Né à Prague en 1935, Jan Saudek, d’origine juive, connaîtra, avec son frère jumeau, les camps de concentration nazis, à la fin de la 2de guerre mondiale.
A 15 ans, il entre à l’usine.
La découverte du catalogue de l'exposition organisée par E. Steichen: "La Famille de l'homme" fut pour lui une révélation.
En 1977, il confie au magazine Zoom : « Je vis de mon travail à l'usine: chaque jour, de six heures du matin à trois heures de l'après-midi. Le samedi et le dimanche, je fais mes photos et mes peintures. J'utilise un vieil appareil tchèque, le Flexaret 6x6 et un Exacta 24x36.
Tout ce que je sais en photographie, je l'ai appris par moi-même. je n'appartiens à aucun groupe et je n'ai jamais quitté la Tchécoslovaquie, sauf pour un voyage à pied en Yougoslavie en 1966. J'ai aussi été aux Etats-Unis en 1969, où un professeur d'université m'avait invité.
Là, on m'a demandé de faire une exposition au Fine Arts Museum de Chicago en 1976; toutes les photos ont été vendues. Avant, je n'avais exposé qu'une fois, dans un théâtre de Prague. C'était en 1963.
Je vis dans une pièce unique qui se trouve dans une cave. La moitié de mes photos sont faites contre le mur humide et craquelé qui se trouve juste en face de mon lit. Travaillant toute la journée à l'usine, photographiant et peignant les samedi et les dimanche. Je suppose que je suis heureux... »
Jan Saudek – avec Andres Serrano, mais dans un tout autre genre – est sans doute un des photographes des plus dérangeants.
Ses photos, coloriées à la main, avec une mise en place très élaborée, où se mêlent le kitsch des
acce
ssoires et le lépreux du décor, mettent en scène un univers fellinien. Le
mur du fond – fond des photos également – de sa cave a une fenêtre-soupirail très souvent remplacée par un trompe-l’œil : nuage,
ciel, paysage urbain, ville gratte-ciel, mur. Des personnages peuvent en jaillir.
Son œuvre est fort accessible, ne serait-ce que par son site officiel. Le montage qui suit n’en donne qu’un aperçu subjectif.
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