Jeudi 14 août 2008

Petite plongée à Luçon, l'évêché crotté du Bas-Poitou, comme le qualifiait son plus célèbre évêque.

Ce Bas-Poitou avait pour capitale Fontenay-le-Comte, qui deviendra à la Révolution Fontenay-le-Peuple. Seule circonscription de la Vendée à envoyer un député de gauche en 1981 et en 1986. Le canton de Luçon a longtemps eu un conseiller général de gauche et la ville même fut longtemps dirigée par un radical socialiste, modèle Crépeau (La Rochelle est très proche).

Mais en 1995, un parachuté villièriste, idéologue cachant à peine son sectarisme et sa haine de la gauche, l'emporta sur une gauche un peu à bout de souffle. Le MPF, pour cause de cumul de mandat, a laissé la place à un UMP qui ne lui cède en rien en sectarisme. En 13 ans cette majorité UMPF a eu droit à deux rapports gratinés de la chambre régionale des comptes. Le 2e vient d'être présenté au conseil municipal.   

 

Monsieur le Maire,

Assistant pour la première fois à un conseil municipal à Luçon, je ne parlerai pas  du sort fait au public, et, tenant compte de l'état dans lequel vous avez mis les finances de la ville, je me garderai bien de suggérer quoique ce soit pour assurer un accueil décent des citoyen(ne)s de la commune. Je n'ironiserai pas non plus sur la lecture enregistrée de la réponse, d'une voix susurrante, sur un ton mielleux, accompagnée de diapositives sans intérêt et qui prouve une fois de plus que le ridicule ne tue pas. Je ne dirai rien, non plus, sur le rappel préventif à un règlement intérieur dit, lui, sur un ton d'adjudant de quartier.

Je ne mentionnerai que pour mémoire les interventions de vos colistiers : la bêtise des uns le disputait à la hargne des autres. Une mention cependant au 1er adjoint qui affirmait que Luçon avait fait un bond en avant, outre que l'on ne s'attendait guère dans la bouche de votre compagnon UMP à cette affirmation quasi maoïste (« le grand bond en avant »), cela faisait irrésistiblement penser à la fameuse phrase, prêtée à Aït Ahmed : « Nous étions au bord du gouffre, mais nous avons fait un grand bond en avant ».

Je m'étendrai, en revanche, sur votre réponse, parfaite synthèse des prises de parole de vos amis, puisqu'elle unissait la hargne à la bêtise.

« Plus c'est gros, mieux ça passe » telle doit être votre devise.

Vieille ficelle d'abord, jouer les victimes outragées. Rebondir sur une question de forme, pour ne pas répondre sur le fond. Accuser le représentant de l'opposition de mensonge, en commençant d'abord par un mensonge.  En effet, agitant le rapport, vous avez prétendu ne l'avoir reçu que le 24 juillet, alors qu'il avait été envoyé le 18 juin 2008. Mais il aura fallu plus d'un mois à votre "nègre" pour rédiger une réponse et la Chambre régionale des comptes, l'ayant enregistrée le 22 juillet, vous a presque immédiatement retourné rapport et réponse à mettre à l'ordre du jour du prochain Conseil Municipal. Le hasard faisant bien les choses, il y en avait un programmé le 08/08/08 avec un menu pratiquement vide : des créations de postes qui auraient pu se faire dès juillet, puisque l'échéance des CDD était connue, de même d'ailleurs que des augmentations de tarifs. A qui, voudrez-vous faire croire que cette date totalement incongrue s'imposait pour de telles décisions ?

Je ne parlerai pas de l'attaque ad hominem à laquelle vous vous êtes livré, appuyée par quelques excités de votre camp, si ce n'est qu'elle dénote le mépris, pour ne pas dire la haine, à l'encontre de l'opposition municipale.

Après avoir agité le rapport, vous avez agité une feuille de papier censée être l'avant-avant-dernier rapport de la cour des comptes, celui de 1995 ! Aviez-vous oublié que vous aviez été partie prenante d'une précédente municipalité de 1995 à 2001, puis que vous avez fait Maire de 2001 à 2007 et qu'entre temps, il y avait eu un autre rapport de la cour des comptes pointant une insincérité des comptes (entre autres plaisanteries une inscription de subvention que le Maire de l'époque et son équipe - en l'occurrence on serait tenté d'écrire ses complices - savaient avoir été refusée). Si le sous-préfet avait fait son boulot, la ville eût du être mise en tutelle (mais, est-ce par distraction qu'il a fermé les yeux ?).

Mais revenons, puisque vous y tenez, à ce rapport d'il ya treize (13) ans. Vous avez lancé quelques chiffres, mais à l'époque en francs. Bien sûr, comme cela 9641 F de dette par habitant, ça fait lourd. Sauf que, les 1470 € que ça aurait représentés, même accrus de l'inflation des 13 dernières années, paraissent bien modestes par rapport aux 1907 € que vous atteignez ! Sur l'encours de la dette qui culminait à presque 78 MF, on est loin des 18,386 M€ de 2007, soit plus de 120 MF !

Sans vergogne, vous avez affirmé, ne craignant pas d'insulter la mémoire de M. de Mouzon, que ces lointains prédécesseurs n'avaient pas investi. Affirmation mensongère, puisque si vous ne vous étiez pas contenté de jeter quelques chiffres sur une feuille, vous auriez pu lire, dès la sixième ligne « la ville de Luçon a beaucoup investi ».

Le candidat de la liste APLE, quand il évoquait M. de Mouzon, ce grand maire de Luçon, se référait à son sens du dialogue, à son respect des adversaires, en bref à son comportement de parfait démocrate,  De ce point de vue, vous en êtes le parfait négatif.

Vous vous êtes dit « fier d'être Luçonnais ». Il n'est pas sûr que les Luçonnais soient fiers d'un Maire qui les a cyniquement dupés en prétendant début 2008 : « les finances sont saines ».


Carte postale ancienne non datée

Image tirée du site d'Agir pour Luçon ensemble (APLE)

 

 

 

par J.-F. Launay publié dans : humeur communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Samedi 2 août 2008

Eh oui ! je vois sur vos visages s'afficher comme l'ombre d'une interrogation : d'où il nous sort ce Lemétayer ? Certes, peu connaissent le modeste éleveur de Vignoc (Ille et Vilaine), mais certains ont peut-être entendu parler du président de la FNSEA qui a succédé au chiraco-villièriste Guyau.

Dans le premier quotidien de France, Ouest-France, du 2 août, à la question « Et maintenant que faut-il faire [après l'échec des négociations de l'O.M.C.] ? » il répond :

« L'agriculture et l'alimentation mondiale appellent une autre approche, une autre voie, plus ambitieuses et moins libérales. Nous parlons, à la FNSEA, de terroirs, de traditions, de nutrition et de paysans. L'Homme est au centre de nos préoccupations. Personne ne réussira à enlever à ceux qui travaillent la terre et nourrissent le monde, leur avenir c'est-à-dire l'espoir. Le chemin de la raison a gagné, c'est-à-dire le chemin de l'Homme sur les seules ambitions des hommes. »

Concrètement, il sera difficile, même à l'exégète le plus complaisant, de dire ce que le personnage propose. Mais comment ne pas être sensible à cette élégie bucolique et ô combien humaniste du président d'un des lobbys européens les plus efficaces.

Ah ! ces amoureux de nos traditions que sont les cochonnericulteurs bretons qui parfument leurs terroirs des épandages de leurs lisiers. Lisiers qui vont donner un peu de fumet et de nitrates associés à la nappe phréatique et aux cours d'eaux et transformer les flots marins du rivage en une soupe épaisse d'algues noirâtres. A propos de cochonnericulture, un lointain souvenir : la peste porcine ayant frappé les éleveurs catalans et néerlandais, entraînant des abattages massifs, nos propres éleveurs avaient connu, si l'on peut dire, une période de vaches grasses, en dépassant allégrement le nombre de bestioles autorisées par élevage hors sol. Mais tout à une fin : catalans et néerlandais ayant reconstitué leur cheptel, le cours de la viande de cochonnerie s'est écroulé. Bien sûr, on vit nos cochonnericulteurs, qui s'étaient remplis les poches avec des cours très élevés pendant la peste, crier violemment misère et réclamer les aides de l'état !

Mais n'oublions pas non plus ces grands humanistes que sont les maïsculteurs de notre plaine du sud-Vendée. En pleine cagna, canons et rampes immenses déversent leur m3 d'eaux. On a appris de longue date au jardinier amateur qu'il vaut mieux sortir l'arrosoir en soirée, cette leçon de bon sens n'a aucune prise sur ces arrogants subventiculteurs qui bénéficient du soutien indéfectible du Vicomte (Le Jolis de Villiers de Saintignon) et de ses affidés.

Que dire encore de ces agrariens du Vexin normand, que j'ai un peu côtoyés autrefois. Tous prêts à dire pis que pendre de Bruxelles, qui leur déverse à certains, en subvention, de quoi payer annuellement deux ou trois instits (voire plus : on parle de 800 000 €) ! Mais leurs robustes Mercédès derniers modèles attendent plutôt la progéniture devant Sainte-Agnès ou Saint-Adjutor que devant Cervantes ou Dumézil ! Le prix du blé peut tripler, les subventions continuent de les gaver.

Et l'humaniste FNSEA, s'est toujours caractérisée par la modération de ses actions. La racaille banlieusarde a droit aux paternelles matraques de nos CRS. Nos subventiculteurs en colère peuvent, en toute impunité, saboter le matériel SNCF (coûtant quelques millions de francs de l'époque à la société nationale), bloquer les routes, envahir des villes en détruisant le mobilier urbain, etc. aucun Ministre de l'Intérieur n'enverra gendarmes mobiles ou CRS et les enquêtes (?) s'ensableront. Le voyou des champs est mieux traité que le voyou des villes.

Avec l'arrogance qui le caractérise, notre éleveur de Vignoc, avant son couplet final cynique, a distribué les mauvais points. « On a vu Pascal Lamy, directeur de l'OMC, décider d'en convoquer les membres avec la volonté d'aboutir à un accord (quel culot : n'eût-il pas dû ne convoquer personne pour être sûr de l'échec ? à ce point de sonnerie les bras en tombent)... il voulait le succès de son initiative et la preuve de faire un coup politique pour lui-même (la phraséologie agrarienne est complexe : que vient faire ce la preuve de ?) Mal lui en a pris.» « Mandelson, de son côté, s'est trouvé dans la position de l'idéologue, ne voyant dans un accord que l'aboutissement des bienfaits du libéralisme. Mal lui en a pris. » Suit évidemment un grand coup de lèche à notre Ouf 1er, à Idrac (sous-ministre inconnue) et à Barnier (ex-honni commissaire européen) qui ont tout fait pour savonner la planche à Pascal Lamy. « Bien leur en a pris. (Sic)».

Faut-il rappeler qu'un des enjeux de cette négociation était d'éviter une concurrence tout-à-fait déloyale de l'Europe et des États-Unis avec les producteurs agricoles d'Afrique : leurs produits subventionnés mettent à mal les productions vivrières locales aux coûts pourtant moindre ? De même pour les cultures d'exportation : l'exemple le plus flagrant étant le coton.

Et voir les champions d'une agriculture qui méprise tous les équilibres naturels (élevage en batteries, utilisation intensive d'engrais chimiques, travail des sols inconsidéré, inféodation à l'industrie agro-alimentaire...) feindre d'être les champions des terroirs, des traditions, de la paysannerie incline à penser que ces Messieurs de la FNSEA nous prennent vraiment pour des cons !

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Mardi 29 juillet 2008

Est-ce que vous croyez que j'ai une tête à être copine avec Bernard Tapie ?

Dite, avec ce délicat accent très seizième, par Christine Lagarde, cette question, pour se défendre de favoritisme, est d'une arrogance distinguée, d'un subtil mépris, expression d'une grande bourgeoise à l'encontre d'un manant issu du commun. Mais cette question en soulève quelques autres : est-ce que j'ai une tête à être copine avec Jean-Louis Borloo ? qui dans la vulgarité qui se veut populaire le dispute à son ami Tapie. Est-ce que j'ai une tête à être copine avec un président bling-bling ? qui, après sa Rolex, étale sa Patek offerte par une épouse, certes de bonne famille, mais qui a fait mannequin et posé nue !  Est-ce que j'ai une tête à être copine avec Christine Boutin qui s'habille comme une épicière endimanchée du milieu du siècle précédent ? Ne parlons même pas de l'Angevine dont le mauvais goût vestimentaire n'a d'égal que son parler façon Madame Sans-Gêne.

Soyons sûr, cependant, que le Nanard, ne va pas se vexer pour autant.  Car, ça y est, grâce à la pimbêche, il a décroché le pactole inespéré. D'un ton pincé, elle a essayé de nous faire accroire que c'était, évidemment, de son plein gré, qu'elle avait abandonné une procédure judiciaire, certes longue, mais où la cour de cassation avait laissé augurer une issue positive pour le CDR (c'est à dire pour le contribuable), au profit d'une procédure arbitrale, écrite d'avance, en faveur de l'illusionniste. Non, jamais, N. S. n'avait influencé sa décision. Mais anticiper les désirs du maître, n'est-ce pas le comble de la courtisanerie ?

Le mépris, que je n'ose qualifier de « classe »,  pour masquer la souplesse d'échine : bravo Mme Lagarde !

 

Dessin prémonitoire emprunté à Agora Vox

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Lundi 21 juillet 2008

Souvenez-vous, 2007. D'accord, c'est loin.

Un incertain Besson, qui avait commis un argumentaire au fiel contre Sarko, passe, en pleine campagne électorale, du côté de celui qu'il vilipendait la veille. Il tenait la corde assurément pour l'obtention du JUDAS d'OR de l'année qui récompense le plus beau retournement de veste.

C'est sans crainte qu'il aurait pu voir arriver un Jouyet et même un Bockel, mais  Bernard Kouchner a raflé la mise haut-la-main.


En 2008 (ne parlons pas de Bernard Tapie qui lui a depuis longtemps retourné son pantalon), Claude Allègre, qui avait déjà fait un tour de chauffe l'année précédente  ne semblait risquer que la concurrence de Baylet, le leader de ce qui reste de radicaux dit de gauche (auxquels appartiendrait justement Tapie) pour voir s'échapper un prix apparemment moins disputé.

C'était sans compter sur l'ineffable Jack Lang. L'ex-professeur de droit international se pique d'être un spécialiste de droit constitutionnel. Sans autre mandat que sa propre décision, il a donc siégé dans une commission Balladur, chargée de faire des propositions de révisions constitutionnelles. Bien que les propositions, déjà insuffisantes, de cette commission ont été encore rognées par la majorité sarkozyenne, se considérant (avec cette touchante modestie qui le caractérise) comme co-auteur du projet, il a donc voté OUI à une révision de la constitution qui ne passe que d'une voix. (La comparaison avec l'amendement Wallon qui instaure la 3e République à une voix également est totalement indécent, vu le contenu de ce texte).


Certes, on pourra arguer des méthodes quasi mafieuses employées pour convaincre les députés de droite de voter droit (les cris de pucelle effarouchée du Vicomte Le Jolis de Villiers de Saintignon à l'encontre de méthodes que lui et ses séides emploient constamment dans notre belle Vendée furent un pur moment de bonheur) : quelques uns ont baissé leur pantalon. Mais c'est la droite et ses problèmes.

Tandis que Jack Lang se disait de gauche (bien qu'il ait de longue date donné quelques signes d'ouverture à l'ouverture).  Il n'est resté parlementaire que grâce à un parachutage dans une circonscription imperdable.

Il a donc acquis sans conteste la presque certitude d'emporter le JUDAS d'OR 2008 pour un magnifique retournement de sa veste en cachemire.



Petit montage de 2007

 

 

L'opportuniste

Je suis pour le communisme
Je suis pour le socialisme
Et pour le capitalisme
Parce que je suis opportuniste
Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je n'ai pas peur des profiteurs
Ni même des agitateurs
J'fais confiance aux électeurs
Et j'en profite pour faire mon beurre
Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je suis de tous les partis
Je suis de toutes les patries
Je suis de toutes les coteries
Je suis le roi des convertis
Il y en a qui contestent
Qui revendiquent et qui protestent
Moi je ne fais qu'un seul geste
Je retourne ma veste, je retourne ma veste
Toujours du bon côté

Je crie vive la révolution
Je crie vive les institutions
Je crie vive les manifestations
Je crie vive la collaboration
Non jamais je ne conteste
Ni revendique ni ne proteste
Je ne sais faire qu'un seul geste
Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
Toujours du bon côté

Je l'ai tellement retournée
Qu'ell' craque de tous côtés
A la prochaine révolution
Je retourn' mon pantalon

Paroles: Jacques Lanzmann & Anne Segalen. Musique: Jacques Dutronc   1968

 

Jacques Dutronc - L'opportuniste sélectionné dans N.C.

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Mercredi 2 juillet 2008

Avec notre ado attardé, qui fait président, on n'est jamais déçu.  Déjà, il y a deux semaines, visitant un centre de soins palliatifs, il concluait des considérations oiseuses sur la douleur et la mort, où il clamait « C'est quand même pas depuis mon élection qu'on meurt ! C'est quand même pas depuis mon élection qu'on souffre ! », par « On ne doit pas laisser les gens mourir comme des bêtes !... D'ailleurs les bêtes sont des êtres humains » (Canard enchaîné 18/06/08). Cette semaine, après avoir visité les 17 blessés, victimes d'un sergent à Carcassonne, il affirmait « Tout sera mis en œuvre pour les soigner », ce qui lui vaut le mérité mur du çon du Canard de cette semaine.

Et, comme à l'accoutumée, il a été odieux.  Pointant le doigt vers le chef d'état-major,  très en colère,  il s'est exclamé : «Vous êtes des amateurs ! Vous n'êtes pas des professionnels !». Venant de quelqu'un qui, jusqu'à présent s'est montré indigne de la fonction qu'il occupe (Fouquet's, yatch de Bolloré, avec Carla c'est sérieux, Disneyland, casse-toi pauvre con... décidément l'habit présidentiel est taillé trop large et surtout trop grand pour lui), ça prend tout son sel.

Sa petitesse mesquine allait encore s'afficher sur FR3 quand il a fait un caca nerveux parce qu'un technicien refusait de le saluer. Il est vrai qu'à FR3, c'est une habitude : déjà, encore candidat, il avait fait sa petite rage d'enfant gâté parce qu'on l'avait fait attendre pour le maquillage.

Le tout frais Prèsident de l'union européenne n'a rien trouvé de mieux que d'allumer Pascal Lamy et l'OMC, ainsi que le représentant  de l'UE dans cette instance. Avec son culot cynique habituel, il a accusé l'OMC de vouloir diminuer de 20% les exportations agricoles européennes. Pur mensonge : il s'agit de baisser les subventions à l'exportation qui font que les agricultures africaines sont déloyalement concurrencées par nos produits agricoles, vendus moins chers qu'en Europe.

Bien que ça n'ait pas grand-chose à voir avec l'UE, il avait tenu à ce qu'on lui pose une question sur l'audio-visuel public. Avec ses moulinets des bras, ses doigts pointés, ses mouvements nerveux d'épaules et ses coups de mentons, il a dit haut et fort qu'il ne voyait pas de différence entre les télés de service public et  celles du privé. Du coup, de Carolis, à force d'avaler des couleuvres, en a eu un haut-le-cœur et a qualifié cette affirmation de notre Ouf 1er de stupidité ("Lorsqu'on dit qu'il n'y a pas de différences entre la télévision de service public et les télévisions privées, je trouve cela faux, je trouve cela stupide, et je trouve cela profondément injuste").  Aussitôt les pitbulls Lefebvre et Guaino ont été lâchés. Et Guaino n'a pas craint de dévoiler le pot aux roses : faire main basse sur l'audio visuel public avant la fin de l'année.

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Lundi 16 juin 2008

Bizarre, bizarre : Cannes est déjà loin, la palme d'or d' « Entre les murs », rangée aux rayons des souvenirs glorieux, mais le Nel Obs du 12/06 nous offre, sous la plume de Mme Lancelin, un portrait du « Prof à la palme d'or ». Plutôt à charge. Et, pour compléter le critique cinématographique tacle vicieusement le film.

« S'il est une chose qui ne doit rien au hasard pourtant, et tant à l'énergie déployée tous azimuts depuis cinq ans par l'auteur, acteur principal et coscénariste d'«Entre les murs», le film de Laurent Cantet, c'est bien ce sacre cannois. » ne craint pas d'affirmer Mme Lancelin. Chronique d'une palme annoncée ? alors que le film a été ajouté in extremis à la sélection française et qu'avant la proclamation du palmarès, sauf erreur, aucun critique n'avait prévu ce film comme lauréat. Mais ce qui compte c'est de brosser, de touche en touche, le portrait d'un ambitieux calculateur. Certes, c'est un « polémiste hors pair ». Mais il bénéficie d' « Une exposition maximale à tous les courants d'air d'une branchitude huppée qui n'est pas sans susciter nombre de commentaires rugueux chez ses confrères écrivains. »

Et si l'on n'avait pas vraiment compris, elle cite un ancien et anonyme membre d'une revue co-fondée par Begaudeau qui assène : «Au moins Rastignac était un personnage sombre... Le problème de François, c'est qu'il en a l'arrivisme, sans la négativité. Il est terriblement «en phase» avec l'époque. Au fond, c'est un animateur socioculturel plus qu'un artiste.» Il est évidemment défendu par ses éditeurs : le évidemment qui tue !.

On n'échappe pas à la bien-pensance (elle est là black-blanc-beur, mais elle peut être socialo bobo ou humaniste béatifiante) ? Pour enchaîner sur une mesquine attaque du logorrhéique héraut de la rétro-pensée spécialiste de la crétinerie et qu'elle présente comme l'auteur d'un rude pamphlet contre les fossoyeurs de l'école de la République, alors que son torche-cul fait partie de la sous-littérature catastrophiste. Brighelli, puisque c'est de lui qu'il s'agit, se livre à une de ses attaques ad hominem dont il est un champion.

Après avoir noté dans son œuvre une fascination pour les dispositifs totalitaires, noté aussi que tel Pialat, « François Bégaudeau a aussi dressé un poing rageur, mais plutôt à la manière d'un hooligan victorieux un soir de Ligue des Champions. » Mme Lancelin conclut : «  Et puis il s'est tenu en retrait, ostensiblement* dissimulé par plusieurs rangées de jeunes élèves métissés. Un double jeu* qui ressemble bien au nouveau premier de la classe. »

Avec M. Mérigeau, on frise le surréalisme. Il note bien pourtant que « sans attendre d'avoir vu le film, tout le monde se déclare d'accord », mais pour nous expliquer ensuite que le film est tellement bien fait - solidement dialogué, habilement scénarisé, aucune cheville ne fait défaut et quelques clichés bien compris ne manquent pas non plus (le compliment glisse dans la pure vacherie) - que chacun bat des mains. Soit ce brillant critique n'a pas encore assimilé le principe de non contradiction, soit il veut dire que chacun a raison de l'applaudir (sauf quand même la fine fleur des rétropenseurs) car il est fabriqué pour plaire à tous et chacun l'a pressenti sans même le voir !  Pour conclure, le bougre n'y va pas par quatre chemins : « Trop superficiel pour encourir le reproche de démagogie, trop prudent pour prendre parti, voulant trop fédérer pour s'autoriser la nuance, «Entre les murs» en s'ouvrant à tous vents s'offre à toutes les récupérations. C'est dans l'art du commerce une vertu cardinale. »

Tout cela est un peu puant. Et qui ressort de la branchitude de ceux qui la jouent critique oblique, pas franche du collier, vicelarde même, pour faire miroiter leur distance hautaine du vulgum pecus !

 

* C'est moi qui souligne

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Mercredi 11 juin 2008
Ce matin (11/06/08), aux infos de France-Inter, il est question d’inondations, je ne sais plus où, suite à un violent orage. Un brave homme nous apprend qu’il y a deux mètres d’eau dans sa cave.

Or, le 3 juin, dans la commune de Grand Santi, des habitations avaient de l’eau jusqu’au toit. Soit j’ai mal écouté et regardé, soit il n’y a eu aucun écho, et les images – pour autant que le FR3 local en ait tourné – n’ont pu traverser l’Atlantique.

Un enfant disparu, plus de 1000 personnes abandonnant leur demeure, quelque part au bord du fleuve Maroni, selon la loi de proximité, c’est moins important que les caves de Trifouillis-les-Bruyères où les soldats du feu se sont transformés en shadoks et ont dû pomper toute la nuit.

La catastrophe Guyanaise qui touche aussi, en aval, Saint-Laurent-du-Maroni (c’est là et non à Cayenne que débarquaient les forçats, et l’île du diable où fut relégué Dreyfus se trouve en face de Kourou, mais cependant, dans notre imaginaire, Cayenne fut longtemps synonyme de bagne) n’aura donc pas les honneurs de nos radios ou télés hexagonales, fussent-elles du service public.



S’agissant de l’enseignement public, le même effet distance (et la totale ignorance des réalités guyanaises) joue. Il est vrai que, si en métropole Darcos peut arguer de baisses d’effectifs pour justifier(?) sa saignée drastique de postes, l’argument est balayé par les faits dans ce DOM américain où on estime à 3000 le nombre de jeunes relevant de l’enseignement obligatoire, non scolarisés. Le fameux fleuve Maroni en crue, bien qu’il soit d’une largeur qui ferait passer la Seine pour un aimable ruisseau, n’empêche pas les pirogues du Surinam de passer d’une rive à l’autre et c’est la même chose, à l’opposé, côté Brésil avec l’Oyapock. L’immigration est donc, proportionnellement, massive. Et de nombreux enfants n’ont pas le Français comme langue maternelle. D’où la nécessité de mettre en place des actions pédagogiques spécifiques.

Rien n’est fait ou presque, si bien que la situation scolaire est catastrophique et que les enseignants par des actions répétées tirent la sonnette d’alarme… en vain, jusqu’à présent. Et sans que les médias se fassent l’écho de leur action.

C’est bien loin, la Guyane !

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Dimanche 8 juin 2008
Fillon en aurait ? Bon, d'accord ça se saurait !
Mais, j'ai fait un rêve...
Fillon invité de l'émissions de M'ame Chabot (vous savez, celle qui a invité Sarko, à l'époque Ministre, à sa nouvelle émission, la veille du jour où on allait décompter le temps d'antenne) en profite pour déclarer : " J'en ai marre de servir d'essuie-pieds à cet
ado attardé qui fait rien qu'à m'insulter et je vous remercie Madame de m'avoir invité pour annoncer solennellement que je démissionne et qu'il se dem.... avec sa bande des sept"
Vous l'aurez compris, l'angevin sacavin* a dû abuser du Champigny pour rêver une seconde que le mangeur de rillettes, confit en dévotion, ne tende pas la fesse gauche après avoir reçu un grand coup de pompe sur la fesse droite.
Que les saints moines de Solesmes prient pour lui !

* Angevin sacavin, angevine...  ça se devine !
par J.-F. Launay publié dans : humeur communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mercredi 4 juin 2008

Avec “Palme d'or pour une syntaxe défunte” Alain Finkielkraut (Le Monde 03/06/08) nous rejoue la fable d’Esope : le loup déguisé en agneau.

 

Il s’agit bien sûr de François Begaudeau et d’Entre les murs. Cela démarre sur un ton quasi bénin : « Sa joie [à Begaudeau] fait plaisir à voir ». Mais déjà le mépris transpire avec un « On lui pardonne même son brin de suffisance » (venant du parangon de modestie qu’est notre prétendu philosophe, ça prend tout son sel).

Ensuite, vient le grand couplet classique de la victimisation : non seulement, il n’a pas le triomphe modeste, notre auteur-acteur, mais il l’a acrimonieux et il s’en prend avec aigreur “aux fondamentalistes de l’école républicaine” « qui prônent » “l’approche exclusive de la langue française par les grands textes“.

Si l’on lit bien la citation faite par notre indulgent prof de l’école polytechnique, il y a bien l’adjectif exclusive. Il feint évidemment de ne l’avoir point lu, pour, avec cet art consommé de l’amalgame qui fait tout son charme, convoquer Proust, Racine et Balzac, sous entendant très fort que l’agrégé de lettres les récuse.



Un moment de lucidité cependant dans cet autoportrait : « le fondamentalisme est arrogant, catégorique et binaire » ; « le fondamentalisme enferme l'esprit dans le cercle étroit d'une vérité immuable. » Tout-à-fait lui, quand il coupe la parole aux invités de sa propre émission (France culture) pour asséner, avec plus qu’un brin d’arrogance, sa Vérité absolue.



Mais où est passée la syntaxe ? Enfin la voilà : des jeunes filles se plaignent que leur prof les a insultées de pétasses. Dans le livre, comme dans le film, semble-t-il, Begaudeau se bat contre traiter et insulter qui subissent des destins croisés : à « M’sieu, untel il m’a traité » a succédé un « M’sieu, il m’a insulté de con ». Il avoue, avoir cédé, par souci d’efficacit à l’utilisation que l’on suppose ironique de cet insulter devenu transitif.

Alors là, on retrouve notre imprécateur des grands jours : « la civilisation ne demande pas à la langue d'être efficace, d'être directe, de permettre à chacun de dire sans détour ce qu'il a sur le cœur ou dans les tripes […] Naguère aussi, on respirait dans les œuvres littéraires ou cinématographiques un autre air que l'air du temps ». Amalgame encore : bien sûr que la poésie n’a pas pour vocation d’être efficace, ni d’ailleurs le roman… mais il s’agit là, d’une relation prof/groupe classe dont le cher homme n’a aucune idée qui n’a jamais eu en face de lui, une classe black-blanc-beur de 4e. A-t-il d’ailleurs la moindre notion de ce qu’on appelle les niveaux de langage, sacré nom de dieu, comme écrivait Flaubert dans ses lettres ?



Le ton bénin du début s’emballe vers un pur délire, avec une exécution en règle de Sean Penn (Président du jury de Cannes et donc cause de cette horrible Palme d’or) qui s’achève par cette haute pensée : « l'idéologie règne et veille à ce que notre vie tout entière se déroule entre les murs du social ».

par J.-F. Launay publié dans : humeur communauté : Libre expression
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Lundi 2 juin 2008

Pour être plombier il faut au moins un CAP (Certificat d’Aptitude Professionnelle) et s’être quelque peu coltiné les robinets et les tuyaux, les tinettes et les lavabos.

Pour être prof, grâce à Sarko et Darcos, un master et plus de vraie formation professionnelle. Certes on baptisera toujours le diplôme de CAPes, mais on pourra supprimer le A et le P. Ce master réjouit le SNES* et  ses satellites, qui démontrent une fois de plus qu’ils sont non seulement conservateurs mais réacs (eh ! oh ! Brighelli, tu peux quitter le SNALC et venir au SNES) car "la formation est un processus long qui doit être validé par un master liant connaissances scientifiques et professionnelles, avec un ancrage disciplinaire fort et s’appuyant sur la recherche. La formation disciplinaire actuelle doit s’enrichir de modules d’épistémologie, d’histoire de la discipline, de didactique... pour mieux répondre aux défis de la réussite de tous". Et l’élève dans tout cela ?  L’élève en tant qu’il apprend, pour reprendre la formule si juste d’Antoine Prost, l’élève avec lequel le stagiaire d’IUFM dans son stage « en responsabilité » était confronté, ce groupe-classe avec sa vie complexe, qu’importe : du moment que l’ancrage disciplinaire est fort.

Et c’est avec ces profs mastérisés que Darcos prétend construire un nouveau lycée  "plus modulaire", "qui laissera davantage d'autonomie aux élèves pour leur permettre d'exprimer leurs talents et d'élaborer des projets".

Faut-il ajouter que cela permet d’économiser l’année de certifié stagiaire (la revalorisation des débuts de carrière promise est gagée sur cette suppression) ? Conséquence, le recrutement des futurs enseignants se fera globalement dans des catégories sociales aisées.

Et cerise sur ce gâteau, généralisation hâtive du bac pro en trois ans : pour faire des économies, bien sûr ? Que non : "pour leur donner la même dignité" que les autres bacs ! Que d’élèves, orientés plus ou moins par défaut, vers un LP ont pu, à l’issue d’un BEP (souvent doublé d’un CAP) soit partir vers un Bac techno, soit poursuivre vers un Bac Pro, terminé !

Après de nouveaux anciens programmes en primaire, la régression fait rage et le futur manque terriblement d’avenir.

 

Ecouter aussi : http://www.lemonde.fr/web/panorama/0,11-0@2-823448,32-1052907@51-1050664,0.html


Comme me le fait justement remarquer par courriel un militant associatif, le SNES n'est pas monolithique et G. Aschieri, face à P. Meirieu, ce matin (03/06/08) sur France inter, tenait des propos beaucoup plus nuancés que les termes de ce communiqué (cités par le Café pédagogique).

Ce miltant m'envoie également des extraits d'un communiqué du PCF :

"Le PC dénonce "des économies sur le dos de la formation des enseignants"

Le parti communiste a dénoncé lundi "des économies sur le dos de la formation des enseignants" après les annonces faites en la matière par le président Nicolas Sarkozy.

"Le président de la République vient d'annoncer son intention 'd'intégrer' les différents concours de l'éducation nationale aux cursus universitaires. Cette annonce revient tout simplement à supprimer les IUFM, c'est à dire les outils de formation professionnelle spécifique" aux enseignants, estime le PCF dans un communiqué.

"Sans IUFM, les jeunes enseignants seraient priés de se former sur le tas puisqu'ils seraient directement affectés à un poste sans stage préalable comme c'est le cas aujourd'hui : avec quelles conséquences pour les élèves?", interroge le parti de Marie-George Buffet.

Pour le PC, "derrière cette décision, se profile également un choix idéologique assumé : casser des espaces de formation et de réflexion que les libéraux jugent encore trop insoumis à leur visée"."


par J.-F. Launay publié dans : humeur communauté : Quelle école pour vos enfants?
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