix a trouvé la force d’en poursuivre l’écriture après l’annonce de la mort de son fils de 20 ans en 2006, dans une opération militaire. Il a confié ensuite dans un entretien :

« Je me sentais comme en exil à l’intérieur de ma propre vie… Le pouvoir de l’écriture, la vitalité de l’écriture m’ont rendu la vie. »

  Dans-la-grande-nuit-des-temps

·        DANS LA GRANDE NUIT DES TEMPS(Antonio Muñoz Molina)


AVT Antonio-Muoz-Molina 2588 Toujours difficile d’aborder un roman de Muñoz Molina ! Quand on feuillette rapidement son dernier ouvrage, la quasi-absence de dialogues saute aux yeux. Mais j’ai déjà dit toute l’admiration que j’éprouve pour cet auteur, aussi pas question de se laisser rebuter et mon obstination a été une nouvelle fois récompensée. Ce n’est pourtant pas une œuvre d’un optimisme délirant et même si les dernières pages laissent entrevoir une lueur d’espoir, le roman est marqué par la désillusion et la rupture :

-Après une ascension sociale méritée qui a conduit cet homme d’extraction modeste à d’importantes responsabilités professionnelles à Madrid, Ignacio Abel mesure la vacuité de ses relations conjugales et familiales (à l’exception de son attachement pour ses enfants) et tombe follement amoureux de Judith, une jeune Etatsunienne.

-Parallèlement, côté politique, c’est aussi le désenchantement pour cet adhérent du Parti Socialiste qui ne comprend pas les errements du Frente Popular dont les conséquences sur la vie socio-économique (et sur son travail) sont gravissimes. Il pressent la guerre civile.

Pour redonner un sens à sa vie, il choisit dans l’urgence l’exil aux Etats-Unis où il pourra continuer d’exercer son métier qui le captive et essayer de retrouver Judith, sa passion amoureuse.

Ce rapide canevas ne peut rendre compte de la densité de ce très beau livre. Muñoz Molina y jongle avec le temps : vrai défi, il ne s’écoule que quelques poignées d’heures entre la première et la dernière page mais à travers les retours sur l’itinéraire fragmenté d’Ignacio Abel, on baigne dans l’Espagne pré-franquiste tandis que les espaces géographiques de la Castille puis de Pennsylvanie s’inscrivent magnifiquement dans le parcours de l’architecte. Il jongle avec les points de vue, n’hésitant pas à y impliquer ponctuellement par le JE l’auteur-narrateur. Il jongle avec les personnages réels (qui ancrent le roman dans la réalité historique) et imaginaires dont la complexité fait écho à l’enchevêtrement de la situation politique.

UN ROMAN EXCEPTIONNEL que je recommande vivement !

 


  bataille-de-chats

NB Dans la foulée et concernant la même période à Madrid, j’ai lu  BATAILLE DE CHATS (titre original : Riña de gatos, gatos désignant traditionnellement les Madrilènes) d’Eduardo Mendoza. C’est très enlevé, ironique, avec un héros à la Mendoza,  un British un peu naïf qui provoque involontairement catastrophe sur catastrophe dans l’atmosphère de la pré-guerre civile mais de mon point de vue Mendoza n’atteint pas ici la très belle réussite que constituait La ville des prodiges.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A-la-trace-DMeyer

 

·        A LA TRACE(polar de Deon Meyer)


 Trois sujets juxtaposés dans trois parties et réunis dans la quatrième : Deon Meyer rompt avec la technique d’imbrication qui avait emporté mon adhésion dans Le pic du diable  (ou encore dans 13 heures) mais c’est palpitant, ça fonctionne parfaitement et, comme pour ne pas déconcerter ses fidèles lecteurs, il leur fait croiser, à côté de nouveaux personnages, de vieilles connaissances comme Matt Joubert et Lemmer.

En plus de la triple intrigue, parfaitement contrôlée, Meyer nous offre un panorama de l’Afrique du Sud postapartheid encore plus ample que dans ses précédents romans. Dans un entretien, il avoue privilégier toujours l’intrigue mais lorsqu’on constate la fluidité avec laquelle il intègre les éléments sociopolitiques et décrit les paysages de l’Afrique du Sud contemporaine, on sent davantage la parenté avec Mankell qu’avec les faiseurs de polars de gare (ch’uis charitable et ne citerai personne).

 

 

 

 

 

 

 

 

DEUX GÂTERIES

Nettement moins volumineuses, mais délectables :

·        Catégorie roman noir


les-brumes-du-passe

LES BRUMES DU PASSE(de Leonardo Padura)

 

            J’avais découvert et apprécié l’écrivain cubain avec ADIOS HEMINGWAY. C’est J. Vénuleth (merci à lui !) qui m’a signalé cet excellent roman où j’ai retrouvé Mario Conde ex-flic désabusé mais non dénué de tendresse et d’humour.             

C’est un roman d’atmosphère en même temps que d’action : l’enquête est le prétexte d’un va-et-vient surprenant entre La Havane des années cinquante et l’actuelle. Même si la mélancolie pointe à l’évocation des années Batista, le régime n’est pas idéalisé : corruption, mafia, jeux, emprise étatsunienne, prostitution constituent la toile de fond. Quant à la ville actuelle, le tableau n’en est pas flatteur : décrépitude avancée, corruption (encore !)  misère, faim, développement des gangs et économie souterraine ; mais il s’agit plus d’un constat affligé que d’une dénonciation et le pessimisme qui s’en dégage est tempéré par la joyeuse fraternité qui anime le Conde et ses comparses (tous finement caractérisés) comme dans ce banquet, où il claque tout le fric qu’il a miraculeusement empoché et que Padura décrit avec une minutie gourmande (on pense évidemment à Montalban ou à Camilleri). La vénération que le flic reconverti porte aux livres accentue encore ce côté épicurien. Il faut souligner aussi le rôle de la musique : les deux parties du livre s’intitulent respectivement  Face A : Quitte-moi, Face B : Tu te souviendras de moi, les deux seuls titres enregistrés par la mystérieuse Violeta del Rio dont la lointaine disparition est l’objet de l’enquête de Mario Conde.  Notons enfin que Padura manie aussi bien la poésie que la trivialité (dans les moments d’action). Aussi je fais mienne cette déclaration que le Conde adresse dans une semi-inconscience à celui qu’il nomme J.D. (Salinger) :

« Lorsque je te lis, j’ai envie de continuer à te lire »

 

·        Catégorie Polar atypique

meurtre-aux-poissons-rouges

camilleri aMEURTRE AUX POISSONS ROUGES (Camilleri ET Lucarelli)

J’ai d’abord lu la note de l’éditeur avant de me plonger dans ce court roman. Les deux auteurs transalpins, fort populaires dans lucarellileur pays (et au-delà) ont réuni leur talent et leurs héros récurrents pour concocter cette enquête réalisée à quatre mains et … à distance ! C’est un petit exploit, chacun faisant assaut d’imagination pour surprendre l’autre … et le lecteur.

Ils font mouche. Bravo !

Par J.-F. Launay - Publié dans : MLF - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 mai 2012 3 02 /05 /Mai /2012 19:01

ou les mensonges puérils du sortant

fukushima-NKM2

Que Sarkozy mente effrontément, il n’y a que les UMPistes chasseurs de journalistes –recrutés par Longuet l’ancien du GUD ? – pour ne pas vouloir s’en rendre compte !    


Maniant l’antiphrase avec cynisme, il proclame « Cette campagne doit être une campagne de vérité ». Et il assène aussitôt les contre-vérités les plus flagrantes.

On a eu droit bien sûr, à « Sur le territoire de la République, nous voulons dans nos piscines municipales, désolé Mme Aubry, les mêmes horaires pour les femmes et pour les hommes » ; et Copé qui ne s’en laisse pas compter dans le mensonge éhonté (et bien qu’il ait reçu une lettre de mise au point vigoureuse de Denise Cacheux), a inventé des créneaux séparés pour les hommes et les femmes en période de Ramadan !


Sur la même veine anti-immigrés, surtout quand ils sont d’apparence musulmane, le sortant martèle le même mensonge, de métinge en métinge : le programme de Hollande prévoit de régulariser tous les sans-papiers. C’est faux, il le sait, Hollande annonce une régularisation au cas par cas.

De même pour le vote des étrangers que lui et ses sbires présentent comme un droit de vote global, alors qu’il ne s’agit que de votes aux municipales pour des étrangers en situation régulière en France depuis au moins cinq ans (et sans éligibilité) ? Droit de vote qui lui semblait d’ailleurs envisageable à ces conditions mêmes, il y a quelques années.

Plus gros encore – et là la visée anti-musulmane n’est même plus cachée, faut ce qui faut pour draguer l’électeur à la Marine – il invente un appel de Tariq Ramadan et de 700 mosquées en faveur de Hollande.


Dénégation très embarrassée quand il s’est agi des relations avec Kadhafi. « Il n’a jamais été question de vendre une centrale atomique à Kadhafi… c’est grotesque » Sauf que, il l’oublie, quelle mémoire volatile, dans les fabuleux contrats qu’on devait signer avec le guide suprême – que Sarko lui-même faisait miroiter pendant la grotesque visite du bédouin - il y avait un projet  de production d’énergie nucléaire, civile faut-il le préciser. Anne Lauvergeon, présidente lourdée d’AREVA, l’a rappelé. Aucun de ces contrats n’a d’ailleurs eu le moindre commencement d’exécution, sauf la vente de matériel de surveillance et de brouillage électronique, pour fliquer les opposants, mais c’était avant 2007 !


Toujours dans sa drague effrénée, le sortant, après avoir mis le hallal au centre des préoccupations des Français, y met maintenant les « frontières ». Nouveau Déroulède, il célèbre notre tricolore drapeau. Et il clama à tous les vents que, le 1er Mai, Hollande défilera derrière les drapeaux rouges de la CGT, tout en sachant fort bien que François Hollande allait passer le 1er Mai à Nevers pour rendre hommage, sur sa tombe, à Pierre Bérégovoy. Comme il y a du Monsieur Thiers dans cet homme – et pas que par la taille, la suffisance et l’étroitesse d’esprit aussi – on comprend bien qu’il ait la hantise du drapeau rouge symbole de la Commune en 1871 !


Faut-il encore parler du mensonge du Trocadéro : « Vous êtes 200 000 ! », sauf que la place en question faisant dans les 20 000 m2, c’eût été pire que le métro japonais aux heures de pointe, à 10 au m2 !


On peut cependant trouver dans cette série non exhaustive de mensonges, l’application cynique du « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose ». Mais, il arrive que le sortant pratique le mensonge pour le seul plaisir de mentir. De l’art pour l’art, en quelque sorte !


Quoi de plus puéril que cet épisode du « vrai travail ». Au 20 heures de TF1, devant un journaliste décontenancé, il affirme : « Je n’ai pas dit le « vrai travail ». Seulement le lendemain, sur France 2, Pujadas qui a dû demander conseil au Petit journal lui sort les enregistrements où il annonce son 1er Mai du « vrai travail » les 23 et 24 avril. Pris les doigts dans le pot de confiture, piteux, il juge l’expression « malheureuse ».  Ce qui est confondant c’est l’aplomb dont il fait preuve, mais aussi la conviction que les journalistes n’oseront lui mettre le nez dans sa menterie.


fukushima-sarkoMais plus spectaculaire fut Fukushima. Un chef d’œuvre de fabulation.


Ce n’était pas la première fois que nous avions droit à des souvenirs imaginaires. Rappelez-vous le mur de Berlin. Sur sa page Facebook, il écrivait : "Le 9 novembre[1989] au matin, nous nous intéressons aux informations qui arrivent de Berlin, et semblent annoncer du changement dans la capitale divisée de l'Allemagne. Nous décidons de quitter Paris avec Alain Juppé pour participer à l'événement qui se profile. Arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s'est déjà amassée à l'annonce de l'ouverture probable du mur." (Le Monde 09/11/09) Sauf qu’il n’y était pas le 9, mais le 16 novembre !

 

 

 

Ce n’est rien, bien sûr, à côté du voyage au Japon : « Avec Nathalie Kosciusko-Morizet, nous avons été à Fukushima », annonce-t-il dans métinge Caennais le 9 avril. Pas comme ce plouc de Hollande. Il ne sait même pas que dans certaines régions la vague du Tsunami faisait 42 m de haut ! (selon les spécialistes elle faisait de 20 à 30 m de haut, mais on ne va pas chicaner). Et on voit NKM sourire béatement à ces craques. En fait, il a fait une visite éclair de 4 heures, le 31 mars 2011, à Tokyo, qui n’est, il est vrai, qu’à 250 km de Fukushima. NKM qui est restée plus longtemps n’a pas plus mis les pieds sur le site sinistré.


Pour justifier cette affabulation, si l’on en croit Le Canard Enchaîné qio lui décerne sa noix d’honneur, il ne craint pas d’asséner : « Ecoutez, parce que dans les meetings ça faisait mieux de dire “J’ai été à Fukushima” que de dire “J’ai été à Tokyo pour parler de Fukushima”. Ça passait moins bien, voilà ».


De qui il parlait déjà Audiard quand il disait que « ça ose tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît » ? Pour oser, on peut dire qu’il ose, le sortant. 

 

 

PS Quelques inexactitudes et mensonges délibérés du sortant dans le débat du 2 mai 2012 (à noter la dénégation éhontée sur le Bristol tout-à-fait au diapason des mensonges ci-dessus) :

http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/05/03/de-la-zapatera-au-bristol-petits-et-gros-mensonges-du-debat

Voir aussi le véritomètre (avec par exemple le miracle de la multiplication des éoliennes)

 

 

En bonus 

 

Durant cette campagne où tout va vite, où une information en chasse une autre, je me suis efforcé sur mon compte facebook de repérer, en complément des sites de campagne, des prises de position, des analyses intéressantes.
Afin de donner accès à ces informations à TOUS les internautes et pas seulement à ceux inscrits sur facebook, j'ai mis en place une page facebook qui est un site miroir de mon compte :
https://www.facebook.com/pages/Jean-Pierre-Letourneux/193283114045702

Dans cette dernière ligne droite, je vais m'efforcer de réaliser quelques "sommaires" facilitant la recherche des informations
Il nous faut continuer à convaincre en faisant appel à l'intelligence des gens c'est dans cet esprit que j'ai réalisé sur cette page le "sommaire" Quelques exemples de républicain(e)s sincères ayant appelé à voter François Hollande

Que chacun en fasse l'usage qu'il souhaite
Vivement le 6 mai

 


 

 


Par J.-F. Launay - Publié dans : Mises au clair - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 1 mai 2012 2 01 /05 /Mai /2012 16:43

 

 

 

1-05-12 04

 

Contrairement à l’an passé, il n’y avait pas que les « fidêles » à cette célébration du 1er Mai à La Roche. Plus de 2000 personnes se pressaient devant le kiosque, à côté des stands de la fête foraine.

 

1-05-12 03-bisLa prise de parole unique au nom des syndicats organisateurs du rassemblement – CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA – rappela l’essentiel et s’éleva contre la tentative de récupération et de division d’un parti politique.  Initiée par une grève générale aux USA en 1886 pour obtenir la journée de 8 h, c’est en 1889 qu’elle devint journée internationale de revendication des travailleurs. 2 ans plus tard à Fourmies, la troupe tirait sur les grévistes.


Rien à voir donc avec une journée du « vrai travail » maréchaliste ! Il s’agit de la fête syndicale des travailleurs ! 

 

 

 

 


1-05-12 05

 

1-05-12 07

 

 

1-05-12 08

 

 

1-05-12 06

 

1-05-12 09

 

 

1-05-12 12

 

 

1-05-12 13

 

 

1-05-12 11

 

 

 

+ 3 photos  envoyées par M. A. Lhermenier

 

1-05-12-AL 15

 

 

 

1-05-12-AL 14

 

1-05-12-AL 16

 

 

NB Avec François Hollande, ayons une pensée émue pour Pierre Bérégovoy, qui s'est suicidé à Nevers le 1er Mai 1993 !

 

 

En bonus

 

Le petit journal du 2 mai

 

 

 

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mémoire - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 08:40

DSK-figaro2.jpg Coïncidence qui ne peut être que fortuite ou, si vous préférez, le fruit du pur hasard, au moment même où le sortant et ses sbires en font des tonnes sur de peu originales prétendues déclarations de DSK Le Figaro révèle les échanges entre l'ex-patron du FMI et les magistrats Lillois qui, à l'issue de cette audition, le mettront en examen pour «proxénétisme aggravé en bande organisée».

« Le Figaro [qui dans le chapô de l’article évoque l’article du Guardian] a pu consulter le procès-verbal de la comparution de DSK le 26 mars dans une caserne de Lille. Une longue partie de chats et souris, instructive sur la stratégie des deux camps. Les magistrats tentent d'obtenir que l'ex-ministre reconnaisse avoir participé à un réseau organisé pour satisfaire ses «besoins sexuels» en recourant à des prostitués. Dominique Strauss-Kahn, lui, campe sur sa ligne de libertinage assumé et s'emploie à contester point par point la thèse des juges. »

 

On a droit au verbatim, le Procès verbal en direct avec vous :

- «Fabrice Paszkowski dit que vous n'étiez pas l'instigateur mais que vous étiez content (…) parce que vous aimez le sexe.»

- «Il a raison de dire que je n'étais pas l'instigateur (…) J'étais content comme je le suis généralement quand des amis m'invitent à faire quelque chose.»

- «Ne pensez-vous pas avoir mis en place ce système de complaisance dans votre entourage dans le but de satisfaire vos besoins sexuels?»

- «(…) Non, je n'ai jamais eu le sentiment d'une quelconque forme d'organisation mise en place et encore moins que cette organisation faisait appel à la prostitution.»


On peut supposer que notre grand journal d’investigation a tout le reste d’un long interrogatoire. Car, en effet, Le Figaro nous donne tous les détails sur l’organisation des parties fines (partouzes si vous préférez) avec des copies de SMS échangés entre DSK et ses amis libertins. Ne reculant devant rien, la Pravda UMPiste nous apprend qu’en janvier 2010, selon des échanges de SMS, l'ancien leader politique offre un «cadeau» -une prostituée, selon les soupçons des juges- à l'ex-navigateur et peintre Titouan Lamazou.


Les enquêteurs sont d’une pertinence incroyable : ayant employé le mot de « copines » dans un SMS, DSK a droit à cette remarque lors de sa garde à vue: « Si nous vous disons que dans le milieu du proxénétisme, “des copines” est le terme voulu par la bienséance pour désigner des prostituées ou des escort-girls, qu'avez-vous à répondre à cela ? » DSK: «Je ne connais pas le milieu des prostituées.» Plus fort encore : « La juge tente un autre biais: « Florence dit que vous étiez un élément très actif du groupe sur le plan sexuel et que vous étiez très intéressé par les “nouvelles venues”, moins par les anciennes. Qu'en dites-vous ? » - «Sur la première partie, c'est un commentaire que je lui laisse sur mon activité (…) Il est vrai que l'intérêt du libertinage repose en partie sur la nouveauté.»


La juge Stéphanie Ausbart de fait n’hésite pas à aller au fond des choses… Elle ne doit pas être submergée de dossiers pour, avec deux autres collègues, consacrer tant de temps à une affaire, certes très médiatique, mais qui, sur le plan judiciaire est quand même secondaire.Et si elle instruit à charge et à décharge, le 2e mot doit être pris dans son acception gaillarde plus que juridique.


Le Figaro nous a déjà habitué à de tels exploits : il a été ainsi capable, lors d’un interrogatoire totalement illégal, de l’ex-comptable de Mme Bettencourtde publier, soigneusement caviardé, le PV, photocopies à l’appui, de cet interrogatoire. Inutile de trop chercher la source, le procureur chargé à l’époque de l’affaire était Courroye, qui remontait directement le PV au fur et à mesure à l’étage au-dessus, les policiers faisaient de même et Mougeotte était en ligne directe avec le palais.


Ce qui est quand même un peu étonnant, c’est que le sortant et Mougeotte osent encore employer un procédé aussi indigne.


Décidément, avec Sarko, le pire est toujours sûr !

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mises au clair - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 29 avril 2012 7 29 /04 /Avr /2012 18:29

DSK-guardian-libe.jpg

« Je n’ai pas de leçon de morale à recevoir de DSK, du PS, etc. » Le sortant nous a déjà sorti ce genre de phrase, mais là il en fait des tonnes ! Oubliant au passage que, si les mœurs privées de l’ex Directeur du FMI peuvent paraître fort dépravées, un non lieu a été prononcé pour l’affaire du Sofitel ! Quant aux affaires lilloises, elles sont en cours d’instruction. Mais avec Sarko, la présomption d’innocence est une présomption de culpabilité.


NKM qui décidément fait une concurrence effrénée à N. Morano ose dire que Hollande "vient de se trouver un nouveau témoin de moralité en la personne de Dominique Strauss-Kahn", "un témoin de moralité qui est mis en examen pour proxénétisme aggravé". En quoi, F. Hollande, qui peut difficilement être soupçonné de financements occultes de la campagne de 2007, aurait-il besoin d’un témoin de moralité ? Depuis quand, dans un état de droit une mise en examen vaudrait condamnation ? On voit bien que toute cette indignation outrée est bidon. NKM, devenue hystérique, va même s’en prendre à Hollande parce que des membres de son équipe de campagne auraient croisé DSK dans une rencontre privée, initiée par Julien Dray, rencontre qui aurait eu lieu dans la rue Saint-Denis ! Que l’on sache, M. Strauss-Kahn n’est pas assigné à résidence et ses amis s’honorent à lui garder leur amitié, même si, eux, auraient quelque raison de lui en vouloir pour sa légèreté.



Mais quel est donc l’objet de la feinte ire du sortant et de ses sbires ? Un article dans le Guardian britannique d’Edward Einstein, contant un entretien qu’il aurait eu avec DSK le 13 avril 2012 et un interview du même Epstein dans Libération du 25 avril. Tout cela à quelques jours de la parution du livre de ce journaliste Three Days in May sur l'affaire du Sofitel. Comme une opération de promotion. Il faut noter que l’article du Guardian ne comporte pratiquement aucune citation entre guillemets de DSK qu’Epstein dit pourtant avoir rencontré 2 h ½. «Peut-être ai-je été politiquement naïf, mais je ne croyais tout simplement pas qu'ils iraient aussi loin. Je ne pensais pas qu'ils trouveraient quoi que ce soit qui puisse me stopper», qui fera le titre, révèle, de fait, sa totale t bien légère naïveté.


Epstein donc affirme "Dominique Strauss-Kahn était déjà sous surveillance depuis plusieurs semaines et était devenu la principale "cible" des services français en février ou en mars 2011. Ils surveillaient ses faits et gestes, ils savaient ce qui lui est arrivé au Sofitel parce qu'ils avaient forcément quelqu'un de l'hôtel qui les informait".

Alain Hamon, dans Police, l’envers du décor, prétend lui que "quand le directeur du FMI venait en mission en France, les hommes du renseignement intérieur (DCRI) semblaient ne pas perdre une miette de ses déplacements".

Rien de prouvé, rien d’invraisemblable non plus.

 

A l’appui de ses dires, Epstein évoque "une transcription dont disposeraient les services français relative à une conversation le 12 mai à l'hôtel W de Washington, entre DSK et le commissaire Jean-Christophe Lagarde" (commissaire mis en cause aussi dans l’affaire du Carlton de Lille). Ce commissaire a bien été entendu par la police des polices pour avoir aussi dit que DSK était sous surveillance. Un article du Nouvel Obs du 7 décembre 2011 en faisait déjà état ainsi que de confidences de Frédéric Lefebvre – alors député UMP des Hauts de Seine - aux journalistes, rapportées en 2009 dans un livre : "DSK ne tiendrait pas une semaine. On a des photos, elles existent ! On les fera circuler, ça ne plaira pas aux Français".

 

 

 

Pour le reste Epstein insiste sur ce qu’il appelle la "danse de la victoire", où l’on voit dans les sous-sols du Sofitel deux hommes se congratuler et entamer un pas de danse. L’un des deux est repéré, sur les vidéos de surveillance, observant  DSK "quand il arrive le 13 mai" au Sofitel, il "le suit encore quand il monte dans sa chambre", est "de nouveau là, à chaque instant" quand DSK part de l'hôtel le lendemain, puis "retourne dans la chambre 2806" après les révélations de Nafissatou Diallo. Mais tout cela Epstein l’avait déjà écrit.


Absolument rien de neuf. Mais le sortant aux abois de se jeter sur ce faux scoop, comme un chien sur un os. L’espace d’un numéro de fausse colère à la de Funès, il nous aura au moins épargné un nouveau numéro de drague de la fille Le Pen et de ses électeurs.

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mises au clair - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 27 avril 2012 5 27 /04 /Avr /2012 19:16

Le titre peut paraître insolite, mais c’est une réponse à des confessions-bidons parues sur le + - réponse qui ne va sans doute pas passer – une annexe du Nel Obs qui, pour se distinguer sans doute de la maison mère, publie des articles qu’on s’attendrait à lire dans Minute ou, à la limite, Atlantico : « J'ai voté Besancenot en 2007 et Le Pen en 2012 », « J'ai voté Marine Le Pen en 2012 mais je me considère gaulliste », « Je suis immigré et j'ai voté pour Marine Le Pen » auquel s’ajoutait un témoignage tout aussi bidon sur une « bourgade » du fin fond de l’Aisne (Hirson, près de 10 000 habitants ! la bourgade) d’une journaliste du + « Le Pen a séduit les villages paumés : j'ai vécu à Hirson, c'est la misère »

LePenM.jpg

« Je suis né dans un petit village au nom pas du tout commun… » Non il ne s’appelait pas Saint-Martin et n’était pas entouré de bocages, comme celui de François Béranger, mais au cœur du Saumurois. Je ne vais pas étaler  ma généalogie, mais le patronyme même, qui renvoie au bois d’aulnes, prouve la profondeur de racines qui plongent dans l’humus fécond de la francitude !


Sans non plus raconter ma vie, je peux évoquer une enfance bercée de lieux communs chauvins sur les populations des autres régions : le Breton tête de cochon, l’Auvergnat rapiat et le Normand aussi, le Parigot tête de veau, le Corse paresseux sans oublier le Ch’timi poivrot, etc. « Angevin sac à vin » et même sa suite grivoise « Angevine ça se devine » étaient jugés plus flatteurs que péjoratifs. Et, au moment des battages, à l’heure de la pause, les hommes allaient « baiser une fillette à la cave » : entendez, non pas de souterraines et inavouables pratiques, mais boire une petite bouteille  -dite « fillette » - de vin blanc. Angevins qui prétendent avec les Tourangeaux parler un Français sans accent !


C’est vous dire que question « de souche », je n’ai pas de leçon à recevoir de nos identitaires à la mode sauciflard-pinard. Et que je reste profondément attaché aux petits vins de soif chers au regretté Jean Carmet, à commencer par le Saumur Champigny. A vrai dire, cette souche ne m’avait jamais préoccupé,  d’autant que -  n’en déplaise aux souchiais – ni moi, ni eux n’y sont pour quoi que ce soit.  Et parmi les idoles foutebalistiques de ma génération outre le polak Kopa, le rital Piantoni figurait la « perle noire » Ben Barek (prénom Larbi ce qui veut dire l’Arabe) !


Je suis donc pris d’une franche rigolade quand je lis, sous la plume d’une « poétesse »,  ces lignes puériles : « Car je suis une fille de Charlemagne et de Roland, de Saint-Louis et du chêne, car je suis La Pucelle et pas Fatima, car mes ancêtres, oui, sont Gaulois, celtes, vikings. (…)  la colline de Vézelay, oui, m'est plus familière que la Pierre Noire de La Mecque. » Oublierait-elle cette Pucelle contemporaine qu’à  Fatima (Portugal), comme à Lourdes, la vierge est apparue !  Qu’a-t-elle contre les portos ?


En revanche, ce fatras de clichés historiques caricaturaux et de racines chrétiennes revendiquées me fait grimacer quand il se transforme en islamophobie : la dame qui écrivait ces niaiseries, le faisait pour célébrer une votation Suisse interdisant les minarets.

UDC_CEVA.jpg Elle n’a pas dû noter que le parti à l’origine de ce référendum, l’UDC, donnait dans la xénophobie… anti-française.  Ainsi, l'UDC avait publié un encart publicitaire dénonçant la "racaille" et les "criminels étrangers" :  les travailleurs transfrontaliers, s’opposant aussi à une nouvelle liaison ferroviaire qui aurait pourtant facilité la vie de Suisses logeant en France à cause de la cherté du logement !  Et l’UDC était en butte à Genève à un parti local, le MCG, au slogan très Lepéniste "Genève et les Genevois d'abord", pour qui  Genève risque de devenir un "déversoir pour les 2,9 millions de chômeurs français". 

UDC_RiposteRaciste.jpg

Comme quoi à xénophobes, xénophobes et demi ! Et on voit bien vers quelles dérives nous entraîne le F-Haine (bien aidés par ses sous-marins Buisson et Peltier qui manipulent le pantin Sarkozy). Avait-on entendu parler, même dans la bouche de Le Pen père spécialiste des dérapages antisémites, de la viande  casher ? Pendant quelques jours, Le Pen fille, mentant outrageusement, a fait de la viande halal un thème de campagne, grâce au sortant qui a amplifié ses propos.

Sa laïcité, à la mode UDC, comme celle de Riposte faussement laïque, est transformée en pavillon de complaisance de l’islamophobie. Faut-il s’apitoyer sur ses pauvres électeurs victimes de l’abandon des élites ? Vieux fonds de commerce de l’extrême droite que ce jeu poujadiste.  Victimes aussi de l’insécurité due aux jeunes beurs ou blacks qui terrorisent les quartiers.

Que je sache, à Moreilles, Vendée, 235 votes exprimés, 67 pour Le Pen (33 %), les délinquants « d’apparence musulmane » n’existent que dans les délires de ces votants. Et les affreux infidêles n’ont pas encore imposé la semoule à la place des mogettes, ni interdit de boire la troussepinette et transformé l’église en mosquée (j’ai entendu cela – les églises transformées en mosquées – dans la bouche d’une catholique intégriste).


Alors, ces ex-électeurs pro-Besancenot, ces immigrés russes de la veille, enfin toutes ces confession bidons de prétendus électeurs de la fille Le Pen, sur le + (annexe du Nel Obs), ras le tarbouche !

 

 

Pour aller plus loin :

Le retour du Front national 

23 mars 2012 par Pascal Perrineau

 

UMP-FN : vers un bloc néoconservateur

 

Le point de rupture

Enquête sur les ressorts du vote FN en milieux populaires - Uniquement en téléchargement -

par Jérôme Fourquet Alain Mergier

Par J.-F. Launay - Publié dans : humeur - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Pages (Art et érotisme)

Pages (pédagogie)

Créer un Blog

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés