18 juin 2013 2 18 /06 /juin /2013 17:03

Editions Offset Cinq

Un grand cahier à spirales, format à l’italienne,  découverte de MF, un dimanche à Luçon. Une quinzaine d’écrivains et artistes proposaient leurs œuvres en auto-édition, sous l’égide de la librairie Arcadie. Dont, Henry-Pierre Troussicot, : au printemps et été 2004, il parcourt l’Ouest de la province de Soria, au cœur de la Vieille Castille. Le Duero y prend sa source. Avec ses carnets, sa palette, son siège pliant, l’aquarelliste va parcourir la région d’El Burgo de Osma.

Les quelques aquarelles présentées, arbitrairement choisies, vous donneront peut être envie de découvrir ces « devoirs de vacances ».

Campos de Castilla

El Burgo de osma : catedral

Setos de Burgo

Fuentecantales

Cubillos (maison "pinariega")

"Caminante son tus buellas/el camino, y nada mas..." Antonio Machado

"Sobre los agrios campos caia un sol de fuego;" Antonio Machado

Henry-Pierre TROUSSICOT

Né en 1943 à Saint-Georges de Pointindoux en Vendée, vit et travaille à La Roche sur Yon.

Aquarelliste, peintre, graveur.

Autodidacte, fidèle à une tradition picturale figurative actuelle dans l’esprit du mouvement de la jeune peinture des années 1950.

Je crois savoir pourquoi, à certains moments, l'envie irrésistible me prends de « partir faire une aquarelle ». C'est un besoin, c'est une nécessité.
Ces heures sont des instants privilégiés de communion avec le sujet. Le spectateur devient interprète de la nature, l'herbe, la pierre, le nuage, le vent, la mer...tout parle, se justifie, se livre avec réticence ou complicité.
L'indigo se fait ombre, les ocres et les rouges deviennent murs et tuiles, les émeraudes se fondent aux sépias des haies et le céruléum brosse les ciels en y accrochant des lumières qui vont sur la mer se refléter dans des nuances de gris-vert.

L'aquarelle m'offre l'occasion de promenades sans cesse renouvelées, de solitudes vitales et de méditations primaires et inconscientes.

Et puis, je crois aussi que, de temps en temps, elle me permet de mettre en carton quelques coins de campagne, de village ou de dune que le temps ou la marche de l'homme vont effacer de nos horizons et de nos mémoires...

Henry Pierre TROUSSICOT

 

 Contact : http://www.artmajeur.com/fr/artist/hptroussicot/contact

 

PS Les commentaires sont de son fils Frédéric Troussicot

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 21:51

Le pape François, dont il ne faut pas évoquer la passivité (au mieux) ou la complicité (au pire) du temps de Videla et consorts, se révèle comme la réincarnation de Pie X*. L’aggiornamento de Vatican 2, n’a été, en fait, qu’un bref coin de ciel bleu. La prétention de la hiérarchie catholique à faire passer ses dogmes pour lois générales se réaffirme. Les ténèbres du cléricalisme plombent à nouveau le ciel catholique. Mais, devenus Gramsciens, les prélats sont en train de gagner la bataille de l’hégémonie culturelle.

 

Pas de malentendu : qu’une religion demande à ses fidèles de se conformer à des règles et interdits, n’intéresse qu’elle et ses adeptes. Sous réserve toutefois que ses préceptes ne soient pas contraires à la loi et que leur observation ne se fasse pas par la contrainte. Ce que réclament de courageux laïques, au Maroc et en Algérie notamment, luttant contre l’obligation de fait du jeûne du ramadan. Que les catholiques considèrent leur sacrement du mariage comme indissoluble, refusent l’utilisation de moyens contraceptifs et a fortiori de l’IVG, etc. ne concerne qu’eux. Mais ces choix qu’ils font, ils n’ont pas à les imposer aux autres.

Le cléricalisme, c’est justement cela : cette intrusion constante du clergé dans le domaine temporel et plus spécialement dans le domaine politique. Cette volonté de tenter de bloquer toute réforme sociétale que les prélats et leurs sbires jugent non conforme à leur charia, à leurs dogmes. Cette obstination à vouloir « subordonner la société civile à la société religieuse, à vouloir étendre à la société politique les règles et méthodes de cette Église, à utiliser des armes spirituelles à des fins temporelles, à se servir du pouvoir politique pour imposer sa vision morale, individuelle ou collective » (Marc Ferro)

Le pape et des parlementaires français

L’audience accordée par le pape François à 45 parlementaires français est en quelque sorte la revendication affirmée de cette intrusion. Après un propos, que je n’ose qualifier de papelard, sur la laïcité il déclare : « L’Église désire ainsi apporter sa contribution spécifique sur des questions profondes qui engagent une vision plus complète de la personne et de son destin, de la société et de son destin. Cette contribution ne se situe pas uniquement dans le domaine anthropologique ou sociétal, mais aussi dans les domaines politique, économique et culturel. » « Votre tâche est certes technique et juridique, consistant à proposer des lois, à les amender ou même à les abroger. Il vous est aussi nécessaire de leur insuffler un supplément, un esprit, une âme dirais-je, qui ne reflète pas uniquement les modes et les idées du moment, mais qui leur apporte l’indispensable qualité qui élève et anoblit la personne humaine. »

"Monseigneur" Batut

Oh, qu’en termes choisis, ces choses-là sont dites. Mais parler de contribution s’agissant de prises de positions intransigeantes du style « l'adoption du projet de loi serait un grave recul anthropologique »,  en prétendant être le mieux à même d’«éclairer les consciences, dissiper les confusions, et formuler le plus clairement les enjeux », comme l’a fait l’épiscopat français, est, peut-être, un peu jésuitique.

Lecture symptomale d’un satanique athée ? Lisez donc un Monseigneur Batut, épinglé il y a peu par Le Canard Enchaîné : « Que faire maintenant que la loi est votée et entérinée par le Conseil constitutionnel ? (…) Nous souvenir d’abord, comme le rappelait Jean-Paul II dans son encyclique sur l’évangile de la vie, qu’« une loi injuste n’est pas une loi » Il n’y a pas plus injuste que la loi qui vient de détruire le mariage : ce n’est donc pas une loi, et ses dispositions n’obligeront jamais personne… ». Il est vrai que ce personnage est l’adjoint de Barbarin.

Parlementaires français offrant leur cadeau au pape

Nous sommes donc loin de l’innocente contribution du saint-père. Mais, cette brutale et insupportable intrusion des prélats sur le mariage pour tous – aidée, il est vrai, par les cyniques de l’UMP - a réussi à repousser tout débat démocratique serein sur la PMA et la GPA. En ce sens le vote de la loi sur le mariage de personnes de même sexe est une victoire à la Pyrrhus. Le droit de mourir dans la dignité va être, si l’on peut dire, enterré. L’offensive anti IVG est relancée avec la prétention cléricale de décider que l’embryon est un être humain. Avec à nouveau la complicité cynique de Copé et sa clique, une proposition de loi des radicaux de gauche, fort prudente, sur l’utilisation pour la recherche scientifique des embryons in vitro a été bloquée. Les études de genre sont encore et toujours dans le collimateur de M. Vingt-Trois. Et même Peillon se fait prendre aux arguties mensongères du prélat.

Antonio Gramsci

Il serait peut-être temps que les vrais laïques se réveillent. Certes, baby loup… certes, le fichu dit voile islamique à interdire urbi et orbi… mais, pendant ce temps-là les intégristes de nos fameuses racines ont lu Gramsci et sont en train, si nous continuons de nous battre sur les terrains vagues d’une prétendue menace islamiste**, de gagner la bataille de l’hégémonie culturelle.

 

* Pape qui condamna la Loi de 1905 dans l'encyclique Gravissimo Officii Munere (10 août), que Mgr Louis Duchesne baptise malicieusement « Digitus in oculo » (« doigt dans l'œil »). Le pape y affirme alors que la « loi [...], en brisant violemment les liens séculaires par lesquels [la] nation [française] était unie au siège apostolique, crée à l'Église catholique, en France, une situation indigne d'elle et lamentable à jamais » (Wikipedia). Alors que la loi de séparation entre l’Eglise et l’Etat, grâce à l’entregent et à la clairvoyance d’Aristide Briand, n’avait rien d’un couperet anticlérical mais constituait un bon équilibre, dont se félicitent aujourd’hui in petto les évêques.

 

** Entendons bien, il ne s’agit pas de nier les menaces terroristes, style Merah, mais d’affirmer que l’équation musulman=islamiste=terroriste est xénophobe.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 22:28

Maîtres Temime et Dupont-Moretti au "Grand Journal" 12/06/13

Avec la mise en examen de Stéphane Richard, ex-directeur de cabinet de Christine Lagarde, l’affaire de l’arbitrage en faveur de Tapie se poursuit. Occasion pour le Grand Journal de Canal + d’inviter deux avocats de Tapie, Maîtres Témime et Dupont-Moretti. Grand Journal dirigé non par Denisot, mais par Ali Baddou.

 

Après, comment ils disent au Parti de gauche déjà ? un "salopard" ?, disons un "salaud", évidemment au sens sartrien du mot, Clément Weill-Raynal*, on a eu droit dans l’honni Grand Journal, à un magnifique numéro d’avocats avec, en particulier, Maître Dupont-Moretti.

 

Dire que l’on s’est désolé de le voir agresser Aphatie serait être un peu faux-cul. Mais si Aphatie ne possédait pas son dossier – il tranche de tout avec faconde sans trop creuser les sujets – Maître Dupont-Moretti maniait la mauvaise foi avec une maestria admirable. Tout-à-fait légitimement d’ailleurs. C’est son boulot d’avocat.

 

Grand numéro : le gentil Ali Baddou – qui l’avait reçu précédemment dans son émission du midi « La nouvelle édition » - accuse-t-il son confrère et lui de « noyer le poisson », il lâche les vannes. Indignation sursurjouée (« C’est n’importe quoi, avec vos qualificatifs »), accusation « d’avoir été les procureurs » de leur confrère Weill-Raynal, rappel, fort bienvenu au demeurant, de la présomption d’innocence, rapprochement avec le réquisitoire du procureur de Lille pour un non-lieu pour DSK, et victimisation du pôvre Tapie démoli tous les jours dans la presse. Peut-être pas quand même dans La Provence ou Corse-Matin ! Suivi d’une attaque contre « M. Mediapart », accusé au passage d’utiliser des « écoutes téléphoniques illégales » (affaire Cahuzac ? ou Bettencourt-Woerth ? mais là ce ne sont pas des écoutes téléphoniques).

 

Mais son numéro sublime a été, s’agissant des liens entre un des trois juges-arbitres et l’avocat de Tapie dans l’arbitrage, son « mais moi je plaide devant des juges que je connais et je connais plus de magistrats que vous, M. Aphatie ». Mauvaise foi complète, évidente, qu’Aphatie, plus à l’aise justement dans les accusations péremptoires que dans l’échange, complétement tétanisé, n’a pas relevé. Bien sûr, que les avocats connaissent les juges et les membres du parquet, et inversement. Mais connaissance et connivence ne sont pas synonymes. C’est de cela qu’il est question, cher Maître, et vous le savez.

 

Grand morceau de bravoure encore, quand Dupont-Moretti a affirmé que dans l’affaire Adidas, le Crédit Lyonnais avait volé, floué Bernard Tapie. « Toutes les juridictions ont donné tort au Crédit Lyonnais ». Là encore, Aphatie, toujours tétanisé, ne lui a pas rétorqué : pourquoi, alors, faire appel à cette procédure arbitrale si la procédure normale, qui arrivait à son terme, donnait raison à Tapie ?

 

Présomption d’innocence (que j’ai trop évoquée, s’agissant justement de DSK) oblige et respect du rôle de l’avocat qui a le droit absolu d’utiliser tous les moyens de défense qu’il juge utiles pour son client, je ne reprocherai à Maître Dupont-Moretti qu’une agressivité exagérée à l’encontre d’Ali Baddou qui lui mettait sous le nez une déclaration de Tapie au JDD. Ce fut son confrère Temime qui s’en tira par une pirouette, en laissant entendre que l’innocent Tapie s’était fait piéger dans un entretien téléphonique.

 

Ce « Grand journal », si vilipendé en ce moment, aura au moins fourni ce grand moment où l’avocat remonté comme une pendule atomise un procureur, Aphatie, pas assez au fait du dossier.

 

* Ce soi-disant journaliste de FR3 avait filmé clandestinement le fameux « mur des cons » pour le refiler à un site de droite Atlantico

 

Pour ceux qui n'ont pas tout suivi de cette affaire Tapie, un résumé en images animées.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 19:25

Comme je l’avais déploré dès la “migration”, le nouvel over-blog a causé beaucoup de dégâts.

 

J’ai donc essayé de replâtrer les albums qui étaient devenus très difficilement visibles (personnages décapités et sans pieds, pour les chromos historiques par exemple).

Une possibilité a été offerte de présenter les images à la queue leu leu.  Tous les albums, sauf Indiscrétions*, ont donc subi cette modification. Cela donne un alignement de dessins ou photos pas très esthétique. Cependant on peut cliquer sur chaque image pour avoir, en principe, la taille d’origine. Mais, les images sont mis dans un ordre aléatoire.(Départements et Atlas, par exemple) voire évangéliquement inversé pour les chromos historiques.

 

Pour compléter, dans certains cas, un diaporama a été refait, avec en supplément le sigle du site en ligne qui a permis de le réaliser. Sous les images pour L’assiette au beurre, Lavratte, dans des articles pour Camping, Alexandre Szekely, le magyar paillard et Fredillo.

 

La fabrication d’un diaporama sera plus difficile pour des albums formés à partir d’une sélection de photos dans un dossier voire de plusieurs dossiers.

 

* Indiscrétions repose sur un jeu de deux images, dans un total désordre ça n'a plus aucun sens

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 14:54

Oierre Mauroy au Congrès de Metz

Pierre Mauroy, c'était une voix, une voix grave, profonde et modulée, avec du coffre, du volume. Voix qui s'enflait, mais qui savait aussi prendre le ton de la confidence.

Un orateur, un vrai. 

 

C'est en tant que tel que j'ai eu l'occasion de la photographier à Louviers, ville ô combien chère à tous ceux qui ont admiré Mendès-France. Il venait y soutenir la candidature de François Loncle, le 25 janvier 1978. Il y a 35 ans. Il avait à peine 50 ans. Je l'ai revu au fameux Congrès de Metz qui a vu, grâce à Deferre, sa défaite avec celle de Michel Rocard auquel il s'était allié.

Puis il fut le 1er Premier ministre socialiste de 5e République...

Du temps du "programme commun" !

Dernier salut à ce grand camarade, persévérant défenseur de la recherche de la synthèse, de ce qui unit contre ceux qui divisent.

 

A lire :

Le témoignage de Pascal Lamy avec qui j'ai mené campagne dans le canton d'Ecos pour l'élection de Suzanne Deschaux-Beaume (1979)...

Celui de Jacques Delors bien sûr et l'entretien de Robert Badinter au Nel Obs

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 17:30

Ouvrage singulier que  cette édition bilingue des Sonetos votivos (Exvotos éroticos) de Tomás Segovia. Bilingue et trimétrique, si l’on permet ce néologisme, puisque les 50 sonetos de onze syllabes, pratiquement inusités dans la poésie française, sont doublement traduits en décasyllabes et alexandrins.  Cette contrainte formelle oblige les traducteurs, non pas à la trahison, mais à la transposition.

 

Traduction-transposition faite en plein accord avec l’auteur, bilingue lui-même puisqu’il avait fait une grande partie de ses études d’abord au lycée français de Madrid, puis à Paris et au Maroc côté protectorat français. Segovia n’ignorait rien des affres du traducteur puisqu’il fut accusé d’avoir trahi Lacan dans sa traduction des « Ecrits ». Il aimait la difficulté puisqu’il traduisit aussi Foucauld ou Derrida.

 

Autre singularité, cet exercice « technique, ludique et poétique » a été mené par quatre versificateurs – que dis-je ? poètes aussi - les vingt premiers par Jean-Jacques Pécassou et Louis Panabière, les trente derniers par Thomas Barège et Bernard Sicot. Bernard Sicot qui s’était déjà lancé dans ce difficile exercice de traduction en vers de Variations sur thème mexicain d’un autre exilé espagnol Luis Cernuda, ainsi que le Journal de Djelfa de Max Aub.

 

Rareté aussi – même si Victor Hugo, entre autres, a été un étonnant dessinateur – Tomás Segovia illustre trois poèmes de ses propres lithographies.

 

Quelques exemples montreront comment les contraintes que se sont données les auteurs – de nombre de syllabes selon les règles classiques, de rimes et pour l’alexandrin de césure médiane – amènent à deux versions légèrement divergentes du même texte :

 

Sin piedad empuňado y sacudido,

tu cuerpo gime, implora y desvaría

en el alto voltage de agonía

por mis dedos y labios inducido.

 

Sans piété empoigné et secoué,

Ton corps implore, délire et gémit

Sous le haut voltage de l’agonie

Par mes doigts et mes lèvres généré.

 

Sans aucune pitié empoigné et secoué,

Ton corps en gémissant, en implorant divague

Soumis à l’agonie du plus haut des voltages

Que mes lèvres et mes doigts lui ont communiqué.

Lithographie de T. Ségovia

Entre los tibios muslos te palpita

un negro corazón febril y hendido

de remoto y sonámbulo latido

que entre oscuras raíces se suscita ;

 

Entre tes cuisses tièdes, il palpite

Un cœur noir, profond, fébrile et parti,

Somnanbule au battement amorti

Par d’obscures racines qui l’abritent ;

 

Entre tes cuisses tièdes en sourdine palpite

Un cœur noir plein de fièvre et du déchirement

D’un ancien somnabule et vague battement

Qui d’obscures racines lui-même se suscite.

y ofrecias sensual a mi porfía

la masa de las nalgas prodigiosa,

guiando mi mano hacia tu pubis rubio.

 

Et tu offrais, sensuelle, à mon assaut

La masse de tes fesses prodigieuse,

Guidant ma main vers ton pubis doré.

 

Et tu offrais sensuellement à mes efforts

La masse prodigieuse et dense de tes fesses

En conduisant ma main vers ton chaud pubis blond.

De tu cuerpo arqueado de honda loba

penden tus pechos niňos, indefensa

su desnudez bajo la sombra immensa

de estaverdad abismalmente proba.

 

De ton corps arqué de louve rebelle

Pendent tes petits seins, et sans défense

Se tient leur nudité sous l’ombre immense

D’une probité abyssale et réelle.

 

De l’arc formé par ton corps de louve profonde

Pendent tes seins petits, offerts et sans défense

Dans leur totale nudité sous l’ombre immense

De cette vérité abyssalement probe.

4ème de couverture

Sonnets votifs - Sonetos votivos
Ex-votos érotiques/exvotos eroticos


Tomàs Segovia

Tomás Segovia a très tôt attiré l’attention par sa façon d’aborder une thématique gênante pour la poésie en langue espagnole : l’érotisme. Non seulement parce qu’il le faisait d’une manière subtile, sans la misogynie en usage, au-delà du lieu commun et de la provocation, mais parce qu’il le faisait de l’intérieur même du langage, en incarnant l’expérience dans des mots. L’amour – ou l’une de ses particularités : l’érotisme – peut parfaitement constituer un axe thématique servant à saisir sa poésie lyrique, à l’ordonner, à composer des anthologies. C’est l’objet de ce livre, un sommet de la poésie amoureuse contemporaine. Dans les années 1970, les vingt premiers sonnets furent traduits en décasyllabes par Jean-Jacques Pécassou et en alexandrins par Louis Panabière, tous deux amis du poète. Le projet de publication n’ayant pu se concrétiser, Tomás Segovia confia en 2010 à Bernard Sicot et à Thomas Barège la traduction des trente sonnets suivants dans les mètres choisis par les premiers traducteurs. Au regard des hendécasyllabes originaux, cette poursuite de l’exercice de double traduction, conforme aux voeux de l’auteur, conserve à l’entreprise initiale son triple aspect, technique, ludique et poétique. Tomás Segovia (Valencia 1927 - Mexico 2011) et sa famille ont connu l’exil au Mexique après la guerre civile espagnole. Traducteur, essayiste, narrateur mais surtout poète de renommée internationale, publié à la fois au Mexique et en Espagne, traduit en plusieurs langues, il est titulaire des prix Octavio Paz (2000), Juan Rulfo (2005) et Federico García Lorca (2008).


Texte bilingue français / espagnol


Traduction de l’espagnol par Thomas Barège (maître de conférences, Université de Valenciennes), Louis Panabière († professeur, Université de Perpignan), Jean-Jacques Pécassou (professeur d’espagnol, ex-chargé de cours à l’Université de Toulouse-Le Mirail) et Bernard Sicot (professeur émérite, Université Paris Ouest).

 

Riveneuve éditions 12 € (peut être commandé par Internet à http://riveneuve.com/)

Tomàs Segovia

Diego Rivera

Un des sonnets.

 

XXVIII

 

 

Nunca estoy más fundido con tu vida,

más en la honda ruta en que perdido

sigo tu más recóndito latido,

que si cedes la grupa estremecida,

 

y en esa estrechez trémula y ceñida,

paciente, cuidadoso, conmovido,

me abro paso a tu túnel guarecido

mientras toda tú anhelas suspendida.

 

Y estoy entero en ese extremo mío

bajo tierra en tu fiebre sepultado,

semilla henchida de tu paroxismo;

 

y aguardo la avenida de tu río,

en tu mina más tórrida clavado,

vivo en el epicentro de tu sismo.

 

Je ne suis point dans ta vie plus ancré,

Plus sur la profonde route où, perdu,

Je suis ton battement le plus reclus,

Que si tu cèdes, la croupe ébranlée ;

 

Dans la tremblante étroitesse serrée,

Patient, attentionné aussi, ému,

Alors que tout ton souffle est suspendu

J’avance dans ton tunnel protégé.

 

Et je suis entier en mon logement

Sous la terre, inhumé dans ton frisson,

Semence gavée de ton paroxysme ;

 

Et je guette la crue de ton torrent,

Cloué dans ton plus torride filon,

Je vis à l’épicentre ton séisme.

                (TB)

 

Jamais je ne me sens plus fondu à ta vie,

Plus perdu sur la profonde route où chercher

Ton battement le plus secret, le plus caché,

Que lorsque tu me cèdes ta croupe qui frémit,

 

Et que ceint d’étroitesse et de ton tremblement,

Patient, précautionneux, saisi par l’émotion,

Je m’ouvre ton tunnel bravant sa protection

Pendant que tout ton être pris de désir attend.

 

C’est mon refuge extrême où je vis tout entier,

Tout entier sous la terre en ta fièvre inhumé,

Semence que tu gonfles au feu du paroxysme ;

 

Et j’attends la venue de ton fleuve gorgé,

Là où, cloué dans ta mine la plus torride,

Je vis à l’épicentre au plus fort séisme.

                                                              (BS)

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 19:41

« Quel souk ! » : exclamation typique de parents devant la chambre de leur ado. Mais, contrairement à l’apparence le souk hebdomadaire est rigoureusement ordonné. Tout autant que l’étaient nos marchés ruraux d’autrefois avec les rangées de barres pour attacher les bovins et le regroupement des stands et étals par activités. Si désordre il y avait, c’était les goulots d’étranglement provoqués par les chalands qui bloquaient les allées pour tailler une bavette.

« Quel souk !» : exclamation toujours admirative quand on redécouvre celui d’Azrou, le plus beau du Moyen-Atlas. J’entends les Khnifri protester que celui de Khenifra mériterait la palme. Que nenni répond l’azrioui d’adoption avec chauvinisme.

Photo M. Fabre

Le plus spectaculaire est, sans aucun doute, le marché aux bestiaux, ici ovins essentiellement. Certes pas de maquignons en longues blouses noires, armés de leurs longs bâtons, du marché douécin d’un passé hélas très lointain. Mais les échanges quasi muets entre acheteur et vendeur sont tout aussi codés. Et les moutons, têtes comme emboîtées les unes dans les autres, n’ont pas besoin de barres pour être parfaitement rangés.

Le plus coloré est certainement le marché aux fruits et légumes. Maticha, p’tata, mechméch, banân, friz, khizzo, bsla, etc. s’offrent aux acheteurs. Les pastèques sont énormes et les melons verts délicieux. Mais les cerises, victimes d’un printemps pourri, ne sont pas au rendez-vous. Olives et amandes, épices variées, forment des tableaux plus nuancés.

Les volaillers eux sont à un autre bout du souk, poulets sur pied (ou plutôt ergots) qui seront plumés et vidés sur place.

Photo M. Fabre

Les tapis, hélas, sont de moins en moins nombreux. Quant aux bijoux anciens n’en parlons même pas.

En revanche, on trouve de tout au souk : chaussures à son pied, caftans, gandoura, mais surtout vêtements et sous-vêtements modernes, couvertures, valises, tentures, cocottes-minute et batterie de cuisine, vaisselle, PQ et lessives, outils, etc. Et même un lit et autres meubles. Liste non exhaustive loin s’en faut, puisque l’on y a même découvert des vendeurs à la sauvette de modèles réduits de voitures et camions, téléguidés ou pas.

Si les carrioles à bras assurent toujours les transports dans les allées les plus étroites, les bourricots ont été supplantés par des tricycles motorisés. Et quand les marchands de bestiaux ont fait leurs achats, ils n’hésitent pas à lancer leurs camions dans les allées, provoquant une telle pagaille que l’on peut, à bon droit, s’exclamer : « Quel souk ! »

Mardi 14 mai AZROU

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 18:19

"vous les avez enrégimentés dans vos croisades d’un autre âge"

Vous les avez traînés de dimanche en dimanche, dans les jupes de maman, sur les épaules de papa. Vous leur avez appris à répéter comme des perroquets les slogans de vos manifs, vous les avez enrégimentés dans vos croisades d’un autre âge, vous les avez gavés de vos morales familiales et des radotages du presbytère, vous leur avez inculqué vos ataviques préjugés et vos phobies héréditaires. En vérité qu’avez-vous fait de ces enfants ? Qu’avez-vous fait de nos gentils galopins qui tiraient les sonnettes des voisins et les tresses des filles, des gamins toujours prêts à se bagarrer avec les garnements d’un autre quartier, des polissons qui dénichaient des nids dans leurs rondes buissonnières et même des enfants de chœur qui sirotaient le vin de messe à la barbe du curé ? Qu’avez-vous fait des charmants titis de Mick Micheyl, des petits poulbots aux yeux écarquillés de nos fêtes foraines, des copains de Jean-Pierre Léaud rêvant, devant les cinémas, aux rondeurs de Sophia Loren ? Qu’avez-vous fait des écoliers de Doisneau, des Gavroche de Victor Hugo, du Momo de Romain Gary, de la Zazie de Raymond Queneau ? Oui vraiment, tristes cagots, qu’avez-vous fait de nos enfances, de vos marmots ?

 

Yoland le mécréant.

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 16:10

« Si tu veux calmer un arabe qui te pète les couilles, tu l’emmènes discrètement dans ta voiture et tu lui mets de grandes claques. Impossible de le faire dans la rue, parce qu’on peut te filmer avec un téléphone et après tu auras 1 milliard de musulmans sur le dos !

Ce sont des couillons !

Ce sont des couillons ! »

 

Le tout hurlé ! Et pas du second degré. C’est, en 2006, un sketch, qui apparemment laisse les spectateurs pantois plutôt qu’hilares, de Beppe Grillo, clown sinistre ! Cette séquence est tirée d’un reportage intitulé « Qui est vraiment Beppe Grillo ? », présenté dans Dimanche + !

Dans les séquences où on le voit, il semble ne savoir faire que ça, crier, beugler, vociférer, en bref gueuler ! Mélenchon, à côté, peut se rhabiller. Même si sa thématique du coup de balai rejoint celle de l’italien. « Ces politiques qui vont à la télé avec leurs faces de cons, qu’ils s’en aillent tous ! ». A noter que lui, Grillo, s’il vilipende avec la même outrance les « médiacrates » et autres journalistes, ne court pas, comme notre tribun national, les studios pour dire à des journalistes masochistes tout le mal qu’il pense d’eux. Grillo ne met pas les pieds à la Télé. Ni à la radio. N’accorde pas d’entretien. Et interdit même à ses élus de s’adresser à la presse. On voit, un contrevenant, tout marri, se faire exclure par SMS ! Elus qui ont d’ailleurs l’air tout déboussolé. Car le discours aux accents libertaires cache un autoritarisme fort peu démocratique.

Et derrière Grillo, la grande gueule, se cache un gourou, Gianroberto Casaleggio, 58 ans, au look de vieux baba cool qui aurait gardé sa chevelure des années Woodstock.  Il fait dans l’Internet et l’édition, mais ses affaires sont tout sauf  transparentes.

Son livre de chevet serait « Thriving on chaos, manuel de management de la révolution » d’un certain Tom Peters (Le chaos management, Dunod, Paris, 1988). Et son idéologie est une lointaine resucée du complot judéo-maçonnique tristement en vogue dans les années 30. Sauf que là, si les Francs-maçons sont toujours visés, les religions dans leur ensemble et la finance sont les agents de ce complot. Bizarrement ce triptyque vient percuter une étude menée en France par une think thank britannique qui étudie le populisme à partir de l’adhésion aux théories conspirationnistes. Et, pour ses adeptes, on retrouve les francs-maçons, les groupes religieux et surtout la finance internationale pour tirer les ficelles*.

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Le reportages sur Grillo se situe vers la 16e minute (après un sketch de Bayrou qui joue au méchant avec la journaliste)

Beppe et Gianroberto, racistes, populistes, complotistes, faute d’avoir su utiliser leur capital de voix et d’élus – en le stérilisant, ils ont juste concouru à remettre leur concurrent en populisme, Berlusconi, en piste – vont sans doute n’avoir que le destin d’un Poujade. Mais savoir que la moitié des suffrages en Italie s’est porté sur les partis populistes fait peur, très peur !

 

 

 

* L’étude complète sur le site britannique est bourrée de graphes assez difficile à déchiffrer pour les non initiés. De la synthèse qu’en a tiré Le Monde, avec un article papier (04/05/13) et sur le site, qui se complètent plus qu’ils ne se recoupent,  il ressort que 51 % des français adhèrent à cette théorie. Mais selon leurs votes aux présidentielles, les proportions diffèrent. Ainsi, ils ne sont que 35% chez les électeurs de Hollande, mais 72% chez ceux de Le Pen suivi de ceux de Mélenchon à 56 %.

  

Pour les conspirationnistes, c’est d’abord et de loin la finance internationale (75%) qui tire les ficelles, suivie d’autres pays qui cherchent à nous dominer 44%, les groupes secrets style Francs-maçons, malgré les efforts des hebdos et en particulier de L’Express, et les groupes religieux sont loin derrière (27 et 20%).

Reste un paradoxe, les médias (télés, presse écrite) sont crédités de 45%, alors qu’ils sont présentés comme manipulés (assujettis à la « pensée unique », la « bienpensance » d’un côté, peuplés de journalistes « tous de gauche » de l’autre). On aurait donc des marionnettes qui tireraient les ficelles des marionnettistes qui les manipulent. De quoi se prendre les pieds dans les ficelles.

Les enfants de Marine sont un tiers à soupçonner des groupes religieux (mais le pluriel est sans doute de trop). Qu’il soit encore un peu plus à se méfier des francmacs ne surprend pas trop, mais qu’il y en ait 31% chez les mélenchonnistes étonne.

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 18:21

Claude ALLEGRE un spécialiste du mur du çon

Xavier DARCOS ou le saboteur de l'Education nationale

Michel CHARASSE, bienfaiteur de l'école privée

Il est étonnant, alors que les noms d’oiseaux fusent – salopard, salaud (évidemment au sens sartrien) pour en prendre deux qui eurent leur heure de gloire dans la bouche d’un imprécateur – de voir les réactions indignées des affichés sur le mur défouloir du S. M. !

 

Entendre un Georges Fenech dire que le fameux mur des cons « est tout bonnement l’expression d’une forme de politisation de la justice » fait ricaner ! Car ce Fenech, UMP grand teint, fut Président d’une Association professionnelle des magistrats, fondée en 1981… contre la gauche. Un certain Garraud ex-député UMP, redevenu magistrat, se sentait des « convictions communes » avec le F-Haine !  Mais comme le fait remarquer Franck Johannès, « le juge rouge fait peur, pas le bleu ou le brun ».

 

Essayer de compléter l’œuvre des syndicalistes bolcheviks – voire pire – relève des travaux d’Hercule. L’actualité nous offre chaque jour des cas flagrants de çonnerie. Rachida Dati, la reine du champ de bataille déserté, Claude Guéant, ses croûtes et ses primes au black, Copé qui renonce, pour la 2e fois, à son boulot d’avocat…

 

Mais j’ai voulu m’en tenir à des valeurs sûres et si j’ose dire con-sacrées. Claude Allègre, bien sûr, pour l’ensemble de son œuvre, Michel Charasse ce grand laïque qui a fait un magnifique cadeau à l’école privée, mais j’ai voulu y ajouter un Darcos qui, sans concertation aucune – et sans que ça provoque une franche levée de banderoles syndicales – a décrété la semaine de 4 jours…

 

Rien d’exhaustif, vous le voyez… Vos suggestions sont attendues.

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