7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 16:10

« Si tu veux calmer un arabe qui te pète les couilles, tu l’emmènes discrètement dans ta voiture et tu lui mets de grandes claques. Impossible de le faire dans la rue, parce qu’on peut te filmer avec un téléphone et après tu auras 1 milliard de musulmans sur le dos !

Ce sont des couillons !

Ce sont des couillons ! »

 

Le tout hurlé ! Et pas du second degré. C’est, en 2006, un sketch, qui apparemment laisse les spectateurs pantois plutôt qu’hilares, de Beppe Grillo, clown sinistre ! Cette séquence est tirée d’un reportage intitulé « Qui est vraiment Beppe Grillo ? », présenté dans Dimanche + !

Dans les séquences où on le voit, il semble ne savoir faire que ça, crier, beugler, vociférer, en bref gueuler ! Mélenchon, à côté, peut se rhabiller. Même si sa thématique du coup de balai rejoint celle de l’italien. « Ces politiques qui vont à la télé avec leurs faces de cons, qu’ils s’en aillent tous ! ». A noter que lui, Grillo, s’il vilipende avec la même outrance les « médiacrates » et autres journalistes, ne court pas, comme notre tribun national, les studios pour dire à des journalistes masochistes tout le mal qu’il pense d’eux. Grillo ne met pas les pieds à la Télé. Ni à la radio. N’accorde pas d’entretien. Et interdit même à ses élus de s’adresser à la presse. On voit, un contrevenant, tout marri, se faire exclure par SMS ! Elus qui ont d’ailleurs l’air tout déboussolé. Car le discours aux accents libertaires cache un autoritarisme fort peu démocratique.

Et derrière Grillo, la grande gueule, se cache un gourou, Gianroberto Casaleggio, 58 ans, au look de vieux baba cool qui aurait gardé sa chevelure des années Woodstock.  Il fait dans l’Internet et l’édition, mais ses affaires sont tout sauf  transparentes.

Son livre de chevet serait « Thriving on chaos, manuel de management de la révolution » d’un certain Tom Peters (Le chaos management, Dunod, Paris, 1988). Et son idéologie est une lointaine resucée du complot judéo-maçonnique tristement en vogue dans les années 30. Sauf que là, si les Francs-maçons sont toujours visés, les religions dans leur ensemble et la finance sont les agents de ce complot. Bizarrement ce triptyque vient percuter une étude menée en France par une think thank britannique qui étudie le populisme à partir de l’adhésion aux théories conspirationnistes. Et, pour ses adeptes, on retrouve les francs-maçons, les groupes religieux et surtout la finance internationale pour tirer les ficelles*.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Le reportages sur Grillo se situe vers la 16e minute (après un sketch de Bayrou qui joue au méchant avec la journaliste)

Beppe et Gianroberto, racistes, populistes, complotistes, faute d’avoir su utiliser leur capital de voix et d’élus – en le stérilisant, ils ont juste concouru à remettre leur concurrent en populisme, Berlusconi, en piste – vont sans doute n’avoir que le destin d’un Poujade. Mais savoir que la moitié des suffrages en Italie s’est porté sur les partis populistes fait peur, très peur !

 

 

 

* L’étude complète sur le site britannique est bourrée de graphes assez difficile à déchiffrer pour les non initiés. De la synthèse qu’en a tiré Le Monde, avec un article papier (04/05/13) et sur le site, qui se complètent plus qu’ils ne se recoupent,  il ressort que 51 % des français adhèrent à cette théorie. Mais selon leurs votes aux présidentielles, les proportions diffèrent. Ainsi, ils ne sont que 35% chez les électeurs de Hollande, mais 72% chez ceux de Le Pen suivi de ceux de Mélenchon à 56 %.

  

Pour les conspirationnistes, c’est d’abord et de loin la finance internationale (75%) qui tire les ficelles, suivie d’autres pays qui cherchent à nous dominer 44%, les groupes secrets style Francs-maçons, malgré les efforts des hebdos et en particulier de L’Express, et les groupes religieux sont loin derrière (27 et 20%).

Reste un paradoxe, les médias (télés, presse écrite) sont crédités de 45%, alors qu’ils sont présentés comme manipulés (assujettis à la « pensée unique », la « bienpensance » d’un côté, peuplés de journalistes « tous de gauche » de l’autre). On aurait donc des marionnettes qui tireraient les ficelles des marionnettistes qui les manipulent. De quoi se prendre les pieds dans les ficelles.

Les enfants de Marine sont un tiers à soupçonner des groupes religieux (mais le pluriel est sans doute de trop). Qu’il soit encore un peu plus à se méfier des francmacs ne surprend pas trop, mais qu’il y en ait 31% chez les mélenchonnistes étonne.

Partager cet article

2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 18:21

Claude ALLEGRE un spécialiste du mur du çon

Xavier DARCOS ou le saboteur de l'Education nationale

Michel CHARASSE, bienfaiteur de l'école privée

Il est étonnant, alors que les noms d’oiseaux fusent – salopard, salaud (évidemment au sens sartrien) pour en prendre deux qui eurent leur heure de gloire dans la bouche d’un imprécateur – de voir les réactions indignées des affichés sur le mur défouloir du S. M. !

 

Entendre un Georges Fenech dire que le fameux mur des cons « est tout bonnement l’expression d’une forme de politisation de la justice » fait ricaner ! Car ce Fenech, UMP grand teint, fut Président d’une Association professionnelle des magistrats, fondée en 1981… contre la gauche. Un certain Garraud ex-député UMP, redevenu magistrat, se sentait des « convictions communes » avec le F-Haine !  Mais comme le fait remarquer Franck Johannès, « le juge rouge fait peur, pas le bleu ou le brun ».

 

Essayer de compléter l’œuvre des syndicalistes bolcheviks – voire pire – relève des travaux d’Hercule. L’actualité nous offre chaque jour des cas flagrants de çonnerie. Rachida Dati, la reine du champ de bataille déserté, Claude Guéant, ses croûtes et ses primes au black, Copé qui renonce, pour la 2e fois, à son boulot d’avocat…

 

Mais j’ai voulu m’en tenir à des valeurs sûres et si j’ose dire con-sacrées. Claude Allègre, bien sûr, pour l’ensemble de son œuvre, Michel Charasse ce grand laïque qui a fait un magnifique cadeau à l’école privée, mais j’ai voulu y ajouter un Darcos qui, sans concertation aucune – et sans que ça provoque une franche levée de banderoles syndicales – a décrété la semaine de 4 jours…

 

Rien d’exhaustif, vous le voyez… Vos suggestions sont attendues.

Partager cet article

1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 08:35

Pierre BEREGOVOY (23/12/1925-01/05/1993)

 

Allocution de François MITTERRAND (extraits)

 

Sa tradition à lui était celle d'un enfant pauvre, fils d'un père émigré, devenu ouvrier d'usine, et d'une mère ouvrière aussi qui tint ensuite un petit commerce dans un quartier populaire. Il a connu la chance irremplaçable d'une famille unie, auprès de ses parents d'abord, dans son propre foyer ensuite où l'on pratiquait la simple vertu d'une vie qui se gagne à force de travail, de constance et d'études, où rien n'est jamais donné.

 

Il a suivi l'itinéraire qui va du certificat d'études au CAP d'ajusteur technique, des cours du soir aux examens professionnels, aussi bien à la SNCF qu'à Gaz de France. Il a franchi de degré en degré, en passant par la Résistance, le syndicalisme et l'action politique, les étapes qui l'ont conduit à cette maîtrise du savoir et du style qui lui ont permis d'exercer les plus hautes charges du pays, dont il était justement fier.

 

«Pierre Bérégovoy mérite l'admiration pour avoir (je cite ici le New York Times) accompli quelque chose d'extraordinaire, renforcé, réouvert l'économie française au point que les comptes de la Nation apparaissent en meilleure santé que ceux de l'Allemagne par exemple».

 

Ses origines, son milieu l'avaient naturellement porté à militer au sein du mouvement socialiste. Son expérience des luttes sociales, le mûrissement de sa propre pensée l'ont ancré dans la conviction que là était sa voie, là était son devoir. Il n'en a plus bougé, soucieux de concilier les obligations du réel aux aspirations de l'idéal qui l'animait et que partagent tant des nôtres.

 

Formé à l'école de Pierre Mendès France, il m'a prêté son grand talent. Plus de vingt ans de travail en commun à la direction du Parti Socialiste d'abord, Secrétaire Général à la Présidence de la République, puis membre du gouvernement, Ministre des Affaires Sociales, Ministre de l'Economie et des Finances, enfin Premier Ministre.

 

Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l'on ait pu livrer aux chiens l'honneur d'un homme et finalement sa vie au prix d'un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d'entre nous.

 

Les photos ont été prises à une fête de la Rose à Gaillon (Eure) en 1978

Partager cet article

26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 15:39

A-t-on idée de commander un appareil photo à la FNAC un 1er avril ? Non. Mais le 2 avril ça ne marchait pas mieux.

 

Or donc, succombant à l’attrait d’une vente flash, d’autant que généreusement la FNAC, pour mon xème printemps, me créditait d’un envoi gratuit et, cadeau supplémentaire, faisait miroiter un crédit gratuit sur 6 mois, je fus séduit par un reflex avec deux objectifs. Ce que ne précisait pas l’offre c’est que pour ledit crédit il fallait être membre de la FNAC, mais la démarche était bien détaillée.

 

Echecs répétés. Faute de réponses téléphoniques ou par courriels, je me suis donc rabattu sur l’archaïque lettre sous enveloppe timbrée pour faire part de mon ire : vente flash évaporée donc les avantages itou.

 

Lettre envoyée le 3 avril. Eh bien, le 25/04, je recevais une réponse ou plutôt la « lettre type modèle V2.01 » !

Objet : blocage d’une commande 1er et 2 avril

 

Monsieur,

 

Ayant reçu une proposition de vente flash (Sony Alpha SLT-A37 + 2 Obj. Sony DT SAM : 18 - 55 mm f/3.5 - 5.6 + 55 - 200 mm f/4.0 - 5.6), j’ai passé commande, le lundi 01/04/13, ainsi que d’une carte mémoire. Voulant payer, comme proposé en six fois, j’ai ajouté à la commande la carte FNAC.

Commande

Puis j’ai eu à remplir un long questionnaire. Une fois terminé, je suis tombé sur ce cartouche qui me demandait si je voulais souscrire ou pas une assurance :

Que l’on coche OUI ou NON, cliquer sur « Valider » restait sans effet. BLOCAGE TOTAL !

Après 2 ou 3 nouveaux essais (reprises donc du questionnaire effacé) un nouvel écran est apparu :

Le mardi 2 avril, j’ai tenté de joindre le 08 92 35 04 05. Sur les cinq fois, ça a coupé avec un « La FNAC vous remercie de votre appel », quatre fois sans que je n’ai eu aucune personne, une fois où j’avais enfin une interlocutrice, mais ça a coupé immédiatement. Irritation certaine devant un service qui n’a de service que le nom.

J’ai, bien sûr, rempli les formulaires de contact n’obtenant que des réponses automatiques. Ayant découvert une adresse électronique d’un service (mhennote@fnac.com), j’ai expliqué mes déboires en joignant deux copies d’écran et en demandant de faire suivre au service concerné. Du coup le service facturation (facturation_pe@fnac.com) a pris le relais. Mais, bien que j’ai reprécisé à nouveau le point de blocage, avec copies d’écrans, j’ai eu des réponses qui ne démontraient pas une lecture très attentive : « A la lecture de votre mail, je m'aperçois que vous rencontrez des difficultés pour naviguer sur votre compte Fnac.com. Des fichiers Internet temporaires peuvent empêcher le bon fonctionnement de votre navigateur. », alors qu’il y avait à l’évidence un blocage, puis mieux encore  cet « Auriez-vous un numéro de commande à me communiquer? » quand le problème était justement de terminer la commande.

Cependant, je tentais encore et encore de conclure pour aboutir toujours à un blocage mais avec un autre écran, où, du coup, ce n’est plus FINAREF mais la FNAC qui affiche des « problèmes techniques » :

J’ai donc pu constater une totale absence de fiabilité du service téléphonique (attentes longues et coupures, sans résultat ni même interlocuteur 4 fois sur 5), des réponses par courriels sans rapport avec les informations transmises, un blocage de plus de 36 h du service « paiements échelonnés » et je déplore bien sûr l’échec subi lors de cette vente flash.

  

PS Message laissé cinq (5) fois sur le site de FINAREF, évidemment sans réponse (FINAREF est une société de crédit du Crédit Agricole)


Le lundi 1er et le mardi 2, j'ai tenté en vain à partir du site FNAC de profiter d'une offre de crédit gratuit : après avoir rempli deux pages de questionnaire je suis tombé sur un cartouche me demandant si je voulais souscrire une assurance, que je coche OUI ou NON, il fut impossible de valider et, plus tard est apparu un écran où je pouvais lire FINAREF ERREUR (je tiens les copies d'écran à votre disposition). La FNAC a été incapable de m'expliquer ce blocage et m'a renvoyé vers vous.

Lettre type

Partager cet article

25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 21:41

Le site d’information Atlantico – un faux-nez pour une officine de propagande de droite extrême – a révélé un scoupe qui bouzze : le syndicat de la magistrature, dans ses locaux, affichait sur un mur des caricatures et photos de personnes diverses, accompagnées de commentaires et plus souvent de citations. Honte et scandâle ! Avec ce « mur des cons », le « mur du çon »*, cher au Canard enchaîné, a été pulvérisé par les boutefeux habituels de l’UMP.

 

Faut-il rappeler à nos faux indignés qu’UBUprésident – en principe à l’époque 1er magistrat du pays – comparait les juges d’instruction à des « petits pois » ? C’était, il est vrai, à son niveau. Ne parlons pas des syndicats de policiers style Synergie ou Alliance qui n’avaient cesse de dénoncer le laxisme des magistrats  (magistrats pourtant bien indulgents sur les bavures policières).

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Revenons à nos « cons » et à leur « mur ». Le Grand Journal de Canal + ne pouvait manquer cet énorme scandale. Il avait invité le placide Glavany, PS, sur l’attentat de Tripoli d’une toute autre importance, sujet expédié en deux temps trois mouvements. Et Glavany s’est retrouvé face à un membre d’Atlantico, prétendument journaliste qui nous a sorti le couplet UMPiste habituel sur « l’intimidation morale » de la gauche, Yves Thréard du Figaro qui a proféré des énormités du style chasse à l’homme auxquelles il ne croyait pas lui-même et enfin un ancien responsable de Synergie police, élu régional UMP (et qui continuait de s’en prendre aux magistrats de Seine-St Denis, pour ne pas perdre la main). Plus, l’inévitable Apathie, qui d’un ton solennel a prononcé un « ce n’est pas digne de magistrats » définitif !

Au fait, en quoi consistait cette chasse à l’homme ? Sur un mur d’une pièce de leur local syndical, nos abominables magistrats néo-marxistes d’après Thréard, affichaient caricatures ou photos de personnalités assorties de brefs commentaires ou citations. Avec toute l’honnêteté intellectuelle qui caractérise l’idéologue d’Atlantico ou l’ex-responsable de Synergie a été soulignée la présence du père d’un enfant assassiné sur ce mur, sauf que ce père – policier - joue de ce statut pour accabler les magistrats dans un Institut pour la Justice que le Président de la très modérée Union Syndicale des magistrats (USM) baptise d’Institut contre la Justice.

Le Figaro a évidemment mis en vedette ces "Privates jokes"

Ce mur a été filmé clandestinement avec un téléphone portable. La seule question qui se pose est : cette pièce était-elle ou non accessible au public, en l’occurrence des magistrats lambda venant par exemple se renseigner sur le S. M. ou bien aux seuls responsables syndicaux de ce local qui auraient donc été abusés par un visiteur retors*, faux SM et vrai délateur (ce qui, comme dirait Aphatie est indigne d’un magistrat). Dans la 2e hypothèse c’est Atlantico qui doit être poursuivi pour diffusion d’images vidéos volées dans un local syndical, lieu privé. Dans la 1ère – lieu accessible au public – il est permis de se demander comment il est passé inaperçu avant l’arrivée de Mme Taubira place Vendôme ?

 

Dans les deux cas le scoupe fait « pschitt ». Les imbécillités proférées sur l’honnêteté professionnelle des membres de ce syndicat, outre que le « mur des cons » n’était pas l’œuvre de tous ses adhérents, sont aussi convaincantes que si on mettait en doute les compétences des internes en médecine à cause de leurs blagues de carabins. On peut trouver – ou pas – ce mur d’un goût douteux (pour ce que j’en ai vu, il me semble assez pertinent). Il n’a, pas plus que les fresques qui ornent les salles de garde des vieux hôpitaux, vocation à être public. Et il faut vraiment prendre ses contemporains pour des cons en se livrant à cette tonitruante et hypocrite fausse indignation sur-jouée** !

 

Que celui qui s’est reconnu sur ce panneau d’affichage et qui n’a jamais dit de mal des magistrats ou de la Justice, en public ou en privé, jette la première pierre. Les « fautifs » ne risquent guère de recevoir le plus petit caillou !

 

* En fait, si l'on en croit Libé, un chroniqueur judiciaire de FR3 qui s'était distingué en attaquant son confrère Charles Enderlin. Ajout 29/04 : "Clément Weill-Raynal, journaliste à France 3, confirme au Figaro être l'auteur de la vidéo du "mur des cons" tournée au sein du Syndicat de la magistrature. Dans l'émission du Figaro TV On ne parle que de ça, il indique toutefois ne pas avoir donné la bande au site Atlantico qui a révélé l'affaire. "J'ai passé une copie du film à un magistrat qui m'a dit que cela pouvait avoir un intérêt. À partir de là, je n'interviens plus. Je n'ai pas envoyé le film à Atlantico.""

** Toujours sur le Grand Journal, mais du 25/04, Jacques Attali a lui pulvérisé le fameux « point Godwin » en parlant de « liste » et en évoquant celles d’il y a plus de 60 ans : s’il y a des « fils de pétain », comme chantait Pierre Dac à Londres, ce sont bien les membres du F-Haine, Louis Alliot en tête, qui demandent l’interdiction professionnelle des membres du Syndicat de la magistrature.  

 

A lire : http://www.rue89.com/2013/05/03/mur-cons-sommes-fiers-syndicat-magistrature-242029

 

 

Fresques de carabins à l'hôpital Boucicaut et à l'Hôtel-Dieu

Lettre ouverte du syndicat de la magistrature à Mme Taubira Garde des sceaux


EXTRAITS
(…)
Vous avez déclaré, dans un communiqué de presse et devant le Sénat, « condamner cette pratique », vous avez exprimé « votre consternation face à ce comportement » et considéré qu’il s’agissait « d’un acte insupportable, stupide et malsain ». Quelle pratique ? Celle d’un journaliste qui filme en cachette l’intérieur d’un local syndical privé à l’insu de ses occupants ? Quel acte ? Celui d’un site en ligne, proche de la droite la plus dure, qui décide de diffuser ces images qu’il sait soustraites ? Quel comportement ? Celui d’une certaine droite prompte à instrumentaliser cette « révélation » à des fins bassement politiciennes pour décrédibiliser ceux qui combattent avec force leurs idées depuis des années ?

(…)
Vous avez (…) cédé à la pression de ceux-ci et choisi de vous en prendre à l’expression en privé d’une opinion – lapidaire et caricaturale certes mais qui n’a rien à envier aux propos publics outranciers de certains à notre égard – concernant ceux dont nous dénoncions les propos, les actes ou les prises de position.

(…)
Cette violation de notre sphère privée syndicale n’est pas « une expression syndicale », laquelle est par nature publique. Faut-il vous rappeler que dans nos prises de position publiques nous nous en sommes toujours tenus au débat d’idées ?

(…)
Mais, au-delà des circonstances de l’espèce, et en raison de l’amalgame qui est fait entre expression privée et action syndicale, c’est bien l’expression publique syndicale et, par conséquent, le fait syndical dans la magistrature que vous remettez en question par votre saisine consternante du Conseil supérieur de la magistrature. Nous attendions plutôt de vous, Madame la ministre, que vous défendiez vous-même cette liberté syndicale…


 

Partager cet article

24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 21:12

M. Hollande ne comprend rien aux guerres idéologiques du XXie siècle (dixit M. Onfray)

Michel Onfray, phare lumineux de la pensée basse normande, fait la leçon au Parti socialiste en général et à Hollande en particulier. Qu’ils relisent Clausewitz, L’Illiade et bien sûr Sun Tze. Ou plutôt qu’ils lisent Onfray, et son « art de la guerre » pour les nuls.

 

Cette guerre du Mali, car c’est de cela qu’il est question, montre « l'impéritie idéologique du Parti socialiste qui n'a pas de pensée de la guerre – pas plus qu'il ne dispose d'une pensée de l'éducation, d'une pensée de la santé, d'une pensée de la culture, d'une pensée de la bioéthique, etc. ». Ceux qui, comme moi, seraient tentés de juger cette phrase comme la démonstration répétée de la suffisance du philosophe, n’auront droit qu’au mépris hautain du penseur caennais.

 

Bien qu’il se réfère au fameux Sun Tzu, qui, si l’on en croit un spécialiste, P. Fayard, est un penseur de la complexité, Onfray lui donne dans le simple, le simplisme même. Hollande a décidé, poussé par les publicitaires, la guerre au Mali parce qu’il s’effondrait dans les sondages. Aussi nul que soit Hollande, il ne pouvait avoir oublié que la guerre éclair et victorieuse (ou qu’il présentait comme telle) de son prédécesseur en Libye, n’avait pas dopé longuement sa popularité.

 

On peut disputer des causes de la décision de Hollande, mais les réduire à une opération de communication n’est peut-être pas faire preuve d’une grande finesse d’analyse. Même Mélenchon n’a pas été aussi loin dans la caricature. Autant qu’il m’en souvienne, il a reproché à Hollande d’intervenir au bénéfice d’un gouvernement non démocratique. Fallait-il venir au secours d’un état, déjà dépecé, et qui risquait de tomber sous la coupe de groupements terroristes extérieurs ? Hollande, d’ailleurs, en vrai disciple de Sun Tzu, eût préféré faire l’économie d’une intervention en laissant le rôle de réunification à une force africaine.

Sodats français au bord du fleuve Niger

Sans vouloir mettre en doute la compétence géopolitique et géostratégique de l’ex-prof de philo de l’institution Ste Ursule, parler de « configuration napoléonienne » à propos de l’intervention malienne, avec Clausewitz à l’appui, est peut-être un peu exagéré. Quatre mille hommes environ, certes des moyens technologiques supérieurs (aviation notamment), mais on est loin, même proportionnellement, du rouleau compresseur états-unien en Irak par exemple. Les prises d’otages, dont il fait état, n’avaient pas attendu la crise Malienne pour avoir lieu. Elles ne paralysent pas immédiatement l’action militaire, puisque, à ce compte, l’intervention n’aurait jamais eu lieu.

 

Et dans un grand écart, nous sautons des grottes inaccessibles du nord Mali où les insaisissables combattants islamistes en tongs(?) et djellabahs se sont réfugiés à des truismes sur la nécessité d’une défense européenne qui mutualiserait les matériels, les savoir-faire, les troupes, la technologie, la compétence, les budgets, les commandements. Une CED – communauté européenne de défense - en quelque sorte. Mais qui supposerait – c’est là-dessus que ça a échoué en 1954 – d’abord une vision commune de la défense.

Puis nous retombons dans les grottes ou les dunes et au point de départ de la pensée suprême de l’hédoniste à la triste figure : Hollande veut redorer son blason à moindre coût en pourchassant « des va-nu-pieds dans le désert plutôt que de s'attaquer à des Etats riches, forts, puissants, disposant d'une véritable armée, voire de bombes atomiques, et qui souscrivent à l'idéal terroriste d'un certain nombre de musulmans intégristes, notamment l'expansion idéologique en Occident ! » Du coup, on se demande si le pourfendeur de Freud n’a pas abusé du Calva. Car, aussi nul en géopolitique que peut l’être un socialiste, des pays de ce genre, il n’y en a pas beaucoup. Ne parlons pas des micro-états du golfe qui rachètent petit à petit ce que la France en faillite brade aux émirs les plus offrants (jusqu’à présent à part le PSG, pas grand-chose). L’Arabie saoudite ? L’Iran ? Le Pakistan ? Voilà qui répondrait mieux à la définition. S’attaquer à eux ? Il faudrait que notre Ulysse nous explique quelles ruses employer : le cheval de Troie du consumérisme (développement des classes moyennes, avec moins d’enfants) n’a pas semblé bien probant en Tunisie et en Egypte. Et l’art de la guerre pratiqué en Afghanistan par les états-uniens – mais oui, quand les soviétiques étaient à Kaboul – a abouti à la prise du pouvoir par les talibans qu’ils avaient armés.

 

Si ce papier veut dire qu’une fois la reconquête des cités assurée (au risque toujours présent d’attentats), tout n’est pas réglé, c’est enfoncer une porte ouverte. Touaregs mécontents, bandes armées mêlant intégrisme et trafics en tout genre, frontières poreuses, quasi sanctuaires en Libye, etc. rendent fragile toute cette zone sahélienne. Mais si la France pèche, c’est de ne pas avoir assez usé de son ingérence en ne faisant pas arrêter le capitaine factieux qui a mis à mal un système politique certes imparfait, mais qui n’était pas le moins démocratique de la région.

 

En complément un article du Canard Enchaîné sur le très tolérant philosophe post-anarchiste

Partager cet article

22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 18:12

Quel destin pour la parodiste Frigide Barjot ?

 

Un nouveau duo des Vamps, avec Christine Boutin ?

Ou nouvelle Morano Nadine (notre Sarah Palin) ?

Ou pire encore, nouvelle Marine La Pen (n'a-t-elle pas fait la bise à Maître Co..ard ?)

A moins qu'elle ne se métamorhose en barjot Grillo à la française !

Toutes ces images sont des copies d'écran de "La nouvelle édition" du 22/04/13, 3e partie (chronique de Nicolas Domenach vers 15')

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

En complément, quelques images de la dernière manif barjotesque.

Partager cet article

19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 18:49

La députée, cheville ouvrière de la loi sur le mariage homo en Nouvelle Zélande, regarde les tribunes où les spectateurs ont entonné un chant Maori.

Travail de Sisyphe : il faut inlassablement répondre aux contre-vérités que martèlent les contempteurs d’une réforme qui ouvre des droits à certains sans en priver les autres. Car leurs mensonges répétés finiraient pas passer pour vérités.

 

Dans un pays où le précédent président adorait tellement l’institution du mariage qu’il en a déjà usé trois fois (en ajoutant demi-frère puis demi-sœur à ses deux aînés) et où son successeur a eu quatre enfants sans se marier, essayer de faire croire que mariage à l’ancienne papa, maman, la bonne et moiet procréation sont liés relève de l’imposture.

 

Les pseudos découpages, plus infantiles qu’enfantins, qui ornent les T-shirts roses des anti-mariage pour tous – censés représenter un couple marié à vie et leurs deux enfants – ne symbolisent qu’une fraction de la réalité. Plus de la moitié des naissances ont lieu hors mariage. Pour deux mariages (ou-remariages) il y a un divorce. Près d’un enfant sur cinq vit dans un foyer dit monoparental. La bigamie de fait – illustrée aussi par un président de la République – si elle reste marginale, existe et pas que chez les vilains barbus de la banlieue nantaise.

 

Prétendre que la réforme qui va être votée dénature le mariage relève aussi de l’imposture. Le mariage catholique – prétendument inspiré par Jésus, donc non pas naturel mais divin – n’est instauré qu’au début du XIIIe siècle. Les voies du seigneur sont non seulement impénétrables, mais lentes : l’inspiration divine a mis du temps à souffler sur les esprits des prélats réunis en concile à Latran, 4e en ce lieu. Sa vocation à la “génération” des enfants a été précocement contournée en France, dès le XVIIIe siècle où la natalité baisse beaucoup plus vite que dans les pays voisins. Nos aïeux sautaient du train en marche, avant l’invention du chemin de fer !

 

Quant au mariage civil – le seul en débat – il n’a rien de naturel : c’est une institution qui a évolué. L’histoire du divorce en témoigne : en 1792, à sa fondation en France, il peut se faire par consentement mutuel ; il faudra attendre 1975 pour voir réapparaître ce consentement ; entre temps il sera limité au divorce pour faute, interdit même à la Restauration, rétabli en 1884…  Faut-il rappeler que, sauf évidemment avec la loi Bonald qu’elle a inspirée en 1816, l’église s’est toujours opposée à la législation sur le divorce civil ?

 

Le mariage civil étendu aux couples homosexuels ne changera rien pour les hétérosexuels et rien aux mariages religieux. Pas plus que les lois sur l’égalité homme-femme n’ont obligé l’église catholique à accepter d’ouvrir la prêtrise aux femmes, la réforme du mariage civil n’obligera l’église à bénir l’union de deux femmes ou de deux hommes. L’instauration du divorce n’oblige personne à rompre les liens conjugaux. Comme aujourd’hui, les hétéros procréeront ou pas, mariés ou pas, auront recours à la PMA si besoin est et s’ils le jugent conforme à leurs convictions. Leurs droits actuels sont complètement respectés. Ils pourraient même être élargis si l’on traite avec sérieux les problèmes de co-parentalité qui ne concernent pas que les couples de lesbiennes, mais les nombreuses familles recomposées.

Adoption de la loi sur le mariage pour tous en Nouvelle Zélande

A voir l’image du Parlement Néo-zélandais et celle lamentable qu’ont offerte quelques députés UMP dans notre assemblée, on se dit que s’il y a encore des voix républicaines au Centre et à droite il est temps qu’elles se fassent entendre, au lieu de laisser les cyniques continuer à jeter de l’huile sur le feu.

Partager cet article

16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 18:02

Un ensoutané harangue les nervis

Un curé ensoutané grimpé sur un kiosque Gare Montparnasse appelle, hystérique, à la curée contre Caroline Fourest. Il a dû oublier de lire l’évangile, le corbeau. « Aime ton prochain comme toi-même » Lui et les nervis qu’il excite doivent s'auto-détester. Les lâches se lâchent.

 

Des jeunes gens très propres sur eux prennent le relais des skins heads aux tenues paramilitaires de Civitas. Le drapeau de la République est agité à côté de celui des chouans. Mais on est plus proche de « Sauvez, sauvez la France, au nom du sacré-cœur », que de la Marseillaise. Et ces dizaines de jeunes haineux se sont donné rendez-vous pour faire la chasse à courre d’une femme seule. Cornes de brume et sifflets remplacent les cors, mais la meute hurlante, tout crocs dehors et bave aux babines, est là.

 

Quel est l’imbécile qui parlait de poursuivre les élus qui ne votaient pas comme il le désirait, jusque dans le moindre village ? Il a été suivi au mot. Mais par le camp censé être à l’opposé. Pour le moment ce sont les élus urbains, de droite – Chantal Jouanno – ou de gauche – François de Rugy – qui sont harcelés à leur domicile privé au petit matin (et au grand dam du voisinage). Mais, voyez leur sens de l’humour, les cagots laissent quelques viennoiseries devant la porte des agressés. Admiration d’un Schneidermann : « Ces pains au chocolat, c’est une trouvaille ». « Harceler avec le sourire » commente-t-il !

Les cagots chassent en meute

Mais ce ne sont pas des pains au chocolat, mais des pains, des coups, comme quelques semaines plus tôt, quand les nervis de Civitas l’ont tabassée, que lui promettait le ramassis de F-Haine et d’intégristes cathos qui l’ont agressée à Nantes, puis à Paris-Montparnasse. Ce qui provoque ce commentaire du même Schneidermann : « à Nantes (…) l'essayiste Caroline Fourest, venue parler mariage pour tous* dans le cadre d'une réunion attrape-subventions du Nouvel Obs, a été poursuivie dans son TGV de retour par les (…) opposants [au mariage pour tous]. Le TGV a été retardé de quarante minutes. Fourest "harcelée, pourchassée, traquée" se lamentait ce lundi matin sur France Inter, la station de son ami Philippe Val. Il faut cette fois saluer le but contre leur camp marqué par les anti-mariage gay. Parvenir à faire passer pour une victime Caroline Fourest, cette figure centrale de la domination intellectuelle d'aujourd'hui, qui a table ouverte dans toutes les radios et toutes les télévisions du service public, cela relève de l'exploit olympique. » Persifflage et perfidie. Petite vacherie au passage sur le Nel Obs, grosses perfidies sur l’essayiste. Que le chroniqueur, critiquant telle ou telle émission, fasse de C. Fourest une figure centrale de la domination intellectuelle – variante sans doute de la pensée unique et autres poncifs – soit. Mais en la circonstance, il s’agit de dénoncer (ou pas) une chasse à la femme d’homophobes misogynes. Schneidermann a choisi de mêler son glaviot aux crachats des lâches qui l’ont pourchassée.

Procession de Civitas

Silence assourdissant**, en revanche, du côté des prélats. MM Vingt-Trois et Barbarin sont aux abonnés absents et laissent le monopole de la représentation chrétienne aux guignols ensoutanés de Civitas. Aucun rappel au message de l’évangile pour les harceleurs des élus ni aux lyncheurs de femme seule. « Aimez-vous les uns, les autres », bisounours ce Jésus, dirait la bourge Bourges qui prône la violence. Et la déjantée Barjot qui proclame que si Hollande veut du sang, il en aura, ça ne les dérange pas nos princes de l’église ?

 

Caroline Fourest participait, à Nantes, à un débat avec Tahar ben Jelloun, Gilles Keppel et Jean Glavany, intitulé « Vers un islam moderne ? ». On peut supposer qu’elle a donné une réponse sceptique à la question. Mais les événements dont elle est victime montrent que l’intégrisme rétrograde et fanatique n’est pas l’apanage de membres d’une seule religion. La dérive d’une fraction des catholiques, attisée par des politiciens irresponsables comme Copé et d’autres, grossie des renforts des identitaires et du F-haine et fort d’une totale impunité, devient extrêmement dangereuse.

 

Et ce qui est arrivé à Nantes, le 13 avril, n’est pas anodin. Il concerne la liberté d’expression et même la liberté tout court. Intimidation d’élus de la Nation. Menaces de lynchage à l’encontre d’une personne, non seulement pour les idées qu’elle défend, mais pour ses choix de vie.

Que faut-il de plus pour que certaines consciences se réveillent ?

 

* Même pas capable de lire le programme des « journées de Nantes » : C. Fourest n’y était pas invitée sur ce thème !

 

** M. Vingt-Trois est sorti de ce silence, si j'en crois Ouest-France (17/04/13), mais non pour condamner les fauteurs de violences qui se réclament de sa religion, pour la déplorer - ô le saint-homme ! - et en faire porter implicitement la responsabilité à ceux qui en sont la cible.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

"Arrêts sur images" : bidonnages de quelques acteurs du Printemps des intégristes

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

Entretien avec Caroline Fourest (vers 10' 15") précédé d'échos des radios sur les violences anti-homos

Partager cet article

13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 12:09

Cohen condamné !

Torquemada ? Fouquier-Tinville ? Vychinsky ? Ce serait atteindre une variante du point Godwin que de se lancer dans de telles comparaisons, vis-à-vis de l’ex- journaliste du Monde viré par Edwy Plenel*, devenu le fondateur-patron du site « Arrêt sur images ». Qu’il ne pratique guère. Lui ce serait plutôt arrêt sur collègues. Et, s’il le pouvait, collègues aux arrêts.

 

Fidêle de l’émission sur la Cinq, je fus un abonné de la 1ère heure au site éponyme quand Schneidermann fut viré, pour avoir rappelé le bidonnage d’un reportage sur les CRS par de Carolis… qui venait d’être nommé à la tête de la Télé nationale. Mais les émissions – outre une certaine longueur, la contrainte du temps imposé avait du bon – sont de plus en plus passées d’arrêt sur images à talk-show sur un thème. Avec son animateur souvent de parti pris**, comme lorsqu’il avait invité le regretté Olivier Ferrand.

Daniel Schneidermann

Le vite dit (articles journaliers), à l’exception du remarquable Alain Korkos à la culture iconographique prodigieuse, tient le plus souvent d’arrêt sur articles ou radios. Avec cependant des arrêts sur les UNES, en particulier de la presse étrangère.

 

Pour autant, si l’on veut de vrais « arrêts sur images », il vaut mieux regarder « Le petit journal » ou « La nouvelle édition » (avec sur les médias étrangers un remarquable « Vu de l’extérieur »). Petit journal qui fut longtemps la bête noire de Schneidermann qui reprit à son compte des accusations de bidonnages des sbires de Mélenchon et poursuivit Barthès de sa haine tenace. Car il a ses hantises et ses têtes. A vérifier, mais je ne me souviens de pas grand-chose contre TF1 en général et Pernaut en particulier. En revanche Canal + en général, et Denisot en particulier sont dans le collimateur. Le Figaro a peut-être était épinglé, mais moins souvent que Libé ou Le Monde. Perdriel, proprio du Nel Obs est, à ses yeux, plus maléfique que Dassault, proprio du Figaro.

 

Sa mauvaise foi patente a éclaté – à mes yeux s’entend – à propos de l’affaire Florence Cassez où il s’était lancé dans un réquisitoire féroce (il existe, hélas, des éléments laissant penser que Cassez s'est bel et bien rendue complice d'enlèvement et séquestration) juste pour le plaisir de fustiger mensongèrement les medias français, qui mutiplient les interviews de la prisonnière, en se contentant de répéter paresseusement, pour tout rappel des faits, qu'elle "clame son innocence". Mauvaise foi jusqu’au bout, où contrairement à un Demorand qui finit par s’excuser, avec une tranquille morgue, le matinaute a continué à cracher sur une innocente (et sur le travail de correspondantes au Mexique autrement plus pertinent que le prétendu dossier d’arrêt sur images).

Fustiger les médias et leurs acteurs est son sport favori. Jouant le grand journaliste d’investigation j’ai relu les chroniques matutinales du procureur, à partir du 1 mars 2013. Le corpus est un peu limité (d’autant que le matinaute grippé a disparu pendant quelques jours) mais néanmoins assez significatif, je pense.

Pause et pose

Le 5 mars il nous apprend que le journalisme traditionnel est incapable d’analyser le phénomène Beppe Grillo. Le 6 mars, ce sont Les échos et Le Monde qui sont épinglés pour avoir dit du mal de Chavez. Le 7 mars il dénonce l’Obs, Le figaro, Libé qui n’ont pas relayé une information du Canard Enchaîné. Le 14 et 15 mars, l’élection de Bergoglio est l’occasion de dénoncer les vaticanistes patentés et aussi Le Monde qui réserve ses articles de fond à ses abonnés (Aux internautes, quelques miettes, le buzz du jour, (…) Aux lecteurs payants, les articles longs, les informations "à pluvalue").  Et il prédit un avenir compliqué à la presse "de qualité". Le 18 mars il dénonce la prodigieuse capacité de léthargie du système médiatique français, notamment en période de week-end, à commencer par la chaine phare du service public, France 2. Delahousse n’avait pas parlé de la crise à Chypre ! A noter, cependant, que la télévision d’état redevient de service public. Le 20 mars, ce sont L'Obs et le JDD, qui sont flingués car tous deux mouillés dans une rocambolesque tentative de blanchiment de Cahuzac. Le 26 mars Medialand célèbre la Saint-Salopard. Les salopards font la Une de Libé. Et fournissent la première question de Patrick Cohen à Mélenchon, mais rassurez-vous l’imprécateur réduira en poussière ses interlocuteurs et en particulier Guetta ! Bien sûr avec Libé, Fabius, Mediapart : opération noyade c’est la UNE controversée de Libé qui est sur la sellette le 8 avril.

 

Même Edwy Plenel, qui déplore sur toutes les antennes que Cahuzac n'ait pas démissionné dès les premières révélations du site, en décembre dernier, n’échappe pas à la férule du maître le 20 mars. Un media n'a pas à dicter son comportement à une personnalité qu'il met en cause. Le rôle de Mediapart (que le site a magistralement rempli) est de faire des enquêtes. Aux mis en cause, ensuite, de gérer leur défense comme ils le peuvent. (E. Plenel qui est passé au journalisme d’insinuations en affirmant que Cahuzac mentait pour d’autres, ce qui n’empêche pas le même de dire qu’il faut s’en tenir aux informations publiées !)

La chronique du 19/03 - Lion Air, les étouffeurs et les alarmistes – est symptomatique de la méthode schneidermannienne. Il s’agit du fabuleux contrat Airbus, signé à l’Elysée, avec une compagnie low cost d’Indonésie, Lion Air. En digne présentateur de la télévision d'Etat, David Pujadas aurait sabré le champagne, pendant que Yann Barthès, sur Canal +, aurait indiqué que cette compagnie était blacklistée en Europe comme aux Etats-Unis. « Sous-entendu: ces avions dont on célèbre la vente, sont promis à un bel avenir de poubelles volantes, aux mains d'une compagnie de sagouins. » Sauf que, dans le même « Petit Journal », Barthès invitait un ex-pilote qui expliquait, comme Le Point que cite la chronique, que cette compagnie, comme beaucoup d’autres, souffre du manque de supervision crédible par les autorités de son pays et qu’évidemment Airbus avait tout intérêt à assurer la fiabilité de ses pilotes en les formant. Mensonge par omission.

 

Pujadas, le speaker d'Etat, est une des têtes de turc attitrées du donneur de leçons. La plante verte préférée de Pujadas,  titre-t-il le 1er mars et pas pour célébrer son amour pour les plantes d’ornement. Il a encore l’honneur du titre avec Mélenchon et Pujadas dans les filets de la transparence . Descente en flamme du speaker – notez bien, pas journaliste. « Le dispositif de l'interrogatoire pujadien réduit toute réponse autre qu'une capitulation immédiate à une échappatoire, Imbécillité objective de ce dispositif. » Et l’imbécile, après Fillon, a voulu reprendre ce dispositif face à l’invincible Mélenchon. Il ne s’en est pas laissé compter, l’imprécateur, qui lui a retourné la question. « Embarras immédiat de Pujadas. Plaisir ineffable et stupide de voir le questionneur implacable empêtré lui-même dans les filets jetés sur le questionné. » Sauf que, et Schneidermann ne peut l’ignorer, outre que Pujadas n’est ni ministre, ni parlementaire, il ne peut s’embringuer dans un échange polémique où le vitupérateur va crier à l’agression et se déchaîner.

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

La réponse à Schneidermann apparaît vers 15'

Passons sur Mazerolle (marionnette vitupérante de BFM, piégeant Vincent Peillon, éditorialisant tellement à charge contre Carlos Ghosn que la direction était obligée de le rappeler à l'ordre, ou bien pétant les plombs en direct lors du feuilleton Fillon-Juppé) censé incarner la longévité des stars de l’audiovisuel. Mais une autre tête de turc est Patrick Cohen. Taxé de « faute professionnelle » pour avoir dit à Taddéi que, quant à lui, il n’inviterait ni Dieudonné, ni Nabe, ni Soral, ni Ramadan. « Cohen dit en fait «ce n’est pas parce que je ne les juge pas intéressants, que je leur barre l’accès au micro de France Inter. C’est parce qu’ils ont contrevenu à un dogme». Se priver d’invités intéressants parce qu’on n’est pas d’accord avec eux est, pour un journaliste payé par le contribuable, une faute professionnelle. » Tout Schneidermann, dans sa hargne, est là : il fait dire à Cohen, ce qu’il n’a pas dit avec ce langage stéréotypé  - contrevenu à un dogme : l’anti-négationnisme ? l’anti-racisme ? à quoi fait-il allusion par ce « dogme » ? – et le descend minablement avec ce « payé par le contribuable ». Et quand, Cohen, avec mesure, dans une émission assez peu suivie (« La nouvelle édition ») le remet un peu à sa place, lui il en remet une couche dans la bassesse. Ah ! Ce n’est pas lui qui irait faire amende honorable comme Demorand.

 

Faute professionnelle aussi pour Denisot : Denisot privé d'Antigone. Le présentateur du Grand journal avait invité deux proches d’otages d’AQMI. Notre inquisiteur, qui sonde les reins et les cœurs, prête à Denisot le désir sournois de faire dire à ces invités tout le mal qu’ils sont censés ressentir à l’encontre des autorités françaises. Il n’en est rien, c’est plutôt l’inverse. Mais ces deux otages auraient des biographies troubles. Autrement dit ce pourrait être des agents secrets. Et là Denisot est foutu. "C'est (…) délibérément, qu'il a choisi de ne pas évoquer lui-même le passé des deux otages. C'est délibérément, qu'il a choisi de fabriquer son émission avec un non-dit plus épais encore que d'habitude". Notons au passage le « d’habitude ». « Mais pourquoi ? Escomptait-il le spectacle traditionnel d'Antigone se dressant contre Créon-Hollande ? A-t-il au contraire délibérément mis en scène des proches crucifiés par la douleur, mais comprenant et partageant la raison d'Etat ? Questions en abîme de l'avant-soirée. Pas certain que ce soit de nature à faire remonter les audiences face à Cyril Hanouna, mais on peut toujours espérer. » Méthode imparable : quelle que soit l’arrière-pensée qu’il prête à Denisot, celui-ci est un salopard qui joue cyniquement avec des proches d’otages dans l’espoir de faire remonter l’audience face à un autre animateur d’une chaîne qui appartient aussi à … Canal + ! dans le genre languedeputte, on ne fait guère mieux.

Loin de moi, la volonté de défendre Mazerolle. Quant à la 2, je ne regardais que Delahousse, quand le samedi il y avait « Mon œil », un excellent arrêt sur images au départ, mais progressivement son auteur a pris, comme Schneidermann, la grosse tête, et son émission est devenue imbuvable. Donc Pujadas, je ne l’aperçois que dans le zapping. Si je reste fidêle au Grand journal, je veux bien admettre que Denisot n’est pas Gildas et qu’Apathie est encore plus grand donneur de leçons – je me souviens d’une récente émission où l’invité Ciotti, UMP, le regardait avec des yeux ronds, car il lui ôtait le pain de la bouche dans une attaque outrancière du gouvernement – que Schneidermann. Quant à Cohen, ne l’écoutant vers 7h, que le temps d’un petit déjeuner, avant de vaquer à d’autres occupations, je ne me lancerais pas dans une plaidoirie. Si ce n’est que sa défense, que j’ai vue dans « La nouvelle édition », était convaincante. De mon point de vue, je le souligne.

 

Non, ce qui est – pour moi – insupportable, sans doute parce que j’ai aussi tendance, dirons les mauvaises mais lucides langues, à faire de même, c’est ce ton perpétuel de donneur de leçons, en toute confraternité. En visant autant que faire se peut le Nel Obs, Libé ou Le Monde plutôt que le Figaro, la 2 plutôt que la 1… Et aussi, point commun avec Sarkozy, quand il est pris en défaut – avec Florence Cassez ce fut patent – au lieu de faire profil bas, d’en rajouter une louche ! sans parler de sa prédilection dans sa chronique matinale, quand il n’a rien à écrire, à couper en quatre le poil des sexes des anges…

 

 

* En octobre 2003, il est licencié pour « cause réelle et sérieuse » : selon la direction, un passage du livre Le Cauchemar médiatique était « attentatoire à l’entreprise pour laquelle il travaille ». Le journaliste poursuit le quotidien aux prudhommes de Paris, qui lui a donné gain de cause en mai 2005, jugement confirmé en appel en mars 2007 (Wikipedia)

 

** Exemple tout récent de parti pris, « l’éconaute » -entendez l’intervenante d’arrêt sur images sur les questions économiques – dans un long papier pour expliquer l’accord sur la sécurisation de l’emploi fait le panégyrique du camarade Filoche (vive le mélodrame où Filoche a pleuré, ça lui a valu une gloire médiatique qui lui aurait été fort utile quand un patron le poursuivait de sa vindicte et que sa hiérarchie l’enfonçait), qui, sans nuances aucune, descend en flammes ledit accord. Solliciter le point de vue de la CFDT, pour équilibrer, vous n’y pensez pas ! On invite Nabe, mais quand même pas la CFDT !

Le "journalisme d'insinuations" est vers la 15'

Post Scriptum

Schneidermann aurait-il voulu illustrer, au-delà de la caricature, jusqu’à l’abjection même, cet article qu’il n’aurait pu faire pire que dans son « 9h15 » du 15/04/13 :

« (…)  à Nantes (…), l'essayiste Caroline Fourest, venue parler mariage pour tous dans le cadre d'une réunion attrape-subventions du Nouvel Obs, a été poursuivie dans son TGV de retour par les (..) opposants [à ce mariage pour tous]. Le TGV a été retardé de quarante minutes. Fourest "harcelée, pourchassée, traquée" se lamentait ce lundi matin France Inter, la station de son ami Philippe Val*. Il faut cette fois saluer le but contre leur camp marqué par les anti-mariage gay. Parvenir à faire passer pour une victime Caroline Fourest, cette figure centrale de la domination intellectuelle d'aujourd'hui, qui a table ouverte dans toutes les radios et toutes les télévisions du service public, cela relève de l'exploit olympique.»

Une petite saloperie au passage sur le Nel Obs et une infamie totale à l’encontre de C. Fourest, déjà victime des nervis de Civitas, dont il insinue qu’elle a micro ouvert à France Inter à cause d’une amitié avec Val et qui, pour participer à quelques émissions de débats devient « une figure centrale de la domination intellectuelle » variante sans doute de la pensée unique et autres clichés. Sa conception de la laïcité – tout en se détachant, avec courage et au prix là aussi de torrents d’insultes, des outrances xénophobes de « riposte prétendue laïque »** - je ne la partage pas. Pour autant la lâcheté insigne de ses agresseurs mérite d'être dénoncée. Et il faut être solidaire de C. Fourest victime de ces lâches.

 

* Elle a soutenu Val quand il a publié les fameuses caricatures danoises dans Charlie

** Voir l'article Fourest du Bêtisier laïciste (et ce n'est qu'un échantillon)

 

  

Partager cet article

Présentation

  • : Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • Deblog Notes de J. F. LAUNAY
  • : Education, laïcité, politique et humeurs personnelles, en essayant de ne pas trop se prendre au sérieux.
  • Contact

Nota Bene

Le deblog-notes, même si les articles "politiques" dominent, essaie de ne pas s'y limiter, avec aussi le reflet de lectures (rubrique MLF tenue le plus souvent par MFL), des découvertes d'artistes ou dessinateurs le plus souvent érotiques, des contributions aux tonalités diverses,etc. Pour les articles que je rédige, ils donnent un point de vue : les commentaires sont les bienvenus, mais je me donne bien sûr le droit d'y répondre.

Recherche

Nelle Formule

Overblog - hébergeur du deblog-notes - a réussi l'exploit de lancer une nouvelle formule qui fait perdre des fonctions essentielles de la version précédente. Ainsi des liens vers des sites extérieurs disparaissent (désolé pour  Koppera, cabinet de curiosités, ..). Les albums se sont transformés en diaporamas, avec des cadrages coupeurs de têtes. La gestion des abonnés et des commentaires est aussi transparente que le patrimoine de Copé. Et toutes les fonctions de suivi du deblog-notes - statistiques notamment - sont appauvries.

 

 

Créer un blog gratuit sur overblog.com - Contact - CGU -
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest