Lundi 6 juillet 2009

Marronnier de l'été dans les magazines féminins les « conseils minceur ». Marie-Claire, dans sa livraison de Juillet se surpasse avec son programme detox écrit dans une sorte de sabir scientifico-anglosaxon, avec une once d'affèterie.


Or donc ce programme Minceur détox va gommer une année de stress et d'excès de junk-food !

1er conseil : buvez de l'eau, car amputer vos réserves hydriques de 2 % suffit à provoquer des coups de pompe ; il est vrai qu'il y a des coups de pompe au derche qui se perdent quand on lit ce charabia qui se croit précieux, avec ce pauvre verbe amputer utilisé à contre-emploi...


2e conseil : mastiquez. Et là un certain A. Cocaul, nutritionniste nous dit tout le mal qu'il faut penser du mou et du petit (pour le petit je serais assez d'accord) : En effet, à calories égales, le mou et les aliments petit format (pâtes, pain de mie, riz, couscous...) font plus grossir que les durs. La raison ? On en oublie la mastication, pourtant indispensable [...] ces aliments perturbent les signaux de satiété, qui ont besoin de 20 min pour se mettre en place.» Il faut donc opter pour des aliments aux index masticatoires (IM) élevés (M'sieu le boucher, avez-vous un steak à IM élevé ?). Sans oublier de poser vos couverts toutes les trois bouchées pour ralentir.



Viennent ensuite les Recettes de smoothies détox pour un été en pleine forme. Délicieux, ils ont des vertus à la carte. A mixer au blender. Le premier est un « Passeport vie en rose » : ce nectar est un concentré en précurseurs de la sérotonine - neurotransmetteur qui gouverne nos émotions - en magnésium et en vitamine B6, l'un boostant l'autre.

Bien sûr, il y a ces aliments anti-âge, à utiliser sans modération cet été dans votre programme détox. Ainsi ce Parasol anti-radicalaire : Pour ambrer votre peau sans la brûler et prévenir les dégâts, avalez un bouclier de caroténoïdes et de vitamines A, C, E, des végétaux rouges, orange, vert foncé et jaunes. La vitamine A met un starter à la sécrétion de mélanine, surtout quand on sait que notre stock interne flanche de 15 % chaque décennie (ce flanche doit faire plus riche que diminue, baisse, mais est complètement impropre).N'oubliez pas l'Effet pulp (à prononcer poulpe ?) : Les lycopènes de la tomate nourrissent et densifient les fibres de collagène. A consommer cuite avec un filet d'huile, car les lipides chauds boostent ses vertus. Et surtout, ne négligez pas les légumes et les fruits bleus, violets et rouge foncé (aubergine, myrtille, cassis, framboise, prune, raisin), ainsi que les épinards, l'oseille et le jaune d'œuf car leurs flavonoïdes protègent les yeux de l'opacification du cristallin, susceptible d'évoluer en cataracte, et le duo zéaxanthine-lutéine ménage la rétine (et qui veut voir loin, ménage sa rétine ! mais là encore dans leur verbiage ampoulé les auteures écrivent pour ne rien dire : il ferait beau que nos fruits bleus ne ménagent pas la rétine).


Il faut bien dormir car la plupart de nos hormones réajustent (sic) leurs réserves durant la phase de sommeil lent profond, d'où l'importance de se tracer un plan de vol première classe (vol de nuit). Pour commencer une Chambre zéro onde : exit tout arsenal geek-électronico-vidéo bourré de câbles parasites, surtout près du lit. Les champs magnétiques des appareils brouillent le sommeil (et parfois brouillent l'écoute). Dans l'heure qui précède le coucher, ne posez pas votre ordinateur portable directement sur votre couette ni sur vos jambes, y compris si vous êtes assise sur le canapé : « Les appareils sous tension génèrent un électrostress qui vous maintient, vous aussi, sous tension », décrypte la psychothérapeute(sic) Christine Sarah Carstensen ! Et zappez les miroirs : ils réfléchissent comme un boomerang les émotions négatives dont le dormeur se débarrasse pendant le sommeil, Dans cet article, il y a bien que les miroirs qui réfléchissent. Et si vraiment le sommeil fuit en urgence SOS Rescue Nuit, composé de six essences de fleurs de Bach aux vertus relaxantes.


Pour celles qui voyagent, elles lutteront contre le mal des transports grâce au rhizome de gingembre 100 % écolo. Ajouter le Passeport anti-jet lag : Pour chevaucher les fuseaux horaires sans déboussoler vos rythmes biologiques et récupérer vitesse grand V, faites du sport. De tout l'organisme, les muscles sont les premiers à remettre leurs pendules à l'heure. Ils vont donc coacher la resynchronisation des horloges internes. [...] Entre l'élévation de la température corporelle et la libération de certaines hormones, l'activité musculaire leurre les gènes spécifiques aux rythmes circadiens. Ceux qui sont censés rester en stand-by - car calés sur votre horaire de départ - passent à l'action plus tôt que prévu.


Quelques astuces stimulantes : L'éleuthérocoque est le « it » pour celles qui arrivent en vacances lessivées. Le shiitaké, un champignon dopant du système immunitaire, est le « must-eat » des centenaires de l'archipel d'Okinawa, selon le feng shui. En gélules de phyto.


Mais pour conclure De l'amour et du sexe
Faire l'amour ou échanger des caresses passionnées libère de la morphine naturellement produite par l'organisme - les endorphines -, ainsi que de l'ocytocine, à qui l'on doit le bien-être post-étreintes. C'est aussi cette dernière qui fait frétiller la libido. L'ocytocine s'immisce dans les circuits de récompense et de plaisir du cerveau, en empruntant le même chemin qu'une drogue.


Ce conglomérat de préciosités ridicules est-il à prendre au 1er degré... ou pas ?

Par J.-F. Launay - Publié dans : obscurantisme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 2 juillet 2009

Lundi dernier, 29 juin (c'est déjà bien loin, je le concède), le grand journaliste Jean-Michel Aphatie, putaing cong, te cueille à froid le tout nouveau ministre de l'éducation nationale. Il lui assène en exclusivité des chiffres explosifs selon lesquels, en 2007-2008, 45 % des professeurs du primaire auraient posé une absence pour raisons médicales, contre 22 % des salariés du privé. Deux fois plus d'absence ! Luc Chatel s'en tire comme il peut, invoquant le risque d'épidémie plus fort dans le cadre scolaire, les congés de maternité dans une profession très féminisée, en avouant découvrir ces chiffres.


Sauf que, en moyenne nos instituteurs (devenus professeurs des écoles) seraient absents 11 jours pour congés maladie contre 9 dans le privé. On est très loin du double : il y a même, note D. Schneidermann, comme un mystère médiarithmétique !


Pujadas, sur FR2, le lendemain reprend tel quel le chiffre d'Aphatie. Mais, il n'avait pas dû pré-visionner le reportage qu'il a lancé après, car celui-ci révèle que les policiers  sont malades 19 jours par an, et les agents de la défense, de la Justice ou de l'équipement, au moins 15 jours (c'est à dire quatre jours de plus que les instits).


En présentant la carte scolaire 2009, le ministère avait lâché quelques chiffres. Concernant les enseignants du primaire, la direction concernée affirme qu'"on constate que sur 10 ans le taux d'absence a augmenté au niveau national : 5,98 en 1998-1999 et 7,23% en 2006-2007". Que le taux d'absence ait augmenté n'est pas très étonnant compte tenu du vieillissement de la population enseignante (moyenne d'âge 40 ans). Encore faut-il préciser qu'il concerne tous les motifs d'absence (pas seulement la maladie et les motifs administratifs - formation obligatoire, par exemple - pèsent plus lourds que la maladie). On aurait donc, tout compris, 7 % des heures d'enseignement perdues, sauf remplacement. Mais Darcos a taillé dans les moyens de remplacements, économies obligent.


Aphatie, putaing cong, a donc bien réussi son sale coup, en lançant des chiffres douteux ! Malgré leur totale incompatibilté avec les autres données (jours de congés maladie ou taux d'absence) ce sont ces chiffres douteux que vont reprendre un Pujadas et les autres. Et Le Point va ironiser sur l'agitation du microcosme syndico-éducatif !


Mission accomplie M. Aphatie !


Sources : Arrêt sur images http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2109

Le café pédagogique http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2009/07/01072009Accueil.aspx

 

La photo est de Robert Doisneau

Par J.-F. Launay - Publié dans : Actualité éducative - Communauté : Quelle école pour vos enfants?
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 28 juin 2009

Tous les hommes sont égaux ! mais il y en a qui sont moins égaux que les autres ! disait à peu près Coluche ; et il vaut mieux ne pas naître petit, juif, noir et borgne, sauf si on s'appelle Sammy Davis Junior*.


Mais quoi, Madame Badinter va me mettre un coup de badine sur les doigts !


Il faut en revenir à la Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen : un Homme asexué, sans peau, sans origine, sans croyances... ou pas, en bref un Homme ontologiquement pur ! Sauf que cet Homme n'a longtemps été qu'un homme mâle. 

Je n'aurais pas l'audace de rappeler à Mme Badinter que le droit de vote - symbole de citoyenneté - n'a été accordé aux femmes que plus d'un siècle et demi après cette solennelle déclaration.

Sauf que cet Homme est un homme blanc. Jules Ferry - dans un ethnisme qui serait intolérable (on ose l'espérer) aux co-signataires de Mme Badinter - invoquait le devoir des races supérieures de civiliser les races inférieures.  Et le droit devenait indigène, les votes, quand ils advinrent en Algérie, se faisaient à double collège (une voix pied-noir, vaut dix voix indigènes). Et quand l'on décréta, dans les trois départements « français » d'Algérie que tous étaient « des Français à part entière », les « français musulmans », comme on disait, se sentaient plutôt « français entièrement à part ». Faut-il rappeler le sort fait aux harkis au lendemain des accords d'Evian ?


Bon, tout cela c'est de l'histoire ancienne. Mais, après l'attaque de vingt intellectuels contre une « tentation jugée incompatible avec les valeurs de la République » dont le Nouvel Obs se fait le porte-voix, comme en écho, arrive Le Monde 2, avec une enquête « Blacks, beurs et diplômés : enquête sur ces jeunes français qui trouvent à l'étranger les opportunités de carrière que la France ne sait leur offrir » : « Français d'origine antillaise, africaine ou maghrébine, ils ont réussi des études souvent brillantes, mais quittent leur pays pour trouver un poste à la hauteur de leurs diplômes ».

Bien sûr, lancer une enquête statistique - est-ce un épiphénomène ou un problème de fond ? - serait une atteinte aux « valeurs républicaines » telles que les définissent nos vingt intellectuels !


Faut-il rappeler les travaux de Felouzis, avec pour seuls outils les prénoms des élèves, pour montrer la sur-ghettoïsation des collèges et la « ségrégation ethnique »  (avant même la disparition de la carte scolaire) ? Essayer de lancer des enquêtes semblables, en partant non de prénoms (qui laissent une marge d'erreurs assez large, mais que le sociologue a su mesurer), mais de données plus précises serait bien sûr une atteinte aux « valeurs républicaines ». Ne parlons pas de lancer une recherche sur le chômage des jeunes, en fonction de leur origine antillaise, africaine ou maghrébine, etc. ? Seules comptent les bases socio-économiques (dont on peut se demander au passage en quoi elles sont plus conformes aux « valeurs républicaines », l'Homme avec un grand H n'est pas plus prolo ou patron que black ou white).

Faut-il dire aussi que le « jeu » de nos Républicains consiste à brouiller les pistes : en dénonçant les « statistiques ethniques » ils jouent - à mon sens volontairement - sur une confusion entre « fichier » (qui d'ailleurs et malheureusement existent déjà, edvige cachait d'autres fichiers en activité) et enquêtes sociologiques. 


Le combat contre la « base élèves » va priver, comme le signalait Stéphane Beaud, les chercheurs de données essentielles. Le suivi de cohorte est mis à mal.


Qu'importe pour nos républicains : ce qui compte c'est une égalité méritocratique théorique (Mme Badinter a même rencontré des « enfants de la bourgeoisie maghrébine » - mais comment savait-elle qu'ils étaient issus de cette « bourgeoisie »-là - à polytechnique !), dont il faut bien se garder d'en jauger les résultats, in fine.


Tous les hommes sont égaux, mais il y en a qui sont plus égaux que d'..... ... Chut !

 

* Sammy Davis junior, ami notamment de Franck Sinatra, s'il était noir n'est devenu borgne qu'à la suite d'un accident et il s'est converti ultérieurement au judaïsme.

 

PS Sur le contrôles policiers au faciès, voir une enquête scientifique : http://www.mediapart.fr/journal/france/290609/controles-policiers-au-facies-la-preuve-scientifique

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mises au clair - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 27 juin 2009

En consultant les visites sur mon deblog notes, je repère un blog, apparemment belge, qui aurait mis un lien sur un de mes articles. Enfer et damnation, non content de mettre un lien, le blog en question avait repris tout l'article Burqa et xénophobie. Il a quand même mis l'origine de l'emprunt, direz-vous. Sauf que l'anonyme emprunteur, se présente comme un français de souche, universitaire et converti au chiisme.

Mais, à ma demande, il retire courtoisement mon article du blog. Ouf !


Il citait aussi tout un article de Libé sur les maltraitances subies par nos diplomates en Israël de la part de la glorieuse « tsahal » qui apparemment tient plus d'une bande de soudards que d'une noble cohorte (entre autres joyeusetés, l'invasion d'une villa consulaire où, non contents d'avoir saccagé le logis, piqué des bijoux et de l'argent, les joyeux drilles ont déféqué sur le drapeau français, sans que ça entraîne de protestations officielles de Kouchner).

Mais j'ai noté aussi une attaque contre Obama, pour des raisons diamétralement opposées à celles des faux-laïcs.



Et je découvre, un peu plus loin, un article complet extrait d'un site ultra-catho qui affiche son soutien à Williamson, l'évêque négationniste. A vous faire passer le Vicomte et ses sbires pour des cathos libéraux échevelés.  D'autant que, bien qu'ils affichent un magnifique combattant vendéen en page d'accueil, ils écrivent : « Nombreux sont les chefs d'Etats "Catholiques" qui n'arrivent pas à la cheville de cet homme de valeur. Il y a des alignés et des non-alignés partout. Ahmadinejad incarne le chef d'Etat non-aligné du monde musulman. Alors que tous les méfias[sic] occidentaux ont fait campagne contre Ahmadinejad au profit du parti de la dégénérescence et du pourrissement par la jeunesse, le peuple iranien a rejeté la drogue, le féminisme, la falsification de l'Histoire et l'américanisation au profit du courant patriotique et populaire incarné par le président sortant avec près de 60% des voix. » Là, de Villiers, qui voit des mosquées partout, attraperait une apoplexie.


L'article cité est de la même encre : « Pourquoi [interdire la burqa] ? Pour engendrer encore plus de tensions ou pour transformer les petites afghanes et Pakistanaises en trainées occidentales ? » « Pour les petites afghagnes et Pakistanaises, entre la burkah et le string, je préfère très franchement qu'elles gardent la burkah ! ».  « J'ai beaucoup plus de respect pour une femme musulmane voilée en rue, même si elle n'est ni de ma religion ni de mon ethnie [resic], que pour une fille - même "chrétienne" - qui s'habillerait sciemment ou non comme une trainée. » Le mot « traînée » doit être le seul dans son vocabulaire à notre « tradi » comme il dit. Et il ajoute :  « pour les Catholiques qui me diraient "oui à la Tradition, mais quand même, vous exagérez ... Le voile, c'est trop !" je leur répondrais qu'ils sont censés prier tous les jours une dame voilée. J'irais même plus loin : discréditer en paroles une femme simplement parce qu'elle porte le voile, qu'elle soit musulmane ou non, c'est insulter la Sainte Vierge. » Ça ne s'invente pas !


A ce point, on peut se demander si on n'a pas affaire à un gigantesque canular où, tel Léo Taxil, le français de souche converti chiite et le catho antisémite pro burqa, seraient de grands farceurs, se renvoyant la balle (le « chiite » a remplacé l'article effacé par une défense de Benoît Sixtine « ostracisé »), pour démontrer tout le ridicule des fanatismes intégristes.


Mais j'ai quand même un petit doute et je crains que nos rigolos ne le soient guère et proclament « Fanatiques de toute religion, unissez-vous ! »

Par J.-F. Launay - Publié dans : obscurantisme - Communauté : Libre expression
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Vendredi 26 juin 2009


De Juan Manuel de Prada, j'avais lu Les masques du héros* et La tempête** qui m'avaient laissé une sensation de malaise tant l'auteur y flirte avec insistance (mais aussi avec talent ) avec la limite sulfureuse et imprécise entre le bien et le mal, c'est d'ailleurs assez savoureux de la part d'un catho proclamé. Cependant, son style raffiné qui peut basculer d'une pichenette dans la trivialité m'avait séduite et m'a décidée à faire l'acquisition de son dernier roman, Le septième voile, pavé de presque sept cents pages.


Après la disparition tragique de sa jeune épouse, Julio Ballesteros, au moment du décès de sa mère, apprend de la bouche de celui dont il porte le nom que son véritable père était en réalité un Français, Jules Tillon. Accablé et obsédé par cette révélation, le narrateur, universitaire quinquagénaire, va essayer de reconstituer l'histoire de son père, héros de la Résistance française devenu amnésique à la suite d'une blessure à la tête. Nous le suivrons dans cet itinéraire dans l'espace et  le temps qui le conduira de la Résistance française à l'Espagne franquiste et à l'Argentine actuelle, de la compagnie d'un vieil ecclésiastique à celle d'un psychiatre spécialiste de l'hypnose, du monde du cirque ambulant à celui des usines de Billancourt, de la fréquentation de vraies canailles à celles de héros ambigus, de la mémoire à l'oubli (et vice versa). Le tout est admirablement documenté, pimenté de rebondissements qui tiennent le lecteur en haleine et rédigé dans un style flamboyant.


Dans ce long cheminement semé d'embûches, le narrateur parviendra à une reconstitution de l'itinéraire de son père en même temps qu'à sa propre reconstruction et c'est là un élément positif qui tranche avec les deux œuvres citées plus haut (qui me semblent être des romans de l'échec).

Une réserve cependant ; les relations avec le brave homme de père nourricier semblent taries après l'aveu du secret familial. Faut-il l'interpréter comme un déni du père qui trouverait son écho dans le dénouement ? Est-ce pour exorciser le passé ? Mystère...


En tout cas, je vous recommande cette fresque foisonnante et palpitante (mais sans concessions). Pourquoi pas pour une lecture de vacances ?


Le septième voile (Juan Manuel de Prada au Seuil)


*Les Masques du héros (Collection Points) met en scène la bohème artistique des premières décennies du XXème siècle à Madrid.

**La tempête (Collection Points) se déroule à Venise, autour du célèbre tableau de Giorgione.  

Par J.-F. Launay - Publié dans : MLF - Communauté : Libre expression
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 25 juin 2009


On peut imaginer le sourire du sale gosse ravi d'avoir fait un bon coup, avec cette idée puérile de mettre un Mitterrand dans son gouvernement remanié. « Un adolescent prolongé » disent certains connaisseurs du neveu à Tonton. Entre l'ado capricieux et l'ado torturé le courant passera-t-il ? Toujours est-il que l'ex-directeur de la Maison Médicis (merci, Marc Benamou de t'être vraiment débrouillé comme un manche) a démarré fort en annonçant lui-même sa nomination. Et cette hâte de prendre possession du nouveau joujou : le premier pour la passation de pouvoir ! Et cette arrivée, en costume quand même, mais avec un petit sac à dos à la main en guise de « maroquin » : c'était d'une audace ! Un journaliste d'investigation de FR2 lui a posé cette horrible question : êtes-vous de gauche ? Il a appelé à voter Chirac en 1995 et dès le 1er tour de 2002, à voter Sarkozy en 2007... voilà une question, qu'elle était perspicace. Et notre « mère Denis de la cinéphilie », comme le qualifiait le regretté Desproges, eut aussi cette magnifique réplique : « Sarkozy a bien été ministre de François Mitterrand » (pour les très jeunes, expliquons que c'était une période de cohabitation - la droite ayant gagné les législatives - et que le premier ministre, Balladur, jouait, lui, son rôle de 1er ministre en formant un gouvernement de droite, comme Jospin, plus tard, fut 1er ministre de Chirac et ainsi Allègre fut-il ministre de Chirac à défaut d'être celui de Sarko).

« Ô bonheur d'avoir un nom, assez évocateur pour que l'opération fonctionne. Pour les prochains remaniements, @si se fait un bonheur de rappeler à l'Elysée l'existence trop méconnue (et les grandes qualités de profond dévouement) de Louis-Sébastien Mauroy, notaire dans les Deux Sèvres, de Hortense Blum, aide-comptable à Echirolles (Isère), ou de Thomas Jaurès, moniteur d'auto-école à Limoges. Ecrire au site, qui transmettra. » commente ironiquement Arrêt sur Images.


La non nomination, si attendue pourtant, de Claude Allègre, est un véritable crève-cœur, en tout cas à gauche.  Maudites européennes, maudits verts qui nous privent d'un ministre à la compétence inversement proportionnelle à la suffisance. Soyons cependant objectifs : le titre de ministre de l'Education Nationale le plus calamiteux lui a depuis été ravi par de Robien, et Darcos revenait à sa hauteur. On ne peut, aussi, que déplorer le départ de Christine Boutin, même pas compensé par l'entrée encore ratée du petit Retailleau, féal du Vicomte Le Jollis de Villiers de Saintignon. Les cathos tradis n'ont donc plus de représentants au gouvernement (il est vrai que le chanoine de Latran est un sublime porte-voix de cette noble branche du catholicisme, mais les crêpages de chignons entre Boutin et Morano vont nous manquer).


Par contre, quelques frissons dans le dos avec l'arrivée de MAM à la Justice, remplacée par Hortefeux (de paille aux affaires sociales) à l'intérieur. Rachida Dati, qui n'a fait qu'appliquer la politique de son maître (et plus quand il y avait affinités), était, de l'aveu général, une fumiste. MAM, elle, est une bosseuse : le pire est donc à craindre. Quant au Brice, larbin dévoué, il sera une formidable courroie de transmission ! Et, avec ces deux là, les bavures policières pourront s'en donner à cœur joie, comme aurait dit M. Prudhomme. Nul, à l'Education Nationale, ne devrait regretter le départ de Darcosy, qui, en cadeau d'adieu, a annoncé la suppression de 16 000 emplois. Mais l'arrivée de Luc Chatel, avec sa tête de bébé cadum, ne rassure pas. Au moins avec un Jack Lang III on aurait su à quoi s'attendre : un immobilisme chatoyant ! Passons, sur la belle Rama Yade, qui considère que succéder à Laporte n'est pas une punition. Un Laporte qui, jusqu'au bout, aura été égal à lui-même aves des sous-entendus graveleux. Faut-il parler d'Estrosi, dit « le motodidacte » ou « bac -5 », qui, juré craché, allait se consacrer à 100% à sa bonne ville de Nice ? oh ! Niçois qui mal y pense, faut-il te rappeler que les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent ? Saluons ce secrétariat d'état aux ainés, tenu par une dame médecin : il faut bien soigner le fond électoral de la droite !


Une pensée émue en conclusion pour l'inutile François Fillon...


PS J'ai oublié un incertain Pierre Lelouche mais vous aurez une idée du personnage sur http://sauvonsleurope.over-blog.fr/article-33109740.html (regardez, en particulier, la vidéo finale qui nous rendrait Mélenchon sympathique : il est fort ce Lelouche)

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mises au clair - Communauté : Libre expression
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 23 juin 2009


« Nous assumons les conséquences de notre engagement dans la Résistance contre l'offensive islamique », titre un torchon virtuel de pseudos-laïcs et vrais xénophobes, dont l'anonyme auteur, dans un humour visiblement involontaire écrit quelques lignes plus loin : « Bien sûr, nous ne nous voilons pas la face ».


La burqa est évidemment le sujet quasi unique. « Ni voile, ni burqa, voilà ce qu'attendent les Français qui aiment la France ! » par Français entendons les français de souche (on n'est pas loin de l'anti-France des années pompidoliennes). Le Monsieur qui écrit cela se dit philosophe : il doit puiser sa pensée profonde au coin du zinc de son bistrot.


Au passage une petite couche d'anti-socialisme : « Madame Aubry, vous utilisez les arguments des islamistes pour justifier la non-interdiction de la burqa » : entendez par islamistes, des musulmans français qui, honte et scandale, prétendent donner un point de vue autre que celui que prônent nos prétendus républicains. Ils sont pour la totale liberté d'expressions, à condition que ce soit la leur ! Autre bête noire des folliculaires, les islamo-gauchistes : « Les trotskistes et la burqa », ce titre annonce des attaques sévères contre le pauvre Besancenot.


L'une interpelle celui qui fait président : « Nicolas Sarkozy, comment osez-vous dire que la burqa n'a rien à voir avec l'islam ? », tandis qu'un autre, plus modeste se contente d'une « Lettre à mon député concernant le voile intégral » (après, avoir, dans un rapprochement hardi, comparé la burqa au lancer de nains).


« L'affichage de l'islam est un trouble à l'ordre public » : une telle assertion est particulièrement sournoise (et liberticide) car qui décide de cet affichage et en quoi l'affichage d'une croyance quelconque (musulmane, juive, chrétienne, boudhiste, etc.) serait cause de trouble de l'ordre public. La formule n'est évidemment pas innocente car la loi de 1905 autorise les manifestations religieuses, sauf si elles troublent l'ordre public. Ainsi, des maires de l'époque, anti-cléricaux convaincus, qui voulaient interdire sonneries de cloches et processions, ont été condamnés par la juridiction administrative. Et aux parlementaires qui voulaient faire interdire le port de la soutane, Aristide Briand répondait que la République n'allait pas s'abaisser à réglementer les tenues vestimentaires. 


On ne peut être que d'accord avec le titre d'un interview : le voile est un marquage de racisme, ô pardon j'avais mal lu (je me disais aussi : enfin un peu d'autocritique)  « le voile est un marquage et un racisme ».


Pour terminer cette revue rapide du sommaire, ce titre qui résume toute l'étroitesse d'esprit et le fanatisme de cette clique : « Au Caire, Obama a parlé en musulman militant ».

 

Voir aussi :

Bêtisier laïciste (de A à H)

Bêtisier laïciste (de I à P)

Bêtisier laïciste (de Q à Z)

 

N.B. Pour éviter (autant que faire se peut) des malentendus, je précise que burqa, comme niqab et autres tenues, qui n'ont d'ailleurs absolument rien de traditionnelles dans les pays du Maghreb me sortent par les yeux (je n'en ai jamais vu en France), mais, avec Briand, je trouve absurde que la République s'abaisse à légiférer sur ces déguisements grotesques, qu'il faut traiter par le mépris et la dérision. Marre de ces lois de circonstance qui surfent sur une vague d'émotion artificielle !

« Grâce à Dieu, je suis athée » comme disait malicieusement Luis Bunuel : je ne me laisserais donc pas embarquer dans cette « croisade » xénophobe à laquelle se vouent les pseudo-laïcs. 


Pour compléter deux extraits, le 1er concluant un édito du Monde sur la burqa, le second d'une chronique de Caroline Fourest (à lire en entier, car elle dénonce aussi l'expulsion possible vers Téhéran d'un homosexuel iranien, en transit en France vers la Belgique, ce qui veut dire une condamnation à mort : ce mort là, M. Besson, vous l'aurez sur la conscience, si vous en avez une) :

"Prohiber par la loi le port de la burqa ou du niqab soulèverait, en effet, deux questions plus qu'épineuses. D'une part, au nom de quel argument ou de quel principe interdire à des femmes majeures une tenue vestimentaire, quelle qu'elle soit, dans l'espace public, sauf à confondre le législateur français avec une assemblée d'oulémas ? Ce qui a été décidé pour les établissements scolaires, précisément parce qu'il s'agissait des jeunes et de l'école, trouve, là, sa limite. D'autre part, sauf à imaginer une détestable ou ridicule police des moeurs, comment appliquer une telle interdiction, si le choix en était fait ? Beaucoup plaident avec énergie pour un islam moderne et tolérant. Ils ont raison. Il faut convaincre plutôt que légiférer."

http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/06/26/burqa-en-debat_1211811_3232.html

 

 

[...] sur les trottoirs de France, des Samia ou des Marie-Christine ont choisi leur camp. Celui de la lutte contre l'émancipation. Elles prennent le voile intégral pour rester "pures", se protéger du monde extérieur (tous les autres). Elles ne comprennent pas que leurs grandes capes noires choquent. Elles, ce qui les choque, c'est le manque de pudeur, "tous ces pédés dans la rue" et ces "femmes qui ne se marient pas". Elles sont nées en France, sont allées à l'école, elles ne manquent ni d'éducation ni d'intégration. Elles sont françaises et elles ont choisi librement... l'aliénation. Pour faire plaisir à l'homme qu'elles aiment ou par fierté. Pour montrer qu'elles sont plus pieuses que les autres. Leur voile n'est dans aucun Coran. C'est un uniforme politique encouragé depuis l'Arabie saoudite. Il est censé être plus pudique. Avec lui, pourtant, on ne voit qu'elles. Elles le portent comme on entre dans une secte, avec la foi aveugle des convertis. Mais les groupes salafistes qui leur suggèrent ce choix, eux, sont dans une démarche politique. Comment ne pas s'interroger sur le message qu'ils envoient à travers le corps des femmes ?

Si nous vivions dans un monde où le Ku Klux Klan avait pris le pouvoir aux Etats-Unis et pendait des Noirs... que penserions-nous si des Français se mettaient à porter leur cagoule blanche pour faire leurs courses ? Le fait qu'ils soient consentants suffirait-il à nous rassurer ? Suffit-il de déguiser son sectarisme politique en religion pour que tout soit permis dans l'espace public ?

Ce sont toutes ces questions qui vont ressurgir à l'occasion du débat qui s'ouvre. Elles sont passionnelles. Et pourtant, il faudra mener celui-ci avec sang-froid. En s'écoutant. Les femmes portant le voile intégral diront leur vérité. Elles devront aussi entendre l'effet produit par leur choix en société. Chaque mot de travers sera guetté par les incendiaires pour propager soit le rejet de l'islam soit l'uniforme du martyr. Entre les deux, la Commission va devoir tâtonner. Peut-on convoquer la laïcité pour réglementer le port vestimentaire d'adultes dans la rue ? Au risque de lui rendre un bien mauvais service et d'amalgamer ce débat avec celui sur les signes religieux à l'école ? Peut-on invoquer la protection de la "dignité de la femme" ? Dans ce cas, il faudrait interdire tellement de choses sur la voie publique... Pourquoi ne pas se contenter d'exiger que tout le monde, sans exception, accepte de s'identifier pour des raisons de vivre-ensemble et de sécurité ? Faut-il renoncer à cette exigence pour ne pas ouvrir une brèche ? Le débat tranchera.

Mais ne nous y trompons pas. On ne fera pas changer d'avis Samia ou Marie-Christine.

http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/06/26/et-si-on-allait-en-voile-integral-a-la-gay-pride-par-caroline-fourest_1211889_0.html

 

Par J.-F. Launay - Publié dans : obscurantisme - Communauté : PARLONS FRANCHEMENT
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 21 juin 2009

- Madame, Madame, il m'a mis la main au panier !

- Elle m'a traité de PD !

- Bon rentrez !

Ouh ! là ! où sommes-nous dans une affreux collège du 9-3 ? Mais non, à Gasny (non pas Gagny, Gasny dans l'Eure).

Et Stéphanie* est la fille de Leny E. (chanteur) et Stéphane le fils d'un journaliste scientifique du Figaro (qui dit le plus grand mal de la SEP qui fabrique les moteurs d'Ariane et dont les ingénieurs installés nombreux dans le secteur, quand ils n'envoient pas, minoritairement, leur progéniture dans un privé peu implanté, l'inscrivent au nouveau collège du canton).



Eh oui, dans ce collège au cœur du Vexin normand, tout neuf, architecture cubique, mais avec un espace d'accueil en gradins permettant des animations (et aussi un escalier central très dangereux donc interdit aux élèves).


Par une alchimie qui doit surtout à son « patron » René L., les ex-enseignants d'un collège de Vernon qui accueillait ces élèves (victimes consentantes de suppressions de postes), d'autres venus de la région parisienne ou rouennaise, vont réussir à s'amalgamer.

Non sans débats : nous sommes en 1982, Alain Savary - un des plus grands ministres de l'éducation nationale - appelle aux initiatives pariant sur l'effet « tache d'huile ». Christiane L. doit se souvenir encore d'échanges rugueux sur groupes et classes de niveaux. Et le principal-adjoint que je suis devenu, plus tard, se souvient aussi des « barrettes » non pas de shit mais de maths, français et anglais sur l'emploi du temps.

L'amalgame se concrétisait d'abord à la cantine : seuls quelques enseignants, au départ, logeaient sur la commune. Profs, surveillants, personnels de service et d'intendance, tous, grâce à ce qu'il faut appeler le charisme du chef d' établissement, se sentaient membres d'un même équipage, d'un même navire.

L'escalier central, je l'ai dit, surgissant de l'espace d'accueil, non cloisonné, fut d'entrée interdit aux élèves. Je me souviens, allant vers la salle des profs au premier avoir renvoyé vers le rez-de-chaussée un élève qui tentait subrepticement de l'emprunter ; à peine allais-je entrer salle des profs que j'entendais la voix de stentor de Vladimir ordonner à l'élève de remonter. Les profs que nous étions ne pensaient pas déroger en faisant une intervention de « pion ».

Vladimir était un prof (certifié ? agrégé ?) de lettres, mais il avait pris en charge un atelier bois pour les CPPN (Classe pré-professionnelle de niveau : une structure qui accueillait à l'époque des élèves du primaire de plus de 14 ans, dont la plupart, de doublement en redoublement, n'avaient pas atteint le CM2). Un de ses collègues, agrégé de lettres, Rémy, s'était porté volontaire pour assurer des cours de français pour ces mêmes CPPN.

Ce collège, dont le recrutement était certes varié, entre les fils d'ingénieur et les fils de prolos des industries de base de la vallée, bénéficiait d'abord de son premier chef d'établissement qui avait su attirer des enseignants de la ville voisine, mais aussi accueillir les apports extérieurs et s'approprier les impulsions ministérielles (et les faire passer). Ensuite d'un esprit d'équipe - qui n'empêchait pas, le cas échéant, des discussions épiques - d'enseignants, en gros, de la même génération. En histoire-géo, matière non concernée par les groupes de niveaux, innovation pédagogique à l'époque, on réunissait les élèves pour des projections de vidéos, exploitées bien sûr par des questionnaires et par les cours.

Faut-il évoquer ces grands moments où, guitare en main, le regretté  Jean-Luc, dans cet espace d'entrée qui prenait tout son sens, nous interprétait Graeme Alwright** ? Espace qui vit aussi un groupe de chanteurs, semi-professionnel, nous donner une représentation pour les parents d'élèves et autres adultes, avec notamment un inoubliable « fils père ».


Conjonction un peu miraculeuse d'un après 1981 libérateur d'initiatives dans l'éducation. Sans doute, sous d'autres formes bien sûr, d'autres collèges ont connu cette période euphorique. D'autres aussi se sont clivés entre rénovateurs un peu trop dogmatiques et conservateurs crispés. Mais, à travers cet exemple (qui ne se veut pas exemplaire), se pose, ici comme ailleurs, à cette époque comme maintenant, le problème de la précarité de ces états de grâce. Vieillissement et usure des équipes qui fondent au gré des mutations, départ d'un chef d'établissement catalyseur d'énergies ou de militants pédagogiques fédérateurs... mille et une raisons qui font que l'ambiance se délite, les projets s'effritent et que seul reste, pour les pionniers, la nostalgie d'un âge d'or un peu fantasmé. S'y ajoute évidemment l'écœurement devant les errements de la politique du ministère, quand par exemple un Chevènement, inspiré par des lambertistes milnériens, met un coup d'arrêt à l'énorme espoir soulevé par Alain Savary. Et depuis, de Robien et maintenant Darcos feraient passer le Che pour un réformateur échevelé !


Au-delà des propositions pour le collège - sur lesquelles associations et syndicats progressistes (je ne parle pas du SNES, on s'en doute) ont produit une riche littérature, et d'ailleurs le rapport Legrand reste actuel - un problème plus terre à terre est à résoudre : comment faire pour que les avancées ne soient pas que des feux de paille ? comment stabiliser des équipes sans qu'elles se sclérosent ? comment les piloter ou, si elles s'autogèrent, apporter des instruments d'auto-régulation et faire admettre une indispensable évaluation ? comment surtout, passer du militantisme au professionnalisme, c'est-à-dire que le fait de se centrer sur l'élève en tant qu'il apprend soit le cœur du métier et non une option facultative ?


 

* La même Stéphanie, au tableau, face à une carte muette de l'hexagone de placer les Vosges à la place des Pyrénées. La classe s'esclaffe. Elle, se retournant, avec aplomb : « Bon, je me suis plantée et alors ? Ça les fera pas changer de place ! »

 

** Buvons encore une dernière fois
A l'amitié, l'amour, la joie
On a fêté nos retrouvailles
Ça m'fait d'la peine, mais il faut que je m'en aille

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mémoire - Communauté : Quelle école pour vos enfants?
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Jeudi 18 juin 2009

René Dosière, député, s'est attaqué à un dossier particulièrement opaque : le budget de l'Elysée ! En 2008, crise ou pas, les charges du budget présidentiel augmente de plus de 20 %. La plus forte augmentation est le salaire du président avec + 125 %. Même si globalement les charges de personnel augmentent plus modérément (+12,3 %) elles sont le 1er poste de dépenses. Les charges de fonctionnement courant bondissent de plus de 50 % de 2007 à 2008.


Sarkozy avait promis la transparence : on est plus que jamais dans le maquillage des dépenses. Ainsi, pour la traditionnelle garden party du 14 juillet, l'élysée affiche une baisse du coût par convive de 76 € à 67 €, mais paradoxalement le coût global - que le député  a dû rechercher - est passé de 419 000 € à 475 000 €. Plus ça baisse, plus ça augmente ? Non, mais le nombre des invités est passé de 5 500 à 7050, ce qu'ont oublié les services de l'élysée !

Même opacité pour les emplois. Un peu plus de 1000 personnes officiellement (car René Dosière a obtenu des chiffres diffèrents auprès d'interlocuteurs aussi officiels), mais aucun détail sur les emplois occupés.Certains sont des « mis à disposition » de ministères, mais aussi de La Poste, France Télécom, la Vile de Paris, etc.) dont, en principe, l'élysée rembourse le coût aux employeurs en titre. D'autres sont embauchés directement. Qui sont-ils ? Que font-ils ? et d'abord combien sont-ils ? En novembre 2008 ils auraient été 98, contre 105 en décembre 2007, mais la masse salariale elle est passée de 7,25 à 9,4 millions d'euros, soit + 30,5 % ! Et une grande partie des 8,3 millions de primes a dû tomber dans la poche de ces membres du cabinet.

Malgré des mesures drastiques (facturation des plateaux-repas aux conseillers par exemple, sans oublier la très écolo installation d'ampoules à économie d'énergie ou de « double fenêtrage ») les charges de fonctionnement ont bondi de 51 % ! Parmi celles-ci, on ne s'étonnera guère, connaissant la frénésie communicative de celui qui fait président, de voir la téléphonie mobile croître de 47 % et les liaisons internet nomades de 125 %, mais les abonnements télés ont diminué de 20 % (mais sans aucun détail sur les coûts).

Le poste de déplacement est en hausse de 26 %, sans tenir compte des frais liés à la présidence de l'Union Européenne. (Ces frais (1 750 000 €) semblent avoir eu une affectation mystérieuse : l'élysée prétend avoir été remboursé par les affaires étrangères, alors qu'en principe c'est à Matignon qu'ils sont rattachés.) Les frais de déplacement en métropole et outre-mer représentent le quart de ce poste. Mais ils sous-estiment largement le coût réel de ces déplacements provinciaux se concluant par des meetings UMP. Ainsi, un autre parlementaire, Jean-Yves Le Déaut, a calculé que le déplacement présidentiel à Nancy le 12 mai, avec 50 000 nancéiens coincés pendant cinq heure, une autoroute bloquée avaitcoûté en temps de travail perdu 2 millions d'euros, à quoi s'ajoute le coût des forces de l'ordre mobilisées (200 000 €) et celui du voyage lui-même (150 000 €). Seuls ces 150 000 € (sans douté minorés par divers artifices) seront imputés au budget de l'élysée !

Le budget investissement lui, a diminué fortement (le seul avec les « charges exceptionnelles » destinées à aider des personnes en difficulté financières, divisé par deux en deux ans). Mais rassurons-nous un énorme investissement est en cours : un Airbus A-330, racheté à Air Caraïbes qui, comme son nom ne l'indique pas est une compagnie d'origine vendéenne, dont le coût serait financé par la vente de deux avions de la flotte officielle, va être aménagé : chambre à coucher, salle de bains, bureau, salle de réunion, 50 places pour les accompagnants, sécurisation, etc. Coût estimé 100 millions d'euros !



Sarko peut chanter sous sa douche « Ma petite entreprise ne connaît pas la crise » !

 

Sources : le rapport de René Dosière téléchargeable sur son blog http://renedosiere.over-blog.com/ résumé par Le journal du net http://www.journaldunet.com/economie/magazine/dossier/le-budget-de-l-elysee-en-2008/le-budget-total-110-millions.shtml?f_id_newsletter=1201

Le Nouvel Obs http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2328/dossier/a403797-elys%C3%A9e.html

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mises au clair - Communauté : Libre expression
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 16 juin 2009

Eh oui ! souvenez-vous, Le Monde 2, sous le titre « Cap Négre : l'autre crise de l'été », nous apprenait qu'au mois d'août dernier, alors même qu'il venait d'apprendre que des soldats français avaient trouvé la mort en Afghanistan, toutes affaires cessantes, celui qui fait président, en vacances chez sa belle-mère, convoquait Maire et Préfet à une réunion des co-propriétaires du domaine privé pour essayer de faire passer le choix du « tout-à-l'égout » contre d'irréductibles partisans des « fosses septiques ».


A qui pouvait s'étonner qu'un Préfet de la République soit convoqué pour une affaire strictement privée et soit même, avec le Maire, invité à promettre des subventions pour des raccordements, certes coûteux vu le terrain accidenté , mais concernant des propriétaires qui relèvent plus du bouclier fiscal que du RSA, ledit préfet répondait sybillin : "Quand un président vous demande, il est rare qu'un préfet refuse."


Ce préfet du Var, Jacques Laisné, a finalement été muté par décret présidentiel le 5 juin. Pour un placard car "bizarrement, [il] ne reçoit pas de nouvelle affectation territoriale ; il devra se contenter de rejoindre la Cour des comptes. Dans les couloirs feutrés de la «préfectorale», il se murmure toutefois que la brutalité de cette éviction serait liée à l'implication du chef de l'Etat dans cette très locale affaire de propriétaires qui secoue le cap Nègre." explique le site Mediapart qui parle d'une "punition" présidentielle pour ce préfet qui, malgré ses engagements, n'a donc pas fait avancer le dossier du "tout-à-l'égoût" du Cap Nègre, haut lieu de résidence de la belle-famille présidentielle.


Redisons-le : le Cap Nègre est un immense domaine totalement privé où l'état, sauf non respect des règles sanitaires, n'a strictement rien à voir. Que belle-maman soit une acharnée du « tout-à-l'égoût » ne devrait pas faire oublier à « chouchou », s'il avait quelque conscience de la dignité de sa fonction, que c'est une affaire privée. Le gendre n'a pas à user de cette fonction pour tenter de faire passer en force l'option de sa belle-mère. Mais notre Sarkocescu se moque de ces considérations, privé, public, histoires de familles, état... tout se mélange. Car quel est son bon ( ?) plaisir !

Par J.-F. Launay - Publié dans : Mises au clair - Communauté : Libre expression
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Recherche

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Pages (Art et érotisme)

Pages (pédagogie)

Créer un Blog

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus