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20 novembre 2017 1 20 /11 /novembre /2017 18:35

Mise à jour 22/12/2017

CATALOGNE : 21D
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Un statu quo qui masque la défaite de la gauche

La forte participation (82%) était censée profiter aux unionistes—la majorité silencieuse venait aux urnes—il n’en a rien été.

Le rapport de forces  sécessionnistes/unionistes : quasi statu quo puisque les nationalistes, en 2015 sur une seule liste, plus la gauche anti capitaliste (CUP) faisaient 47,8 % des voix, alors que JxCat+ERC+CUP font 47,5% en 2017.

Mais derrière cette apparente stabilité, il y a d’abord l’écroulement de la CUP qui perd la moitié des voix et ne compte plus que comme force d’appoint marginale, il y a surtout la surprise de voir le parti de Puigdemont (JxCAT) prendre la tête des partis nationalistes, alors que jusqu’au bout les sondages mettaient la gauche nationaliste (ERC) devant. Et les sièges perdus par la CUP sont à 2 près récupérés par les deux autres (JxCAT+ERC=66 contre 62 pour la liste unique en 2015). Au total les sécessionnistes gardent la majorité en sièges (sous réserve que la CUP-croupion joue toujours son rôle de force d’appoint).

Du côté des unionistes, là, comme prévu, c’est Ciudadanos (C’s) qui l’emporte et même plus largement que prévu : 1er parti en voix et en sièges. Comme prévu aussi, le PP de Rajoy se marginalise encore plus que l’autre extrême, la CUP, perdant la moitié des voix et ne sauvant que 3 sièges sur 11. Le Parti Socialiste (PSC) progresse mais moins que ce que lui prévoyait les sondages : +1point et +1 député. Quant à l’alliance des amis de la Maire de Barcelone, Ada Colau, et de Podemos (CeC-Podem) non seulement elle n’atteint pas le score de 2015 mais elle perd 3 députés.

 

Dans un jeu politique plus classique—c’est-à-dire sans la querelle de l’indépendance—malgré l’effondrement du PP, la gagnante serait la droite avec 51 %. Donc la perdante est bien la gauche catalane. L’ERC n’a pas pris la tête du camp sécessionnistes, les amis de Colau et de Podemos stagnent, et le PSC progresse trop timidement.

Dans les deux camps ce sont les partis de la droite libérale—unionistes affirmés avec Ciudadanos, sécessionnistes avec JxCAT—qui l’ont emporté.

Et, comme prévu du coup, l’impasse est totale.

 

 

 

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Mise à jour 20/12/2017

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Le dernier sondage à 48 h des élections est paru en Andorre, le 19/12. La publication de sondages étant interdit en Espagne à 48h du scrutin.

Il a été réalisé entre le 16 et le 18 décembre par GESOP (institut d’études et de statistiques de la Generalitat). Il donnerait la tête à ERC d’un cheveu devant Ciutatants (C’s), contrairement à tous les sondages précédents. Les sécessionnistes devanceraient les constitutionnalistes de presque 3 points (46,3 % contre 43,4 %) et tourneraient autour de la majorité entre 67 et 70 sièges contre 55 à 58 pour leurs rivaux. Une alliance transversale de gauche – ERC+PSC+CeC-Podem – n’aurait une majorité théorique que dans la meilleure hypothèse (69 sièges), elle reste cependant politiquement très improbable.

Si ce sondage devait se réaliser le 21 D, on serait proche du statu quo donc bel et bien dans l’impasse, sauf si ERC et JxCAT, comme ils l’ont laissé entendre à un moment, abandonnaient la DUI (déclaration unilatérale d’indépendance) pour la recherche d’une solution avec le gouvernement central. Auquel cas la CUP sortant du jeu, CeC-Podem pourrait jouer un rôle…

 

Pour compléter :

Élections en Catalogne: le "HuffPost" Espagne décrypte les trois scénarios possibles

Antonio Muñoz Molina : "L'Espagne ne peut pas gagner contre la Catalogne , ni la Catalogne contre l'Espagne"

 

Mise à jour 18/12/2017

CATALOGNE : 21D
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Dernières estimations

ATTENTION il ne s'agit plus d'un sondage mais d'un essai de synthèse des sondages réalisés à partir de matrices élaborées lors d'élections précédentes

La prévision est que les sécessionnistes (ERC, JxCAT et CUP) ont 54 % de probabilités d’atteindre la majorité des sièges. Pratiquement autant que de jouer à pile ou face. Dans 46 % des probabilités ce serait donc Ciudadanos (C's), PSC, PP et CeC-Podem qui atteindraient cette majorité.

Quant à la probabilté que les trois partis constitutionnels – C’s, PSC, PP – obtiennent seuls la majorité des sièges elle est de 3%.

Une majorité transversale de gauche (politiquement très improbable) – ERC, PSC et CeC-Podem – est de 14 %.

Celle que ERC, JxCAT et CeC-Podem, dépassent les 68 sièges est de 70 % : un peu moins improbable politiquement une telle alliance n’est cependant pas évidente.

Méthodologie : Le prévisions sont le produit d’un modèle statistique basé sur les sondages et leur fiabilité dans le passé. Ce modèle est semblable à ceux qui eurent cours en France ou au Royaume-Uni.

Il fonctionne en 4 étapes :

  1. Agréger et pondérer les enquêtes catalanes  
  2. Projeter cette pondération sur chaque province
  3. Introduire les éléments d’incertitude prévisibles
  4. Simuler 10 000 élections pour calculer les probabilités.

Mise à jour 15/12/2017

escaños=sièges

escaños=sièges

Le sondage de Metroscopia, réalisé entre le 4 et le 12 décembre, confirmerait la première place de Ciutadans (C's), mais avec une remontée nette d'ERC par rapport au sondage de CIS au détriment du parti de Puigdemont JxCat, la CUP stagne, le PSC s'effriterait, le PP reste au plus bas, et CeC-Podem se maintient. Mais globalement, les constitutionnalistes l'emporterait en voix sur les sécessionnites (44,9% contre 43,8%) qui eux continueraient à l'emporter en sièges, mais loin de la majorité absolue (63 contre 61 sièges).

Une assez improbable alliance de gauche (ERC+PSC+CeC-Podem) aurait besoin de l'encore plus improbable neutralité bienveillante de la CUP (style soutien sans participation) pour avoir une majorité relative fiable (64+8).

 

Source : 

Sondeo preelectoral en Cataluña de Metroscopia

 

NB Si vous êtes paumés dans les différents sigles des partis voir

Catalogne : en un combat douteux

Mise à jour 04/12/2017

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Le sondage du CIS, réalisé juste après celui de Metroscopia, en diverge assez nettement puisque ERC y régresse de presque 6 points – de 26,5% à 20,8% - JxCat, parti de Puigdemont, se redresse de plus de 3 points, mais, surtout Ciutadans (C’s) bien qu’avec un score moindre que celui prévu par Metroscopia  - 22,5% contre 25,3% - prendrait la tête, le PSC continuant de progresser et CeC-Podem reprenant deux points.

Se confirmerait cependant l’équilibre des deux camps, sécessionnistes et constitutionnalistes, à un peu plus de 44%. Et si les sécessionnistes, par le jeu de la répartition des sièges, restent en tête, ils n’atteindraient pas la majorité absolue à 66/67 députés.

 

Pour compléter :

Las cinco claves del CIS sobre las elecciones en Cataluña

 

Mais bien sûr rien n'est joué comme le souligne la Vanguardia

Mise à jour 26/11/2017

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Sondage Metroscopia-El País publié le 26/11/17

La remontée de PDeCat (devenu Junts per catalyuna JxCat) par rapport à ERC ne se confirme pas, puisque JxCat retombe à 15%, tandis qu’ERC dépasse les 26%, et en nombre de sièges prévus ERC à 39 dominerait une future coalition devant JxCat à 21. Dans le camp sécessionniste, la marginalisation de la CUP se confirme perdant plus de 2 points et 3 sièges. Si bien que les indépendantistes n’auraient plus la majorité absolue.

Côté anti-indépendantistes la double percée de Ciudadanos (Ciutadans C's) et du PSC se confirme, tandis que le PP chute. C’s avec 25% des voix gagnerait 10 sièges. Le PSC avec 15% en gagnerait 3. Le Parti Popular de Rajoy, lui paye le prix fort avec une perte de plus de 2 points et 5 sièges en moins.

En pourcentage, indépendantistes et non indépendantistes feraient jeu égal à 46 %.

L’alliance des amis de Colau et de Podemos, CeC-Podem, bien qu’en perte de vitesse (- 2 points et -3 sièges)  peut être courtisée par les sécessionnistes pour assurer une majorité.

Une alliance alternative de gauche ERC+PSC+CeCPodem+CUP est totalement improbable, Ada Colau venant de rompre avec le PSC au sein de la municipalité et les positions de la CUP étant incompatibles avec celles du PSC (il est vrai qu’elle l’était aussi, sauf sur la volonté sécessionniste, avec celles de l’ERC ou de JxCat qui s’affichaient à l'époque pro-européens).

Ce sondage, réalisé à 1 mois de l’élection – 20 au 22 novembre 2017 - repose sur une base solide surtout pour une élection régionale, puisque l’échantillon est de 1800 personnes.

 

NB La répartition par province confirme que celle de Barcelone est celle qui est nettement la moins sécessionniste (nettement minoritaire) et que si la répartition des sièges était correcte, le camp sécessionniste serait loin de la majorité.

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Entre GAD3 et GESOP, deux instituts de sondages, mais le 2e émanant de la Generalitat, les écarts en sièges peuvent paraître minimes, mais font toute la différence entre un parfait statu quo - GESOP qui prévoit une majorité au bloc sécessionniste – et une situation plus ouverte – GAD3. El País, reprenant tous les sondages, s’essaie à un exercice de moyenne pondérée qui aboutit aussi à élargir les hypothèses. Mais rappelle en même temps l’injustice totale de la répartition des sièges entre les 4 provinces qui forment la Catalogne.

GAD3

GAD3

GESOP

GESOP

NB Si vous êtes paumés dans les différents sigles des partis voir

Catalogne : en un combat douteux

A un mois des élections catalanes, si l’on en croit les deux derniers sondages, l’écart entre les deux ex alliés de Junts pel Si se resserre. Si ERC garde encore un net avantage, le parti de Carles Puigdemont, PDeCat, qui a encore changé de nom pour devenir Junts per Catalunya (JxCat), semble repartir sur une courbe ascendante. Si la moyenne pondérée d’El País le situe à 11% à peine, GAD3 comme GESOP l’estime à plus de 16%. Un gain de plus de 5 point équivalent à la perte d’ERC (moyenne 28,4, scores estimés de 23,1 à 23,9 pour GAD3 et GESOP).

La CUP perd des plumes dans toutes les prévisions. Et si GESOP prévoit quasi la même majorité en sièges, GAD3 ne l’envisage et de peu que dans la fourchette haute.

Du côté des non sécessionnistes, le PP semble victime de la mise en œuvre du 155, car si la moyenne d’El País lui donne encore 9%, GAD3 le voit à 7,8 % et GESOP à 5,7% (un écart de 2 points entre deux sondages quasi simultanés !).

Le PSC – Parti Socialiste Catalan allié constant du PSOE -  en toute hypothèse, semble avoir le vent en poupe puisque si la moyenne des sondages le mettait à 13,6 %, GAD3 le voit à 15,1 et GESOP à 18,1.

Ciudadanos prendrait la 2e en place mais avec une moyenne de 18,8 et si GAD3 l’estime à 22,3, GESOP le met quasi à égalité avec le PSC à 18,6%.

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Restent les ni-ni, ni sécession ni 155, alliance des partisans d’Ada Colau, Maire de Barcelone, et de Podem (branche de Podemos), Catalunya en Comú (CeC) : une moyenne de 10,1 % qui s’effrite à 8,6% pour GESOP et même à 7,6 % pour GAD3.

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Le Graphique d’El País donne une estimation, à partir de ses moyennes pondérées, entre les quatre provinces qui composent la Catalogne.

La province de Barcelone représente les trois quarts de la population ; Tarragone un dixième, Gerone 9% et Lleida 6%.

Les différences dans cette répartition sont significatives. A Barcelone le bloc indépendantiste fait 42 %, Ciudadanos (C’s) 20 %. En revanche, dans les trois autres provinces, C’s tombe à 12 % et les partis sécessionnistes ont une très confortable majorité. Ce qui montre au passage, que ce sont bien les régions les plus traditionnelles, et non la bourgeoisie d’affaires, qui sont le noyau dur de la sécession.

Mais, on l’avait déjà noté aux élections de 2015, le poids démographique de la province de Barcelone ne se traduit pas dans les urnes. Le système électoral avantage énormément les régions les moins peuplées. Les Barcelonais ont droit à 1 député pour 49000 personnes, tandis que dans la province de Lleida, c’est 1 député pour 21000 personnes. Pour les provinces de Tarragone et Gerone, c’est 1 siège pour 31000 personnes. Plus qu’un sérieux coup de pouce pour les partis sécessionnistes, moins bien implantés à Barcelone.

La répartition actuelle des sièges est de 85 pour Barcelone, 18 pour Tarragone, 17 pour Girone et 15 pour Lleida.

Une répartition en fonction de la population donnerait 101 sièges à la province de Barcelone, soit 16 de plus, 14 à Tarragone soit 4 de moins, 12 à Girone soit 5 de moins et 8 à Lleida soit 7 de moins.

Le cas catalan est curieux puisque cette répartition des sièges date de 1979, quand le statut d’autonomie a été établi. Pour le réformer, il faudrait réunir les deux tiers des voix du Parlement catalan (c’est d’ailleurs cette même majorité des 2/3 qui eût dû être réunie en septembre pour les votes sur l’indépendance et l’établissement de la République, mais obligation qui a été esquivée par un tour de passe-passe).

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Cette inégale répartition des sièges rend la projection en sièges des prévisions de pourcentages un peu plus compliquée.

Mais si GESOP prévoit, en sièges, une victoire quasi assurée du bloc sécessionniste (fourchette de 68 à 71), GAD3 pronostique un jeu plus ouvert, car ce n’est que dans la fourchette haute que le bloc dépasserait la majorité.

D’autant que des évolutions, ténues mais réelles, semblent se faire jour, non pas à la CUP farouchement indépendantiste, anti-capitaliste et anti-européenne, mais à PDeCat et ERC qui semblent prêts à remettre à plus tard une indépendance dont ils se rendent compte, peut-être, qu’elle est problématique. Donc l’apport de la CUP pourrait manquer, redistribuant les cartes, avec un CeC niniste qui, bien qu’affaibli d’après les sondages, jouerait le rôle de parti charnière…

Les prochains sondages permettront peut-être de voir si les lignes de force qui se dessinent – rééquilibrage entre ERC et PDeCat, chute de la CUP et du PP, montée du PSC – se confirment et surtout si le jeu s’ouvre par l’absence d’une majorité sécessionniste.

 

Profusion de listes

17 listes, soit 6 de plus qu’en 2015, se présentent aux élections catalanes de 2017 : 16 dans la province de Barcelone, mais si dans celle de Tarragone elles ne sont que 12, on en trouve une qui n’existe que là, Ciudadanos Libres Unidos (CILUS= citoyens libres et unis).

Parmi ces listes, outre les grandes formations (ERC, PP, PSC etc.) on trouve un Parti animaliste contre les mauvais traitements aux animaux, un autre Pour un monde plus juste, la famille est bien défendue avec deux listes : l’une intitulé La Famille Paix et Liberté, l’autre Parti Famille et Vie, un groupe invoque la Démocratie Nationale, un Groupe Vert prône la croissance zéro, un dernier enfin n’hésite à donner dans le sigle pléonastique puisqu’il se veut convergent et uni et socialiste et pour la démocratie.

Il n’y a que 11 listes dans les provinces de Girone et de Lleida.

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 17:21
CATALOGNE 27S

“A Madrid je travaille librement. A Barcelone le nationalisme a tout infecté.” Ana Nuño, auteure et traductrice Vénézuélienne

Voir les résultats en annexe

Dimanche prochain – 27 S comme on dit de l’autre côté des Pyrénées – auront lieu les élections catalanes. Artur Mas, président sortant de la Generalitat, veut en faire une élection référendaire pour l’indépendance. Si l’on en croit le sondage de metroscopia, la coalition un peu hétéroclite qu’il emmène - Junts pel Si – avec l’appui d’un parti indépendantiste de gauche – CUP – obtiendra la majorité absolue des sièges et frôlera la majorité absolue des suffrages. Ce scrutin risque donc de percuter la vie politique espagnole – dont les élections générales auront lieu en décembre – et porte en germe une balkanisation de l’Europe. Il risque aussi de précipiter la Catalogne fièrement vers l’insignifiance culturelle !

 

 

Contrairement à l’hexagone, où l’on voit proliférer des officines sondagières douteuses (style ODOXA), l’Espagne semble ne connaître que deux instituts : Metroscopia et CIS. Le 1er a été relativement fiable dans les élections andalouses.

Le sondage de Metroscopia constate un effritement des forces coalisées par Mas : séparément CIU, conservateur, et ERC, gauche, comptaient 71 élus, coalisés avec d’autres ils en auraient 4 ou 5 de moins, la dynamique de l’union ne se sent guère. Mais cette perte est largement compensée par la CUP qui bondirait de 3 à 10-11 élus. Les indépendantistes seraient donc majoritaires dans le futur parlement. Et quasi majoritaires en voix.

Les non indépendantistes, eux, avancent en ordre très dispersé. Entre le PP, figé dans le statu quo, Ciutadants (C’s) très espagnoliste et le PS Catalan assez ambigu ou la coalition de Podemos et d’IU ouverte à de profondes évolutions de l’autonomie, il ne peut y avoir de front uni.

   Cependant les indépendantistes auraient tort de prendre leur probable victoire pour un blanc-seing vers l’indépendance. Le même sondage révèle que seuls 22% des sondés considèrent que leur victoire serait un mandat pour proclamer l’indépendance catalane tandis que 66% la considèrent comme un mandat pour négocier avec le gouvernement espagnol les termes et les modalités d’une possible indépendance. Et si un référendum pleinement légal avait lieu les sondés se partagent à part égale (49-49) et même les indépendantistes deviennent minoritaires si l’indépendance se paye d’une sortie de l’Europe (41-49).

Manque la question sur l’exclusion du Barça du championnat Espagnol !

   Mais le prix à payer pour ce repli nationaliste, comme le montre l’écrivain péruvien  Santiago Roncagliolo, est la fin d’une époque où la Catalogne avec Barcelone était admirée pour son esprit cosmopolite et son ouverture. Pendant des décennies, son bilinguisme parfait était le propre d’une société cultivée, fière d’elle-même et en même temps ouverte au dialogue.

Pour les écrivains de langue espagnole Barcelone a toujours été plus importante que n’importe quelle capitale. L’essor de la littérature latino-américaine s’est forgé en Catalogne. Pour lui, Barcelone est en train de perdre son statut de capitale éditoriale. Et il rappelle aux politiques catalans à la vue basse, que la langue espagnole, qu’ils répudient, est la langue de 500 millions de personnes. Dans cet immense monde hispanophone, plein d’énergie créatrice, Barcelone a toujours été un New-York. Aujourd’hui, elle s’entête à devenir la Lettonie.

Comme tout nationalisme, celui des Catalans est fondé sur la conviction de leur propre supériorité. Le nationalisme catalan est convaincu que son peuple est plus travailleur, plus moderne, plus cultivé que les Andalous ou les Galiciens, et il résume ces qualités par le concept « plus européen ». Face à des gens qui se considèrent plus européens que d’autres européens, que pouvons-nous espérer, nous autres Latinos-Américains ? Tout ce qu’un nationaliste catalan méprise dans l’Espagne, c’est ce que nous représentons.

Les nationalistes construisent une société plus provinciale. Leur seul projet culturel est de précipiter la Catalogne fièrement vers l’insignifiance. (extraits de Perdiéndonos la fiesta, El País, 23/07/15, traduction du Courrier International 17/09/15).

Outre cette régression provincialiste, le prix à payer pour l’Espagne et pour l’Europe d’une crise catalane sera sans doute bien plus lourd que la crise grecque. Le contrecoup sur les élections générales espagnoles risque d’être une crispation nationaliste antagoniste qui ne profiterait qu’au PP. La balkanisation, dont on a pu voir les effets délétères dans l’ex-Yougoslavie, pourrait s’étendre bien sûr au Pays Basque espagnol, avec des conséquences de l’autre côté de la frontière, puis en Italie du Nord, etc. Les souverainistes de tout poil y trouveraient leur compte !

Artur Mas pourrait passer dans l’Histoire, mais comme un apprenti sorcier.

 

 

Résultats des élections catalanes du 27S

CATALOGNE 27S

Annexe

Résultats des élections catalanes (El Pais, 28/09/15)

La coalition indépendantiste (Junts pel si) et le parti indépendantiste CUP ont la majorité des sièges (72), mais pas la majorité des voix (47,8%). Comme le titre El País : « Les indépendantistes gagnent les élections mais perdent leur plébiscite ».

 

Si Ciudadanos (Ciutadans : très anti indépendantiste)  a réussi sa percée, devenant le deuxième parti catalan, Podemos allié à la gauche unie locale (Catalunya sí que es Pot) obtient un résultat médiocre. Le PS catalan sauve les meubles en perdant 4 sièges, tandis que le PP en perd le double.

 

On note aussi que Barcelone et sa région sont les moins indépendantistes avec 44,8%.

 

Artur Mas (président sortant) et son hétéroclite alliance ont beau crier victoire, ils ne sont pas en position de force pour négocier une indépendance dont la ratification par un référendum est très loin d’être assurée. D’autant que les élections générales qui vont suivre vont geler toute discussion dans les prochains mois.

CATALOGNE 27S

Les UNES : victoire pour les uns, échec pour les autres

NB La majorité des sièges aux indépendantistes tient aussi à la répartition des sièges entre les quatre circonscriptions Barcelone, Lleida, Girone et Tarragone.

Barcelone et sa région - les moins indépendantistes (44,3%) - sont sous-représentées par rapport aux trois autres.

CATALOGNE 27S

Le poids en voix des élus selon les circonscriptions

Le schéma montre clairement que les zones indépendantistes sont surreprésentées en sièges par rapport à Barcelone. En gros, un élu barcelonais représente deux fois plus d'électeurs que les autres.

 

 

Ciudadanos refuge du non et substitut du PP

CATALOGNE 27S

Ciudadanos 2e parti de Catalogne

Les élections du 27S ont attribué à Ciudadanos (C’s) deux fonctions : être le parti refuge du vote non aux sécessionnistes et être le substitut du Partido Popular (PP) au centre-droit, en Catalogne.

 

Dans la logique binaire du OUI ou du NON à l’indépendance C’s devenu le 2e parti s’affirme bien en champion du NON, supplantant le PP et le PS catalan (PS affaibli aussi par des défections internes vers l’indépendantisme).

 

  Ciudadanos – Ciutadans - est d’ailleurs né en Catalogne en opposition aux partis souverainistes en 2006. Débuts modestes mais en 2012 il fait plus que doubler son score de 3 à 7,6%, apparemment aux dépens du PS catalan.

 

Mais ensuite, C’s va connaître un nouveau bond en avant, faisant encore plus que doubler ses voix de 7,6 à 17,9% et passant de 9 à 25 représentants de 2012 à 2015. En définitive, en neuf années d’existence C’s a multiplié par 8 ses électeurs – de 90 mille à 735 mille – et ses élus – de 3 à 25 – au parlement catalan !

 

Il surpasse donc nettement PSC et PPC. Et cela en siphonnant largement les voix du PP, après celles du PS. L’étude de Metroscopia montre, à partir de l’analyse des districts barcelonais, le parallélisme entre perte du PP et montée de C’s. Le PP a perdu ses électeurs de centre-droit au profit de Ciudadanos.

 

Est-ce que ce glissement des électeurs de droite modérés du PP vers C’s va se confirmer aux élections générales, c’est un des enjeux du 20D (20 décembre) ?

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